Autopsie de Lion: voici ce qu’il faut savoir sur les créances du fabricant
Les livres comptables de Lion Électrique étaient écrits à l’encre rouge foncé


Francis Halin
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Le fabricant québécois de véhicules électriques Lion, qui vient de se protéger de ses créanciers, était endetté au point où il n’arrivait tout simplement plus à faire face à ses obligations financières, révèlent des documents de cour consultés par Le Journal.
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Alors que les créanciers garantis pourraient espérer recevoir 216 M$ (dont le syndicat de prêteurs de la Banque Nationale avec la Banque de Montréal et Desjardins, 117 M$, CDPQ et Finalta Capital, 22,7 M$, et le Groupe Mach, 69 M$), d’autres risquent de perdre gros.
Voici des exemples de fonds publics engloutis dans l’entreprise de Saint-Jérôme.


Créances non garanties
Ottawa
Parmi ses créanciers non garantis, Lion devait au 30 septembre dernier 21,8 M$ au Fonds stratégique pour l’innovation. À la mi-novembre, il devait 7,4 M$ à Exportation et développement Canada.
Québec
À la fin septembre, Lion devait un prêt de 27,3 M$ à Investissement Québec (IQ) et un autre de 3,8 M$, toujours à IQ, dans le cadre du Programme ESSOR.
IQ, le Fonds de solidarité FTQ et Fondaction
Au 30 septembre passé, Lion devait 85,9 M$ à IQ, au Fonds de solidarité des travailleurs du Québec et à Fondaction.
Fournisseurs et locateurs
Au total, Lion devait, à cette période, environ 57,9 M$ à des fournisseurs et d’autres créanciers. Pour ce qui est de ses obligations de location, il avait accumulé une dette de 95,4 M$.


Trois litiges
Novembre 2023
Une plainte provenant du Delaware allègue que les dirigeants de Lion ont manqué à leurs obligations quand le fabricant a intégré Northern Genesis pour entrer en Bourse.
Mars 2024
Une deuxième plainte est déposée à New York, alléguant de «fausses déclarations dans la déclaration de procuration déposée concernant le regroupement d’entreprises».
Dans les deux cas, «les défendeurs, qui comprennent Lion, Northern Genesis [uniquement dans la plainte de New York], Marc Bédard et Nicolas Brunet, considèrent que les réclamations soulevées dans ces plaintes sont sans fondement et ont déposé des requêtes en rejet».
Décembre 2024
Une troisième plainte est déposée par un groupe d’employés californiens pour des salaires impayés. Les défendeurs (Lion USA et autres) examinent leurs demandes.

Cinq vagues de licenciements
-150 employés en novembre 2023
-100 employés en février 2024
-120 employés en avril 2024
-350 employés en juillet 2024
-400 employés en décembre 2024 (licenciements temporaires)
À cela s’ajoute une douzaine de «centres d’expérience» aux États-Unis et au Canada dont les fermetures sont envisagées.
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