Oilers: les champions de la «deuxième chance»


Ian Gauthier
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Vous êtes un hockeyeur professionnel ou un homme de hockey et vous voulez obtenir une deuxième chance dans la LNH après vous être mis dans le trouble?
Les Oilers d’Edmonton sont là pour vous!
Au fil des années, la formation de l’Alberta n’a jamais hésité à embaucher des hommes qui avaient, disons, des choses à se faire pardonner. À ce chapitre, il semble qu’aucune possible controverse ne peut effrayer ses décideurs.
L’organisation a récidivé, mercredi, en annonçant que Stan Bowman sera son nouveau directeur général. L’homme de 51 ans était, jusqu’à tout récemment, suspendu par la LNH en lien avec le scandale impliquant l’ex-responsable de la vidéo des Blackhawks de Chicago Brad Aldrich, qui aurait agressé sexuellement un joueur, Kyle Beach, en 2010.
Bowman était le directeur général des Hawks, à cette époque. Il a été blâmé pour avoir tenté d’étouffer l’affaire lorsqu’elle est survenue. Une enquête indépendante l’a amené à démissionner en octobre 2021 et la LNH lui a ensuite interdit de travailler dans ses rangs jusqu’au 10 juillet dernier.
Quatorze jours plus tard, Bowman a déjà un nouvel emploi. À Edmonton.
Voici quatre autres embauches discutables des Oilers :
Evander Kane, 2022
Les Oilers n’ont pas hésité à accorder un contrat au sulfureux attaquant en janvier 2022 peu après que les Sharks de San Jose eurent résilié son contrat pour avoir «enfreint les règles de son contrat standard de joueur de la LNH et violé les protocoles COVID-19 de la Ligue américaine». Quelques mois plus tôt, Kane avait déclaré une faillite personnelle de 26 millions $ américains, liée en partie à de graves problèmes de jeu. Durant la même période, il était accusé d’une myriade de comportements douteux par son épouse sur les médias sociaux. En juin 2016, il a été arrêté en lien avec une présumée altercation survenue dans un bar de Buffalo. En 2014, il était poursuivi pour une agression sur un homme de la région de Vancouver.
Mais Evander Kane est aussi un très bon joueur de hockey. Alors les Oilers n’ont pas perdu de temps.

Zack Kassian, 2015
Le rugueux attaquant traînait déjà une réputation pour ses comportements douteux lorsque le Canadien de Montréal a fait son acquisition en juillet 2015. Kassian avait cependant été averti : à Montréal, la moindre bêtise hors-glace n’allait pas être tolérée. Le 4 octobre suivant, l’Ontarien était impliqué dans un accident de la route avec deux femmes, subissant au passage des fractures du nez et du pied gauche. Il était également en état d’ébriété. Suspendu, il a ensuite dû se rapporter au programme d’aide contre l’abus de substances de la Ligue nationale. Le Tricolore a évidemment décidé de se débarrasser de lui. Qui s’est porté volontaire pour obtenir ses services? Les Oilers d’Edmonton, qui n’ont pas hésité à céder le médiocre Ben Scrivens au CH en retour. Kassian a tout de même porté les couleurs des Oilers pendant sept saisons par la suite.

Corey Perry, 2024
Le vétéran n’avait pas nécessairement une mauvaise réputation avant son embauche par les Blackhawks de Chicago à l’été 2023. Mais au mois de novembre suivant, il était libéré par l’équipe de l’Illinois pour avoir eu «une conduite inacceptable et qui viole les standards de son contrat de joueur ainsi que les politiques internes des Blackhawks». Qu’avait fait Perry? Le fond de l’affaire n’a jamais été dévoilé de manière officielle. Mais une fois qu’il a été libéré, qui a flairé la bonne affaire? Les Oilers d’Edmonton, qui l’ont embauché environ deux mois après les événements.

Craig MacTavish, 1985
MacTavish évoluait pour les Bruins de Boston depuis quelques saisons lorsqu’il a été impliqué dans un accident de la route, en janvier 1984, qui a coûté la vie à une femme de 26 ans. En état d’ébriété au moment des faits, l’Ontarien a été condamné à un an de prison pour ce qu’il appelait son «erreur fatale».
«La sentence n’est pas vraiment finie, avait-il déclaré aux médias lors de sa libération, en mai 1985. Ce n’est pas derrière moi. Il y a tellement de choses qui me rappellent mon erreur fatale.»
MacTavish voulait néanmoins reprendre sa carrière de hockeyeur après sa sortie de prison. Qui l’a embauché en vue de la saison 1985-1986? Les Oilers, évidemment. MacTavish a finalement pris sa retraite en 1997, remportant au passage quatre Coupes Stanley, dont trois à Edmonton.
