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Fier papa et gestionnaire

Lucian Bute gère ses nombreux immeubles à logements dans sa nouvelle vie

Photo portrait de Mathieu Boulay

Mathieu Boulay

2021-01-31T05:00:00Z

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Lorsqu’on regarde la carrière de Lucian Bute, on peut dire qu’elle a frôlé la perfection. L’ancien champion du monde a surtout pu se retirer en bonne santé dans toutes les sphères de sa vie. 

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On a rencontré un homme en paix avec sa décision prise il y a presque quatre ans. Le mot « regret » ne fait pas partie de son vocabulaire.

Photo d'archives, Agence QMI
Photo d'archives, Agence QMI

Cependant, les deux premières années de sa retraite n’ont pas été un long fleuve tranquille.

« Ce fut difficile, car je faisais de la boxe depuis 1994, a indiqué Lucian Bute au Journal de Montréal. Depuis 23 ans, je m’entraînais deux fois par jour. Ce ne fut pas facile de casser ma routine au début et de ne pas aller au gymnase. »

Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin

Ce qui a confirmé sa décision de faire ses adieux à la boxe ?

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La naissance de sa petite fille Ema Anabella, survenue quelques jours après son dernier combat.

« J’ai affronté Eleider Alvarez le 24 février et le 3 mars, elle est arrivée au monde. Elle m’a aidé à passer par-dessus ma déception et la fin de ma carrière.

« Je n’avais pas le temps de réfléchir à ce que j’allais faire. Quelques mois plus tard, ce fut mon fils [Eric Stefan] qui est arrivé parmi nous. Avec eux, la transition s’est déroulée en douceur. Ma tête et mon cœur étaient en paix. »

Photo d'archives, Agence QMI
Photo d'archives, Agence QMI

Gestionnaire sérieux

Alors qu’il était boxeur, Bute a engrangé plusieurs millions durant son règne de champion. Par contre, il ne s’est jamais lancé dans des dépenses folles.

« Je n’ai pas gaspillé mon argent. J’ai décidé de l’investir dans l’achat de plusieurs blocs appartements avec des amis qui étaient dans ce milieu. Aujourd’hui, avec ma femme, Elena, on gère nos blocs.

« Ça me plaît, j’aime ça. Je suis très fier des placements que j’ai faits durant ma carrière. »

L’ancien monarque IBF des super-moyens ne veut pas divulguer le nombre exact d’immeubles dont il est le propriétaire. Il se limite à dire qu’il possède « plusieurs dizaines de portes ».

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« Ça roule bien et j’apprends tous les jours. Les locataires savent que c’est mon immeuble. Ils me reconnaissent et le respect est réciproque. On tente de donner le meilleur service possible. »

On se souvient que son nom avait été associé à un décès accidentel qui est survenu dans un de ses immeubles il y a quelques années. 

« Cet événement a eu des échos jusqu’en Roumanie. Mes parents ne comprenaient pas ce qui était arrivé. C’était un accident.

« Ma compagnie d’assurances a tout réglé avec la famille du défunt. Le dossier a été réglé. »

Éviter le piège

Bute est bien conscient qu’il est privilégié. Ses décisions judicieuses l’ont mené vers une « retraite » paisible.

« En achetant mes blocs, ça m’a permis d’avoir des revenus intéressants après ma carrière, a mentionné celui qui est maintenant âgé de 40 ans. Ça m’a permis de relaxer et de voir mes enfants grandir. C’était l’idéal pour moi. Je ne pouvais pas demander mieux. »

Il s’entraîne encore pour le plaisir, mais il a mis les gants une seule fois depuis 2017.

« J’ai fait des mitaines avec Howard [Grant]. Après 30 minutes, j’en avais assez. Je n’ai pas eu peur que ça rallume ma flamme intérieure. »

Bute n’a jamais eu l’intention d’effectuer un retour. Pas question de vouloir terminer sa carrière à tout prix avec une victoire à sa fiche. Il ne voulait pas céder à cette tentation.

