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Autopsie de Lion: voici ce qu’il faut savoir sur les créances du fabricant

Les livres comptables de Lion Électrique étaient écrits à l’encre rouge foncé

Photo MARTIN CHEVALIER
Photo portrait de Francis Halin

Francis Halin

2024-12-19T16:25:30Z

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Le fabricant québécois de véhicules électriques Lion, qui vient de se protéger de ses créanciers, était endetté au point où il n’arrivait tout simplement plus à faire face à ses obligations financières, révèlent des documents de cour consultés par Le Journal.

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Alors que les créanciers garantis pourraient espérer recevoir 216 M$ (dont le syndicat de prêteurs de la Banque Nationale avec la Banque de Montréal et Desjardins, 117 M$, CDPQ et Finalta Capital, 22,7 M$, et le Groupe Mach, 69 M$), d’autres risquent de perdre gros.

Voici des exemples de fonds publics engloutis dans l’entreprise de Saint-Jérôme.

Au 4 avril dernier, Marc Bédard, fondateur de Lion, détenait 11,47% des parts de Lion, comparativement à 34,11% du côté de Power Energy Corporation, selon les documents de cour déposés cette semaine.
Au 4 avril dernier, Marc Bédard, fondateur de Lion, détenait 11,47% des parts de Lion, comparativement à 34,11% du côté de Power Energy Corporation, selon les documents de cour déposés cette semaine. Photo JOËL LEMAY

Conférence de presse concernant l’annonce d’une usine d’assemblage de bloc-batteries pour la Compagnie Électrique Lion de Saint-Jérôme, à Montréal, lundi le 15 mars 2021. Sur cette photo: François Legault (Premier ministre du Québec) et Justin Trudeau (Premier ministre du Canada) JOEL LEMAY/AGENCE QMI
Conférence de presse concernant l’annonce d’une usine d’assemblage de bloc-batteries pour la Compagnie Électrique Lion de Saint-Jérôme, à Montréal, lundi le 15 mars 2021. Sur cette photo: François Legault (Premier ministre du Québec) et Justin Trudeau (Premier ministre du Canada) JOEL LEMAY/AGENCE QMI Photo Agence QMI, JOËL LEMAY

Créances non garanties

Ottawa

Parmi ses créanciers non garantis, Lion devait au 30 septembre dernier 21,8 M$ au Fonds stratégique pour l’innovation. À la mi-novembre, il devait 7,4 M$ à Exportation et développement Canada.

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Québec

À la fin septembre, Lion devait un prêt de 27,3 M$ à Investissement Québec (IQ) et un autre de 3,8 M$, toujours à IQ, dans le cadre du Programme ESSOR.

IQ, le Fonds de solidarité FTQ et Fondaction

Au 30 septembre passé, Lion devait 85,9 M$ à IQ, au Fonds de solidarité des travailleurs du Québec et à Fondaction.

Fournisseurs et locateurs

Au total, Lion devait, à cette période, environ 57,9 M$ à des fournisseurs et d’autres créanciers. Pour ce qui est de ses obligations de location, il avait accumulé une dette de 95,4 M$.

L’an passé, Lion a livré 771 autobus scolaires et 81 camions. Au 30 septembre 2024, le fabricant avait livré 350 autobus scolaires et 36 camions.
L’an passé, Lion a livré 771 autobus scolaires et 81 camions. Au 30 septembre 2024, le fabricant avait livré 350 autobus scolaires et 36 camions. Photo tirée de documents de la cour

Photo tirée de documents de la cour
Photo tirée de documents de la cour

Trois litiges

Novembre 2023

Une plainte provenant du Delaware allègue que les dirigeants de Lion ont manqué à leurs obligations quand le fabricant a intégré Northern Genesis pour entrer en Bourse.

Mars 2024

Une deuxième plainte est déposée à New York, alléguant de «fausses déclarations dans la déclaration de procuration déposée concernant le regroupement d’entreprises».

Dans les deux cas, «les défendeurs, qui comprennent Lion, Northern Genesis [uniquement dans la plainte de New York], Marc Bédard et Nicolas Brunet, considèrent que les réclamations soulevées dans ces plaintes sont sans fondement et ont déposé des requêtes en rejet».

Décembre 2024

Une troisième plainte est déposée par un groupe d’employés californiens pour des salaires impayés. Les défendeurs (Lion USA et autres) examinent leurs demandes.

Photo tirée de documents de la cour
Photo tirée de documents de la cour

Cinq vagues de licenciements

-150 employés en novembre 2023

-100 employés en février 2024

-120 employés en avril 2024

-350 employés en juillet 2024

-400 employés en décembre 2024 (licenciements temporaires)

À cela s’ajoute une douzaine de «centres d’expérience» aux États-Unis et au Canada dont les fermetures sont envisagées.

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