Développement de l’élite: une façon d’ouvrir toutes les portes sur le monde


Jonathan Bernier
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Le parcours scolaire priorisé par la CSSHL comporte des 11e et 12e années. Comme tous les systèmes scolaires au Canada et aux États-Unis... sauf au Québec.
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Pour ceux qui rêvent de la NCAA, et ils sont de plus en plus nombreux depuis que le circuit universitaire américain a assoupli ses règles d’admissibilité, c’est le parcours le plus direct. Pas besoin de se taper deux, trois ou quatre années de cégep avant d’atteindre les rangs universitaires.
Mais puisque c’est un aspect méconnu des familles québécoises, ça rend l’implantation de la CSSHL un peu plus difficile chez nous. Surtout auprès de la clientèle des 16 ans, celle qui vient de terminer sa quatrième secondaire.

« Attirer un jeune qui s’en va en cinquième secondaire, c’est plus compliqué. On l’offre, mais les parents nous regardent avec des points d’interrogation dans les yeux parce que c’est un parcours inhabituel et différent », souligne Denis Chalifoux, directeur du hockey à Ulysse Académie.
« Par contre, quand on parle du grade 12 [l’équivalent d’une sixième secondaire], ça leur parle. Le jeune a son diplôme de cinquième secondaire en poche et il comprend qu’il va sauter les années de cégep. Disons que c’est facile à vendre », ajoute-t-il.
Conflit et contradiction
Et ne comptez surtout pas sur les structures traditionnelles, que ce soit au niveau scolaire ou athlétique, pour éclaircir la situation.
Car c’est là un autre volet de l’offre de la CSSHL qui entre en compétition directe avec Hockey Québec, qui, comme l’a souvent rappelé Stéphane Auger, son directeur général, lors de l’entretien en lien avec ce reportage, relève du ministère de l’Éducation du Québec.
Avouons qu’il serait somme toute particulier de voir Hockey Québec promouvoir un circuit qui entre en conflit avec un système d’éducation établi depuis la fin des années 1960. Sans compter qu’il enlèverait une partie de la clientèle du circuit collégial, justement développé par la RSEQ.
« C’est certain que ça ferait une contradiction », a reconnu Auger.
« Tout le monde essaie de prendre des raccourcis et vendre du rêve. Le grade 12, c’est un tremplin pour aller jouer ailleurs. Nous, on veut garder nos joueurs ici », a-t-il également laissé tomber.
Le choix de Simon Gagné
N’empêche que c’est une avenue que quelques hommes de hockey bien connus au Québec ont commencé à choisir pour leur fils.
Kayden, le fils de Louis Robitaille, maintenant expatrié en Russie après avoir été entraîneur-chef de longue date dans la LHJMQ, dispute sa deuxième saison à Bishop’s College School.

L’an prochain, Matthew Gagné, le fils de Simon Gagné, l’actuel directeur général des Remparts de Québec, se joindra également à cet établissement situé à Lennoxville.
« Je ne sais pas ce que sera la suite pour lui. Est-ce qu’il pourra jouer junior ? Voudra-t-il aller aux États-Unis ou jouer dans la Ligue collégiale en division 1, ici ? On veut garder les options ouvertes, a fait valoir l’ancien champion de la coupe Stanley et médaillé d’or olympique. Les gars qui font leur grade 12, c’est un gros avantage parce que ça leur permet de garder l’option des États-Unis ouverte. »
Qui serait fou de ne pas vouloir garder toutes ses options ouvertes ?
– Avec la collaboration de Kevin Dubé