Omnium canadien : «Une semaine de rêve et beaucoup de plaisir » - Marc-Olivier Plasse
Le golfeur québécois raconte sa première expérience sur le circuit de la PGA


François-David Rouleau
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HAMILTON | Quand Marc-Olivier Plasse a grimpé la côte menant au vert du 18e en milieu de soirée, vendredi, en plein centre de l’amphithéâtre construit spécialement pour l’Omnium canadien, il avait le sourire fendu jusqu’aux oreilles sous sa calotte. Au crépuscule, il a salué les quelques centaines de spectateurs restants et apprécié chaque seconde jusqu’à son roulé final, signifiant la fin de sa première expérience sur le circuit de la PGA.
Il a salué sa mère, France, près des gradins, d’autres membres de sa famille et amis, puis il a serré son père Normand, fier d’avoir vécu son rêve et brisé la glace parmi l’élite du golf professionnel.

L’un de ses entraîneurs, Benoit Lemieux, l’attendait sur la voie vers la cabine de pointage. Lui aussi, fier de son poulain, l’a serré dans ses bras en lui demandant s’il est prêt pour un autre tour.
«Je suis tellement content, c’était une journée de rêve. Incroyable, a résumé en quelques mots le Québécois de 28 ans. Participer à un tournoi de la PGA, par une journée parfaite, il faisait beau. Ça allait bien, les roulés tombaient, c’était tellement agréable.»
Défis quotidiens
Ayant démarré la journée à +9, Plasse connaissait son sort. Il avait donc réfléchi à certains trucs qu’il souhaitait accomplir durant sa deuxième et dernière ronde. Il se trouvait à neuf coups du couperet.
« Je ne voulais pas terminer dernier au classement. J’ai réussi, a indiqué celui qui a mieux fait qu’une dizaine d’autres participants. Je voulais rester sous la barre des +10. J’ai réussi. Je voulais briser la normale, j’ai failli réussir. J’ai joué 70 (E), je suis super content.

En effet, un boguey au 18e l’a empêché de terminer avec un score marqué en rouge. Il est loin d’en être déçu. Il a relevé ses «défis» du jour avec un élan plus fluide. Plus en confiance et précis, il a enfilé quatre oiselets en deuxième ronde.
Expérience inoubliable
«J’ai passé cinq jours incroyables à Hamilton. C’est une semaine de rêve. C’est certain que je suis déçu de ce 79 (+9) en ronde initiale, car je suis un compétiteur. J’aurais souhaité faire mieux. Mais quand même, j’ai eu beaucoup de plaisir.»
Il voulait aussi se prouver qu’il était capable de rivaliser avec le plateau et bien faire devant sa famille et ses amis.
«Cette fin de parcours, avec tous ces gens qui étaient encore présents au 18e, c’est la cerise sur le sundae, a ajouté celui qui, en grimpant le 18e, a pensé à ses grands-parents, Richard et Liliane, qui l’ont initié au sport. J’ai apprécié le moment, la grandeur de l’endroit et l’appui de la foule. C’est un rêve de petit bonhomme que je vivais.»
À sa première présence sur le circuit de la PGA, Plasse estime qu’il a vécu l’aventure à fond. Il a scruté le moindre pouce carré de la propriété et vu tout ce qu’il voulait. Il a été traité comme un roi.

Hué avec le chandail du CH
Il a même osé enfiler son chandail rouge du Canadien étampé du nom d’Arber Xhekaj au 13e où les spectateurs sont massés le long des rampes de «The Rink». La normale 3 prend des allures d’une longue patinoire.
«C’est une expérience que je voulais aussi vivre. Je l’avais planifié. Le couperet n’était plus en jeu, a expliqué celui qui a évidemment essuyé les huées.
«Je ne pouvais pas passer à côté de ce beau moment, a-t-il enchaîné. Qu’on le veuille ou non, on ne sait jamais si c’est notre dernière ronde. Il n’y a rien de garanti.»
Ça expliquait aussi ce large sourire au 18e alors que le soleil s’apprêtait à se coucher au Hamilton Golf and Country Club.