Grand Prix de F1 du Canada et Canadien: un bon ménage avec la coupe Stanley de 1993
L’ancien grand manitou de la F1 à Montréal, Normand Legault, conserve d’excellents souvenirs de cette semaine de juin 1993

François-David Rouleau
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La dernière fois que le Grand Prix du Canada a vibré au même rythme qu’une aventure en séries éliminatoires du Canadien, c’était lors de la conquête de la coupe Stanley en 1993. Normand Legault était aux commandes du GP et se souvient encore très bien de cette semaine infernale à Montréal et du plan pour amener les vainqueurs au circuit.
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« La finale se déroulait bien contre les Kings de Los Angeles et elle contribuait à l’atmosphère festive en ville. C’était devenu très festif, même trop, le mercredi soir », s’est rappelé l’homme d’affaires québécois dans une généreuse entrevue avec Le Journal, mercredi matin.
Ce soir-là du 9 juin 1993, alors que la presse nord-américaine couvrant la LNH était en ville pour le cinquième match de la série, la presse internationale y était aussi en raison de la F1. Les bolides tournaient au circuit Gilles-Villeneuve deux jours plus tard. Les émeutes au centre-ville après la conquête de la coupe Stanley avaient fait le tour du monde, donnant un frappant œil au beurre noir à la métropole québécoise.

Molson était promoteur du Grand Prix et propriétaire du Canadien. En l’espace de quelques heures durant sa semaine la plus occupée de l’année, avec la collaboration d’André Tranchemontagne à la brasserie, Legault avait pondu un plan pour célébrer cette 24e conquête de la coupe à la 25e édition du GP de F1 du Canada.
« On avait décidé de faire une parade, comme les pilotes. Mais il fallait trouver des voitures convertibles. On s’est mis sur le téléphone en approchant les concessionnaires Mercedes-Benz qui n’étaient pas encore en F1 », a raconté, amusé, le grand manitou du GP pendant plus d’un quart de siècle.
Très beau souvenir
Devant la complexité de dénicher plus de deux douzaines de « chars décapotables » et le peu de temps à leur disposition, les concessionnaires ont rejoint des clients conduisant ce type de véhicule. Ceux-ci ont donc participé aux festivités en pilotant leur voiture sur le circuit avec les joueurs du Tricolore installés à l’arrière.
« On s’était organisé avec les moyens du bord. C’était vraiment plaisant. C’est l’un de mes très, très beaux souvenirs du Grand Prix, a lâché celui qui en a vécu plus d’un de 1978 à 2008.
« Aujourd’hui, ce serait très difficile et voire impossible d’organiser ça avec la F1 qui s’est complexifiée. »
Le capitaine et la coupe
Selon les archives du Journal de Montréal, une quinzaine de joueurs avaient participé au défilé sur le circuit devant plus de 70 000 spectateurs, deux jours après la grande parade en ville.

« Le timing était extraordinaire, a lâché au téléphone le capitaine de l’époque, Guy Carbonneau, aussi amusé par le synchronisme entre la F1 et le Canadien cette année. Presque tout le monde était embarqué dans le moment et l’expérience. C’était une belle continuité des festivités. On était tous sur ce high de la coupe. »

Ayant conservé l’un des drapeaux, Carbo était entre autres accompagné de Stéphan Lebeau, Denis Savard, Mike Keane, Jean-Jacques Daigneault et Patrice Brisebois pour brandir le précieux trophée à bout de bras sur la piste.