«On s’en va droit dans le mur»: Laurent Dubreuil en rajoute sur le sous-financement des athlètes

Stéphane Cadorette
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Laurent Dubreuil a jeté tout un pavé dans la mare en dénonçant le sous-financement des athlètes dans sa percutante chronique dans Le Journal. Se faisant cuisiner de questions sur le sujet lors d’une visioconférence, le patineur de vitesse n’a pas reculé, allumant même encore plus fort le rond du poêle déjà bien chaud.
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Dubreuil s’est adressé aux journalistes québécois en direct des Pays-Bas, où il se prépare pour les championnats du monde dans deux semaines.
Et non, il n’allait pas profiter de cette tribune pour s’immiscer dans le fameux club des mal cités. D’autant plus que la chronique qui a fait tant de bruit, elle venait de nul autre que lui, après tout !
À peu près toutes les questions adressées au médaillé de bronze olympique sur 500 m portaient sur le sujet de sa chronique, devenu virale.
Plusieurs athlètes dans sa position auraient patiné à reculons, mais Dubreuil n’allait certainement pas se défiler.
« C’est le but, que ça fasse bouger les choses. Quand les athlètes sont bons, on peut camoufler des problèmes à court terme. Je pense que c’est un bon moment pour montrer qu’il y a des problèmes, que ça pourrait aller mieux, puis que si on continue dans la direction où on va, ça va juste empirer.
« Il faut réaliser qu’on s’en va droit dans le mur si ça ne change pas et ce n’est pas si facile de trouver des solutions », a lancé Dubreuil.
Comme le reste du monde
Toujours loquace et réfléchi, l’un des grands patineurs sur longue piste de sa génération a pris soin d’utiliser ce point de presse virtuel pour rattacher la situation des athlètes à celle du commun des mortels sur le marché du travail.
Et loin de lui l’idée de ne parler que de son sport.
« Il y a des sports comme le ski, le skeleton ou le bobsleigh qui engendrent des frais aux athlètes de plusieurs dizaines de milliers de dollars par année. C’est la fédération qui demande à l’athlète : si tu veux être sur l’équipe nationale, ça te coûte 30 000 $.
« N’importe qui à la maison, si votre compagnie vous demande : pour venir travailler cette année et avoir le droit de gagner votre vie, ça va te coûter 30 000 $... Ça n’arrive à personne dans la vraie vie, ça ! Voyons donc ! C’est quoi cette façon de fonctionner là ? » s’est-il questionné.
Comme il l’a exprimé dans ces pages, Dubreuil a rappelé que pour aspirer à être au sommet et ainsi récolter plus de médailles olympiques, les athlètes ne devraient pas avoir à débourser tant de frais de leurs poches.
« Nous, c’est notre travail, c’est une job à temps plein et on vise d’être les meilleurs au monde. C’est beau ceux qui veulent travailler en même temps, mais tu ne peux pas travailler pour payer tes frais d’athlète, t’entraîner deux fois par jour, étudier... C’est impossible ! Il faut que tu dormes la nuit. Il faut que tu aies des temps de récupération entre tes entraînements. C’est un problème », a-t-il martelé.
Des solutions ?
Dubreuil l’a mentionné lui-même, les solutions faciles n’existent pas. Il a tout de même cité l’exemple de la Norvège, qui a instauré une loterie dont les profits sont redistribués dans le sport.
« Ça peut être ça, ça peut être autre chose, mais c’est une initiative concrète. Quand tu l’instaures, l’argent va là et après ça, les résultats vont se faire sentir », a plaidé le Lévisien.
Dubreuil s’est aussi fait demander si, parfois, des athlètes d’autres pays pouvaient lui faire sentir que les Canadiens devaient toujours faire plus avec moins. Il a cité l’exemple des Pays-Bas, souvent dominants en patinage de vitesse.
« Les Pays-Bas, c’est un sport professionnel là-bas. Ils l’ont vraiment mieux que nous et ils sont en camp d’entraînement à l’année.
« Tout est payé. Leur auto est payée, leur vélo est payé. Ça ne leur coûte rien de vivre. Même les autres fédérations comme le Japon, la Corée ou la Chine, elles payent plus d’argent aux athlètes. Par rapport au nombre de médailles qu’on gagne, si on se compare aux pays qui sont relatifs à nous, ça fait quand même un peu pitié », a-t-il dénoncé.