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«Aussi bien dire qu’ils s’en sacrent»: la porte-drapeau du Canada devra payer pour ses Mondiaux

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Photo portrait de Laurent Dubreuil

Laurent Dubreuil

2026-02-24T05:00:00Z

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J’ai quitté les Jeux olympiques avant la fin et je me trouve présentement aux Pays-Bas, pour les championnats du monde qui s’amorcent le 5 mars. Je paye tout de ma poche.

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Le financement du patinage de vitesse longue piste au Canada vient du programme gouvernemental À nous le podium, lancé pour les Jeux de Vancouver. Le but du programme, ce sont des podiums... olympiques.

Après les Jeux, c’est : « Merci pour la médaille de bronze, mais maintenant, débrouille-toi, mon homme. »

MEGA/WENN
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Nos camps d’entraînement sont payés, nos voyages pour les coupes du monde l’automne dernier étaient payés parce qu’ils servent à obtenir des places précieuses pour le Canada aux Jeux olympiques.

Ensuite, les dépenses pour la Coupe du monde d’Inzell, en Allemagne, étaient aussi payées, en janvier. Et on ne débourse pas pour aller aux Jeux.

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Mais dès le lendemain, il faut s’arranger. Il faut donc s’arranger par nos propres moyens pour les Mondiaux.

J’ai pris la décision d’aller directement aux Pays-Bas, notamment pour éviter de subir les effets du décalage horaire.

Mon billet d’avion a été fourni, puisque c’était considéré comme mon billet de retour des Jeux. Mais, même si je ne fais pas partie des athlètes qui vivent dans la pauvreté (il y en a), je reste chez des amis, pour économiser.

Je paye pour la location de la glace, qui coûte une quarantaine de dollars, afin de continuer à m’entraîner.

Je suis seul là-bas, sans entraîneur, sans thérapeute du sport. Ils viendront me rejoindre deux jours avant le Championnat du monde.

La porte-drapeau devra payer

Valérie Maltais, elle, a pris la décision de revenir au Québec entre les Jeux et les Mondiaux. Elle trouvait ça long, deux semaines de plus loin de la maison.

Ça va donc lui coûter 2000 $ de sa poche pour son billet d’avion de Québec et 1000 $ pour l’hôtel.

Elle est triple médaillée à Milan. Elle a porté le drapeau avec Steven Dubois lors de la cérémonie de clôture.

AFP
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Aussi bien dire qu’ils s’en sacrent, maintenant.

Les championnats du monde, c’est important pour les athlètes. En fait, dans une année qui n’est pas olympique, c’est la compétition la plus attendue.

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Être champion du monde, comme je l’ai été en 2021, c’est un des plus grands accomplissements de ma carrière. En fait, je suis incapable de déterminer de quoi je suis le plus fier, entre ce titre et mes deux médailles olympiques.

C’est le rêve d’une vie d’être le meilleur au monde.

Abandonnés quand la caméra s’arrête

C’est la huitième fois, depuis 2019, que je paye de ma poche pour aller à une compétition.

Le pire, c’est que notre fédération est parmi les mieux financées (à lire ici). Mais ce sont les médailles olympiques qui lui permettent de toucher cette somme.

Sans les trois médailles de Maltais à Milan, sans celle d’Ivanie Blondin et sans la mienne, on se serait fait couper 1 million $ en financement.

Pourtant, il n’y a pas si longtemps, ils avaient l’argent pour des camps d’entraînement.

Il ne faut pas s’étonner que le Canada recule quand on ne paye pas le Championnat du monde aux athlètes. Pas le 78e au monde d’un sport dans lequel on n’est pas bon.

Des médaillés olympiques. La porte-drapeau !

On peut bien dire qu’on est fier de nos athlètes, mais on ne l’est pas réellement. On les abandonne le lendemain, quand les caméras arrêtent de filmer.

– Propos recueillis par Jessica Lapinski

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