Andrey Rublev: Après avoir pleuré à Paris, l’un des finalistes à Montréal s’ouvre sur sa dépression


Mylène Richard
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C’est un Andrey Rublev serein qui s’est présenté à Montréal. Un contraste avec ses crises à Dubaï, où il a été disqualifié, ou à Roland-Garros quand il a fondu en larmes. Au cours des derniers jours, le finaliste s’est ouvert sur ses problèmes de santé mentale.
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Après avoir éliminé le favori, Jannik Sinner, en quarts de finale samedi, Rublev a raconté qu’il avait traîné une dépression pendant des années et qu’il avait perdu le contrôle.
«Mentalement, je n’allais pas bien. [...] Cette année, j’ai eu l’impression que je ne savais plus comment y faire face. C’est comme si tout explosait, et de plus en plus sur le court. Dans la vie, je réussissais à rester calme, mais sur le terrain, je bouillais. J’étais en détresse», a-t-il confié.
Rublev se sent maintenant bien et ça se reflète sur son jeu. En demi-finale, dimanche, le Russe de 26 ans a même pris sa revanche sur Matteo Arnaldi, qui l’avait battu aux Internationaux de France le printemps dernier. Frustré, il avait craqué, crié, s’était frappé avec sa raquette et avait pleuré.

Son sauveur
C’est un autre Rublev que les amateurs de tennis québécois ont vu à l’œuvre. Il a essayé de trouver lui-même des solutions. Il a consulté des psychologues, suivi des cours. Néanmoins, c’est auprès de l’ancien numéro un mondial Marat Safin qu’il a trouvé du réconfort.
«Celui qui m’aide beaucoup et me permet de réaliser beaucoup de choses, c’est Marat Safin. Ça peut paraître bizarre, mais c’est vrai. C’est lui qui m’aide. Après Wimbledon, on a eu une belle discussion et je le remercie», a souligné dimanche la sixième raquette de l’ATP.
C’est quand même spécial quand on sait que Safin a dû briser plus de 1000 raquettes en carrière.
Être conscient
Ce que Rublev retient de ces moments difficiles – et qu’il aurait aimé comprendre plus jeune –, c’est entre autres de suivre son instinct et de demeurer soi-même.
«Toute décision, toute émotion ou tout sentiment, on doit en avoir conscience, savoir d’où ça vient et pourquoi, et être conscient que c’est notre décision. Ce n’est pas parce que les autres vous mettent quelque chose dans la tête que ça correspond à votre opinion ou votre éducation», a-t-il soutenu.
«Il faut avoir conscience de chaque étape, de chaque sentiment, pour être sûr que c’est bien vous. Quand vous vivez la vie que vous voulez, vous vous sentez beaucoup mieux. Autrement, vous vous mentez à vous-même. C’est là qu’on commence tous à rencontrer des difficultés», a constaté Rublev.