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Lion Électrique: de petits investisseurs se mordent les doigts

Plusieurs d’entre eux estiment que l’entreprise n’a pas été suffisamment transparente sur ses difficultés

Un couple du Saguenay, Geneviève Nadeau et Steve Daigle, a perdu 15 000 $ dans la déconfiture de Lion Électrique.
Un couple du Saguenay, Geneviève Nadeau et Steve Daigle, a perdu 15 000 $ dans la déconfiture de Lion Électrique. Photo fournie par Geneviève Nadeau

Sylvain Larocque et Francis Halin

2024-12-21T05:00:00Z

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De petits actionnaires de Lion Électrique, qui perdront des milliers de dollars en raison de l’insolvabilité du constructeur de véhicules électriques, se sentent démunis face à la situation.

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Geneviève Nadeau et Steve Daigle, deux retraités militaires du Saguenay, ont investi 15 000$ dans Lion en 2021.

«À l’époque, je ne savais pas que quand le gouvernement s’intéresse à une entreprise, c’est un drapeau rouge: il ne faut pas aller là», lance Mme Nadeau.

Au moment d’investir dans Lion, Geneviève Nadeau et son conjoint étaient emballés par l’électrification des transports que prônaient des entreprises comme Tesla et plusieurs États, dont le Québec.

«On voyait un peu l’avenir en vert», lance M. Daigle.

«Quand il y a de gros noms comme [l’ex-ministre] Pierre Fitzgibbon qui nous parlent de Lion et de la filière batterie, on se dit qu’eux autres, ils voient ce qui s’en vient parce qu’ils sont plus proches des compagnies», relate Mme Nadeau.

Argent «dilapidé»

Celle-ci comprenait que Lion devait investir des sommes importantes pour développer ses autobus et ses camions électriques, puis pour construire une usine aux États-Unis, un marché crucial.

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«Mais trois ans plus tard, de voir tout cet argent dilapidé dans des immenses bâtiments à Mirabel et en Illinois avant même d’avoir sécurisé la première usine [à Saint-Jérôme]... Ça donne l’impression d’une entreprise qui s’est payé un trip pendant des années sur le dos des contribuables et des investisseurs», affirme Geneviève Nadeau.

La négociation des actions de Lion aux Bourses de Toronto et de New York est suspendue depuis lundi. Croulant sous des centaines de millions de dollars de dettes, l’entreprise a obtenu la protection du tribunal jeudi.

PDG discret

Raphaël Boucher, un jeune investisseur qui a perdu environ 5000$ avec Lion, trouve que le fondateur de l’entreprise, Marc Bédard, aurait dû être plus présent dans les derniers mois pour expliquer la situation aux actionnaires.

«Je ne comprends pas pourquoi Lion avait des prévisions de revenus aussi élevées en 2021», dit-il. À l’époque, l’entreprise évoquait un chiffre d’affaires de 5 milliards $ en 2024 alors que pendant les neuf premiers mois de l’année, ses ventes ont tout juste franchi les 165 millions $.

Comme bien des investisseurs, Gabriel Caissy, qui a perdu 2500$, n’a toujours pas digéré que M. Bédard ait vendu pour plus de 16 millions $ d’actions de Lion en novembre 2021, soit six mois à peine après l’entrée en Bourse de l’entreprise.

«Je pense que M. Bédard le savait qu’on allait dans le mur et n’a pas prévenu les actionnaires correctement», dit M. Caissy.

Groupe d’investisseurs

Au cours des derniers jours, des actionnaires de Lion ont formé un groupe pour défendre leurs droits. En l'espace d'à peine 24 heures, ils soutiennent avoir réunis 200 investisseurs ayant investi plus de 20 millions $.

«Pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas pu nous protéger? Pourquoi a-t-on l’impression qu’il n’y a pas eu quelqu’un de confiance pour vérifier ce que faisait la compagnie?», s’interroge Salvatore J. Agnello, un retraité qui a perdu gros dans Lion.

À l’Autorité des marchés financiers (AMF), on dit n’avoir reçu ni appel ni plainte concernant Lion.

«Cette entreprise ne fait l’objet d’aucune pénalité ou de manquements à notre réglementation», a indiqué un porte-parole de l’AMF, Sylvain Théberge.

Lion se défend

Lion a refusé les demandes d’entrevue du Journal et exigé des questions écrites.

«Dans quel contexte aurions-nous eu un manque de transparence?», s’est demandé le porte-parole de l’entreprise, Patrick Gervais.

«Ni le PDG ni d’autres personnes de la direction chez Lion Électrique n’ont fait de “déclarations potentiellement trompeuses”» a-t-il assuré.

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