Patriots et Seahawks: deux reconstructions à succès


Stéphane Cadorette
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SAN FRANCISCO | Il n’y a pas que le Canadien de Montréal qui sait reconstruire une équipe. Il suffit de regarder du côté des deux finalistes du Super Bowl LX, les Patriots et les Seahawks, pour s’en convaincre.
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Les Patriots n’ont remporté que quatre matchs en 2023, avant d’obtenir les mêmes résultats l’année suivante. Après leur longue dynastie meublée de six conquêtes du Super Bowl, de 2001 à 2018, ils semblaient destinés à un exil nécessaire au purgatoire.
L’attente aura été bien plus courte que ce que plusieurs anticipaient, mais comment s’y sont-ils pris pour atterrir si vite au Super Bowl encore une fois?
Bien sûr, la sélection du quart-arrière Drake Maye au troisième rang du repêchage l’an dernier a grandement accéléré le processus. Tout comme l’arrivée à la barre de Mike Vrabel. Ironiquement, c’est ce même Vrabel qui avait mis fin à la dynastie des Patriots lorsqu’il dirigeait les Titans, dans les éliminatoires de 2019, au dernier match de Tom Brady avec l’équipe.
Vrabel n’a pas hésité à se doter d’un personnel d’expérience à sa deuxième opportunité comme pilote, lui qui compte trois assistants qui ont déjà occupé le rôle d’entraîneur-chef.
Approche agressive

En plus de Maye, les Patriots misent sur quelques jeunes joueurs d’impact. Leur plus récente cuvée au repêchage a donné deux joueurs de ligne offensive partants. Le maraudeur Craig Woodson est une autre recrue qui s’est approprié un poste de partant.
On dit souvent que les Patriots sont jeunes, mais ils ne se sont pas empêchés de dépenser pour s’offrir un potentiel raccourci vers le succès. Souvent, cette tactique ne rapporte pas, mais ils ont visé dans le mille.
À raison de 364 beaux millions (dont 209 garantis) en contrats sur le marché des joueurs autonomes en mars dernier, ils ont frappé des coups de circuit, comme avec l’ailier défensif Milton Williams, le secondeur Robert Spillane et le receveur Stefon Diggs.
Au total, seulement six des 22 partants des Patriots ont disputé plus de 10 matchs avec l’équipe il y a un an.
Une transformation remarquable, qui épate l’un des anciens qui a vécu les derniers moments de la dynastie, le maraudeur Devin McCourty, aujourd’hui analyste sur les ondes de NBC et rencontré cette semaine.
«Leurs joueurs au repêchage et leurs agents libres ont été exceptionnels cette saison», a-t-il réagi.
Une équipe différente
Celui qui a réussi 35 interceptions pour les Patriots a lui-même remporté trois Super Bowls avec eux, en 2014, 2016 et 2018.
«Mais nous, on avait Tom Brady», a-t-il lancé, quand on lui a demandé si l’équipe actuelle présentait des similitudes avec les Patriots que McCourty a connus.
«À chaque année avec Tom, l’objectif était de gagner le Super Bowl. Les attentes étaient élevées à ce point. Dans le cas des Patriots de cette année, ils revenaient d’une saison de quatre victoires. Personne n’avait d’attentes à leur endroit. Il faut leur donner beaucoup de mérite pour avoir trouvé les bons joueurs pour croire au projet et surtout, un entraîneur qui a fait croire en ce projet. Ils sont très différents de ce que nous étions, mais ils ont trouvé leur façon de connaître du succès», a-t-il poursuivi.
Des Seahawks transformés

Les Seahawks ne sont certainement pas en reste au chapitre du succès de leur reconstruction.
Dans leur cas, la chaîne a débarqué en 2021, avec une saison de 7-10. L’entraîneur-chef Pete Carroll, un monument à Seattle après avoir amené à la ville son seul titre de championne du Super Bowl en 2014, stagnait.
Il a été remplacé par Mike Macdonald en 2024, lui qui pourrait devenir dimanche le cinquième entraîneur à remporter le gros match avant ses 40 ans.
L’unique dénominateur commun entre les Seahawks d’avant et les Seahawks actuels est la présence du directeur général John Schneider. En échangeant le quart-arrière Russell Wilson en 2022, il a permis de commencer à débloquer un nouveau monde de possibilités.

Des cinq choix au repêchage obtenus, quatre sont devenus des joueurs qui exerceront un rôle clé au Super Bowl, soit le bloqueur Charles Cross, le demi de coin Devon Witherspoon et les joueurs de ligne défensive Boye Mafe et Derick Hall.
Avec leurs propres choix, les Seahawks ont mis la main en première ronde sur un trésor national en Jaxon Smith-Njigba, joueur offensif de l’année dans la NFL, ainsi que le porteur de ballon Kenneth Walker III.
Schneider a aussi opté pour des échanges agressifs en pleine saison, notamment pour aller chercher le dominant plaqueur Leonard Williams et le secondeur Ernest Jones.
Sur le marché des joueurs autonomes, les acquisitions du quart-arrière Sam Darnold et de l’ailier défensif DeMarcus Lawrence ont payé.
Le coloré analyste de TSN Luke Willson, qui a lui-même porté les couleurs des Seahawks pendant huit saisons, dont celle du Super Bowl de 2014, semblait extatique lorsque nous l’avons croisé cette semaine.
«Combien de fois dans les médias, et je m’inclus, on dit qu’un quart-arrière avec une nouvelle équipe a besoin de temps? Dans le cas de Sam Darnold, tout a cliqué tout de suite. Quant à Smith-Njigba, il a connu une saison historique.
«Il faut lever notre chapeau au capitaine de l’équipage, Mike Macdonald. Ça me fait encore bizarre de ne plus voir Pete Carroll sur les lignes de côtés, mais Mike a réussi à installer une culture complètement différente en deux ans. C’est incroyable», a dit le sympathique ex-ailier rapproché canadien de Windsor.
Une agréable surprise
Ce Super Bowl hautement improbable procure le plus grand des plaisirs à Willson.
«C’est ce qu’il y a de plus beau avec la NFL, en comparaison avec les autres ligues sportives. Tu regardes le baseball et on dirait que les équipes qui dépensent le plus, comme les Dodgers en ce moment, seront au sommet à chaque année. La NFL, avec le plafond salarial et le repêchage, a vraiment compris que les partisans aiment les surprises», a-t-il conclu.