Développement de l’élite: une culture difficile à changer


Jonathan Bernier
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Andy Oakes, président-directeur général de la CSSHL, est conscient que le chemin sera ardu pour vendre son produit sur un marché où la Ligue de M18 AAA du Québec détient le monopole depuis 50 ans.
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« Quand tu es un jeune circuit et que tu intègres un marché traditionnel, c’est difficile pour les gens de comprendre ce que tu fais. Au Québec, on a tellement peu d’équipes que ça va prendre du temps. »
Puisque l’Ontario, déjà divisé en cinq ligues M18 AAA, se fait également tirer l’oreille, il sait qu’il devra s’armer de patience avant d’atteindre 20 formations solides comme c’est le cas dans l’ouest du pays.
Il y a donc, dans les cartons pour la saison 2026-2027, le projet de tenir un championnat national entre les formations les mieux classées de l’Est et de l’Ouest.
Cela dit, il faudra qu’un solide coup de barre soit donné pour changer une culture implantée depuis un demi-siècle. Un changement qui s’est opéré depuis quelques années dans l’ouest considérant que les tout premiers choix de huit des 11 derniers repêchages de la WHL ont été formés par la CSSHL.
Au Québec, Malik L’Italien, défenseur sélectionné par les Mooseheads au troisième rang du dernier repêchage de la LHJMQ après avoir préféré Stanstead College à la Ligue M18 AAA du Québec, est ce qui s’est rapproché le plus du sommet jusqu’à maintenant.
Considérés comme les moutons noirs ?
Et ce n’est pas tout.
« Dans l’ouest, quand les jeunes se font retrancher par leur équipe junior, ils se font dire d’aller dans la CSSHL. Tu ne verras pas ça ici, a raconté Denis Chalifoux, directeur hockey à Ulysse Académie. En fait, c’est même l’inverse. Des gars de chez nous se sont fait défendre de revenir avec nous par leur équipe junior. »

Ulysse Académie est l’une des institutions pionnières dans les écoles préparatoires au Québec. C’est là que Vincent Desharnais (des Sharks), Jonathan Aspirot (des Bruins) et Xavier Ouellet (ancien joueur du Canadien) ont été formés.
« Je n’enlève rien au M18 AAA qui est une excellente ligue. Mais je pense que, dans certains cas, des gars auraient eu avantage à jouer contre des joueurs plus âgés et plus gros. Je pense que notre ligue leur aurait rendu un plus grand service », a ajouté Chalifoux.
C’est ce qui s’est produit avec Bastien Michaud. Le choix de deuxième tour des Remparts de Québec, l’été dernier, a amorcé la saison à Bishop’s. Disons qu’à 6 pieds, 4 pouces, le défenseur de 16 ans avait possiblement intérêt à affronter des adversaires plus matures physiquement.
« Est-ce que le calibre est plus fort que le M18 AAA ? C’est difficile à dire, a expliqué Simon Gagné, directeur général des Remparts. Si on avait été à la première année de notre reconstruction, on l’aurait gardé avec nous. On a choisi de le renvoyer là-bas. Il est sur la glace et s’entraîne tous les jours. »
De Stanstead à la LHJMQ
D’ailleurs, la recette semble avoir bien fonctionné pour d’autres formations de la LHJMQ qui, elles, ont confié le développement de leurs espoirs à Stanstead College. À la période des Fêtes, Aaron Chipp et Charles Généreux, avec l’Océanic, de même que Clément Landry, avec les Olympiques, ont fait le saut pour de bon dans la LHJMQ après avoir passé la première moitié de la saison dans la CSSHL.
« Ça fait deux ans de suite qu’on envoie des gars dans la LHJMQ après qu’ils aient commencé la saison avec nous. Au début de la saison, on avait 14 gars repêchés dans le junior majeur au sein de notre équipe », a raconté James Rioux, directeur du hockey à Stanstead.
Quel est le dénominateur commun de la majorité de ses 14 joueurs ? Ils viennent des provinces de l’Atlantique. Tout comme Noah Dobson et Dawson Mercer qui ont fréquenté Bishop’s avant qu’elle ne soit enchâssée dans la CSSHL.
Si c’est bon pour eux...
– Avec la collaboration de Kevin Dubé