« On a vu plusieurs cas de boxeurs qui ont gaspillé leur argent et qui doivent retourner dans le ring. C’est triste de voir cela.

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« Les gens ne sont pas conscients à quel point il est dangereux d’effectuer un retour après avoir pris sa retraite. Un coup de poing peut tout changer. Un ou deux combats de plus peuvent causer des dommages importants. »

Bute est en santé et il en retire une grande fierté. D’ailleurs, il passe des tests annuels dans une clinique à Las Vegas pour évaluer sa condition physique, dont l’état de son cerveau.

Lucian Bute est un retraité heureux et serein. L’ancien champion du monde a trouvé un équilibre si important pour un athlète après sa carrière. Il affiche le même sourire qu’il avait dans le ring après une brillante victoire.

Cela vaut tout l’or du monde.

Un retour dans les camions  

ÉRIC LUCAS

Photo d'archives
Photo d'archives

Après sa glorieuse carrière, Éric Lucas s’est promené dans plusieurs domaines. Il a été impliqué dans le monde de la boxe en plus d’être propriétaire d’un restaurant-bar sportif dans la région de l’Estrie.

Dans les derniers mois, l’ancien champion du monde WBC des super-moyens a été embauché par Eye of the Tiger Management et son promoteur Camille Estephan comme directeur du développement et ambassadeur.

Toutefois, cette association n’a pas fait long feu et l’ancien boxeur a décidé de s’éloigner de cette organisation pour des raisons personnelles.

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Eric Lucas et Danny Green ont croisé les gants.
Eric Lucas et Danny Green ont croisé les gants. Photo d'archives

Lucas n’a pas voulu accorder d’entrevue au Journal de Montréal pour les besoins de notre dossier. Il souhaite retrouver un certain anonymat tout en s’occupant de sa famille.

Il est en train de regarder ses options et il n’écarte pas un retour dans les camions. Pendant quelques années, il a fait du transport longue distance pour une compagnie québécoise. Lucas faisait souvent des allers-retours entre le Québec et la Californie. 

Il faudra voir s’il a fait une croix définitive sur la boxe, le sport qui lui a permis de réaliser son rêve le plus fou, soit de devenir champion du monde. 


SÉBASTIEN DEMERS

Photo d'archives, Agence QMI
Photo d'archives, Agence QMI

Une vie heureuse après une fin amère

Le parcours de Sébastien Demers dans le monde de la boxe ne s’est pas terminé comme il le souhaitait, en 2013. Il en parle encore aujourd’hui avec une certaine amertume.

« Ça n’a pas été difficile de faire une croix sur la boxe, mentionne le Maskoutain. Avant mon combat contre James DeGale, ma carrière était déjà au ralenti. J’avais commencé à me faire à l’idée que la fin approchait.

« À un certain moment, j’ai perdu confiance en mon sport. C’est comme si on m’indiquait la porte de sortie. Je suis un peu amer et ça ne s’est pas bien terminé. »

Sébastien Demers en venait aux prises avec Dionisio Miranda.
Sébastien Demers en venait aux prises avec Dionisio Miranda. Photo d'archives

D’ailleurs, il a donné toutes les ceintures mineures qu’il a remportées à un ami.

« Elles font partie de mes souvenirs dans ma tête. Je n’ai pas besoin de les afficher dans ma maison pour en être fier. Je ne vais plus voir de galas. J’ai décidé de mettre cela de côté et de passer à autre chose. »

Maintenant, il travaille dans le domaine des aqueducs, où il est manœuvre spécialisé.

« Je fais partie d’une équipe qui va aux États-Unis sur une base régulière. C’est un métier physique, mais ce n’est pas comparable à un entraînement de boxe. Ça me permet de mettre du pain sur la table pour ma famille. »

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