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La semaine du Super Bowl a triomphé des tensions à San Francisco

À l’extérieur du Centre des congrès de San Francisco, les amateurs de football ont afflué toute la semaine pour aller vivre le «Fan Experience» dans le cadre de la semaine du 60e Super Bowl.
À l’extérieur du Centre des congrès de San Francisco, les amateurs de football ont afflué toute la semaine pour aller vivre le «Fan Experience» dans le cadre de la semaine du 60e Super Bowl. Getty Images via AFP
Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2026-02-08T08:00:00Z

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SAN FRANCISCO | Il n’y a rien comme un bon gros party pour enterrer, au moins temporairement, les problèmes.

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C’est en plein ce qui résume la semaine du Super Bowl LX à San Francisco. J’y suis depuis dimanche et je le confirme, on jurerait que cette belle ville n’a jamais été imprégnée de tensions sociales ces derniers temps.

Pas moins de 1,3 million de visiteurs ont envahi San Francisco en cette semaine du Super Bowl.
Pas moins de 1,3 million de visiteurs ont envahi San Francisco en cette semaine du Super Bowl. Getty Images via AFP

Plus la semaine avançait, plus la ville a été submergée de bons vivants, amateurs de football qui n’avaient clairement pas envie de se casser le bicycle avec autre chose que le match ultime entre les Patriots et les Seahawks.

Plusieurs prennent la pose avec le logo du Super Bowl LX.
Plusieurs prennent la pose avec le logo du Super Bowl LX. Getty Images via AFP

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Vendredi soir, les bars du quartier survolté de North Beach étaient pleins à craquer. Ça festoyait solide! J’y suis allé uniquement par devoir journalistique, question de vous rapporter fidèlement les faits...

Samedi à la tombée du jour, veille du gros match, les innombrables boutiques et restaurants du secteur portuaire achalandé de Fisherman’s Wharf étaient complètement paquetés. Les gens sur les terrasses aussi, d’ailleurs!

Le secteur du Fisherman’s Wharf était très festif, à la veille du Super Bowl.
Le secteur du Fisherman’s Wharf était très festif, à la veille du Super Bowl. PHOTO STÉPHANE CADORETTE

La bière au coucher de soleil était délectable. Il faisait bon de ressentir toute cette énergie positive dans une ville qui semblait pourtant sur ses gardes une semaine plus tôt.

Une cheffe éprise de sa ville

La cheffe cuisinière française Dominique Crenn, qui habite San Francisco depuis 30 ans, craint que sa ville d’adoption ne voie son esprit de liberté se dissiper dans le climat politique actuel.
La cheffe cuisinière française Dominique Crenn, qui habite San Francisco depuis 30 ans, craint que sa ville d’adoption ne voie son esprit de liberté se dissiper dans le climat politique actuel. PHOTO STÉPHANE CADORETTE

Le samedi 31 janvier, la veille de mon arrivée, une énorme manifestation contre la police de l’immigration (ICE) avait eu lieu. Deux jours plus tard, j’assistais à la conférence de presse du comité d’accueil du Super Bowl. Les différents intervenants se faisaient interroger sur les tensions dans l’air. ICE par-ci, ICE par-là... Ça ne s’annonçait pas tellement jojo.

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Lors de cette conférence, j’ai eu l’occasion de discuter avec Dominique Crenn, une cheffe cuisinière réputée mondialement.

La sympathique Française est établie à San Francisco depuis 30 ans. En 2018, elle est devenue la toute première femme aux États-Unis à se voir décerner trois étoiles Michelin pour son restaurant l’Atelier Crenn.

Elle n’a pas caché que, dernièrement, les temps étaient difficiles. Pas pour ses restaurants, mais pour la discorde ambiante.

«Je n’ai jamais ressenti ce que je ressens en ce moment. Les États-Unis ont été construits avec le travail des immigrants. C’est ça, les États-Unis. Et c’est pour ça que plein de gens comme moi ont eu envie de venir ici. Ce pays doit représenter la liberté, l’ouverture, l’intégration, l’amour entre les uns et les autres», m’a-t-elle mentionné.

Quelques rares frictions

San Francisco s’attendait à recevoir 1,3 million de visiteurs cette semaine et l’ICE ne s’est finalement pas invitée à la fête. Maintenant que la fiesta s’achève et que la visite va s’en aller, personne ne sait comment les choses vont tourner.

Dans les fenêtres de plusieurs résidents, on peut apercevoir des affiches «ICE out». À l’inverse, un groupe pro-ICE a profité, en début de semaine, du passage du Super Bowl en ville pour s’affirmer via un panneau d’affichage à Fisherman’s Wharf, comme quoi «le meilleur joueur défensif est l’ICE».

Un groupe pro-ICE a diffusé des messages pour soutenir les démarches de la police fédérale de l’immigration du gouvernement Trump.
Un groupe pro-ICE a diffusé des messages pour soutenir les démarches de la police fédérale de l’immigration du gouvernement Trump. Getty Images via AFP

«Personne ne voulait voir ces annonces pathétiques», a affirmé via son compte Instagram le superviseur du district, Danny Sauter, qui a fait retirer l’affichage.

On sent donc que le tissu social demeure fragile à San Francisco, même si dans les derniers jours, la fête a repris le dessus.

«Ce qui se passe aux États-Unis, c’est terrible. Voir un enfant séparé de ses parents ou voir des jeunes être interpellés dans la rue parce qu’ils sont de différentes couleurs, ce n’est pas normal.»

«Au moins, San Francisco résiste jusqu’ici à ce mouvement. C’est une ville spéciale, unique, où tout le monde travaille ensemble», m’a dit Dominique Crenn.

Pendant une semaine, le Super Bowl a pratiquement enrayé les tiraillements. Pas tous, mais presque. C’est dans ces moments qu’on réalise une fois de plus à quel point le sport jouit d’un immense pouvoir rassembleur.

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