Le français absent de l'Omnium canadien: le grand patron de Golf Canada prend le blâme
Laurence Applebaum prend le blâme de l’échec linguistique à l’Omnium canadien


François-David Rouleau
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HAMILTON | Le grand patron de Golf Canada, Laurence Applebaum, prend le blâme de l’échec linguistique à l’Omnium canadien, reconnaît que son organisme doit faire mieux et formule même une promesse. Malgré le fiasco sur les langues officielles au Tim Hortons Field d’Hamilton lors de la finale de la dernière Coupe Grey, comment Golf Canada a-t-elle pu foncer dans le même cul-de-sac six mois plus tard dans l’organisation de son championnat national masculin?
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Qui sait ...?
Et pourtant, le directeur général de l’évènement qui est la vache à lait de l’organisme national, Bryan Crawford, est un porteur de ballon retraité des Argonauts de Toronto. Il y a fait carrière de 2005 à 2011. Qui plus est, il est natif d’Hamilton.

Mis au fait de l’absence de signalisation francophone, de l’omniprésence de logos unilingues anglophones sur le parcours du Hamilton Golf and Country Club jeudi, l’organisme régissant le sport à travers le pays avait admis avoir échappé la balle. La cérémonie officielle lançant le tournoi s'est déroulée en anglais entourée de membres de la Réserve des Six Nations en reconnaissance au territoire cédé. Hormis un «bonjour» d'un dirigeant autochtone, aucune autre note francophone n'a été entendue, ont relaté des témoins de la scène.

Quand deux des membres au conseil d’administration ont présenté les deux seuls golfeurs québécois du plateau en anglais sur les tertres de départ en ronde initiale, la direction générale a baissé les yeux, reconnu l’erreur et donné ses directives.
Le vice-président au conseil d’administration, Adam Daifallah de Westmount, et la directrice du conseil provincial, Louise Patry de Montréal, sont deux des trois voix du Québec autour de la table canadienne. Ces fonctions viennent avec des tâches et des responsabilités, même s’ils y agissent bénévolement. Elles viennent aussi avec des avantages et des privilèges.
Des crampes...
En première ronde à Hamilton, ils ont fait l’impasse sur la langue de Molière. Au lendemain des critiques et des questions sur l’enjeu linguistique, ils ont présenté les Québécois en français.

Pourquoi ne pas l’avoir fait de plein gré, dès le premier coup, alors que la protection du français est un enjeu majeur, surtout pour les Québécois tant dans leur propre province qu’ailleurs au pays ? Mais aussi par respect pour les athlètes, leurs familles et amis, les spectateurs et la langue.
Il faut rappeler que si Daifallah était resté bouche bée devant l’évidence, Patry avait quant à elle refusé de répondre à nos questions en plus d’interdire la publication de son nom.
L'ancien président de Golf Canada, le Québécois Charlie Beaulieu, n’hésitait pourtant pas à annoncer les Québécois, dont Hugo Bernard et Joey Savoie, en français durant ses années de mandat auprès de l’organisme. Ça allait de soi, naturellement, par respect.
Malgré tous les efforts déployés dans ses communications et ses stratégies publiques depuis de très nombreuses années, comment expliquer pareilles gaffes chez Golf Canada à cette édition? Il s’agit d’un organisme soumis à la Loi sur les langues officielles et subventionné, comme plusieurs autres fédérations sportives, par Sports Canada. Durant l’exercice financier 2022, Golf Canada a reçu 958 000$ du gouvernement fédéral, dont 15 000$ spécifiquement pour les langues officielles. En 2023, le montant s’élève à 890 000$. S’ajoutent d'autres enveloppes de l’Ontario, entre autres, pour un total de 1,72 M$.

Engagement
Questionné sur le sujet dans sa traditionnelle conférence de presse au troisième jour de l’Omnium canadien, le chef de la direction, Laurence Applebaum, n’a pas pris la poudre d’escampette à cet enjeu social épineux.
«Notre équipe fait vraiment des efforts pour essayer d’utiliser nos deux langues officielles du mieux que nous le pouvons dans tous les environnements possibles, a souligné Applebaum. Nous croyons avoir réalisé un travail décent, mais nous savons que nous pouvons être meilleurs.»

« Nous savons aussi que nous pouvons mieux faire lors de nos présentations sur les tertres et avec nos joueurs, a-t-il ajouté alors qu’en ronde finale, le Français Victor Perez fut présenté dans sa langue.
En cérémonie de clôture, des mots ont aussi été prononcés en français.
Applebaum a assuré que son organisation redoublera d’efforts afin d’utiliser les deux langues officielles. «C’est un engagement.».
Le championnat national masculin sera encore disputé en banlieue de Toronto l’an prochain, au TPC Osprey Valley à Caledon. Il sera intéressant de constater une promesse tenue.