Uniforme, méthodes, slogans: ICE comparée à des organisations nazies


Gabriel Ouimet
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Les comparaisons entre la police fédérale de l’immigration (ICE) et des organes du régime nazi se multiplient alors que la tension continue de monter entre les agents fédéraux et les manifestants aux États-Unis.
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Le chef de la police des frontières accusé de «jouer au nazi»
L’uniforme porté par le chef de la police américaine des frontières des États-Unis, Greg Bovino, lors des récentes opérations de déportation à Minneapolis a fait l’objet de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux.
Long, vert, gros boutons métalliques, épaulettes et insignes sur les manches: plusieurs ont souligné les ressemblances entre le manteau porté par le protégé de Donald Trump et celui revêtu par certains officiers nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale.
Make no mistake. Greg Bovino is not cosplaying. He really is a fucking Nazi. pic.twitter.com/Q8kAoIFGVi
— Marlene Robertson🇨🇦 (@marlene4719) January 17, 2026
Le magazine allemand Der Spiegel a d’ailleurs évoqué la ressemblance dans un article récent, affirmant qu’«il ne manque plus qu’un monocle pour que le cosplay soit parfait.»
Le gouverneur de la Californie, Gavin Newsome, a également fait référence à l’esthétique de l’officier lors du forum économique de Davos la semaine dernière, affirmant qu’il semblait habillé «comme s’il était littéralement allé sur eBay pour acheter un uniforme de la SS».
Nazi-coded.
— Governor Newsom Press Office (@GovPressOffice) January 21, 2026
Nazi coated. pic.twitter.com/q8l8vKSdbU
Greg Bovino s’est quant à lui défendu de chercher à recréer le style nazi, précisant que son manteau fait partie de l’uniforme officiel de la police des frontières depuis des années.
Des méthodes qui rappellent celles des polices secrètes
Plusieurs analystes et internautes ont souligné le manque d’imputabilité des agents de ICE en marge des débordements dramatiques qui ont coûté la vie à au moins trois citoyens de Minneapolis depuis le début du mois de janvier.
Le manque d’imputabilité est l’un des cinq critères auxquels répondent historiquement les polices secrètes mises sur pied par les gouvernements autoritaires, a expliqué le professeur de relations internationales Lee Morgenbesser dans un article publié dans The Conversation au mois d’août.
Arrestations, perquisitions et détentions arbitraires, opérations de surveillance, membres anonymes: ICE a plusieurs autres points communs avec ces corps de police idéologiques, a indiqué l’expert.
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Des slogans d’extrême droite pour recruter et pour motiver les troupes
Les comptes officiels de l’administration Trump sur les réseaux sociaux ont plusieurs fois publié des messages et des images codés comportant des références nazies dans les derniers mois.
En octobre, le département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS), l’agence qui supervise l’ICE, a publié une image de George Washington à cheval accompagnée d’un lien menant à la page de recrutement de l’ICE.
Le slogan qui accompagnait l’annonce était : «L’Amérique pour les Américains».
La formulation provient d’un discours xénophobe de l’ancien président Theodore Roosvelt qui a été repris par le Ku Klux Klan et qui est désormais fréquemment utilisé dans les groupes extrémistes de droite.
Au mois d’août, le DHS a aussi fait un clin d’œil aux militants néonazis dans un message sur X.
Which way, American man?https://t.co/nZkBEj3GGi pic.twitter.com/Nvz5DlgpKx
— Homeland Security (@DHSgov) August 11, 2025
L’image, montrant l’Oncle Sam à une intersection, était accompagnée du message «Quelle voie, Américain?».
L’expression est tirée du titre d’un ouvrage antisémite publié par une maison d’édition néonazie à la fin des années 1970, a rapporté The Atlantic.
Des paroles de chansons utilisées par les propagandistes nazis ont aussi été utilisées par divers compte de l’administration en marge des opérations de ICE dans les derniers mois.