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Des policiers lui arrachent des cheveux: «C’était humiliant», raconte un Montréalais

Le résident de Montréal-Nord espère que son quartier pourra enfin sortir du «cercle vicieux» qui mine les relations entre policiers et citoyens

Photo portrait de Michael Nguyen
2026-06-15T04:00:00Z

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Un résident de Montréal-Nord qui se serait fait arracher une tresse de cheveux lors d’une intervention policière l’été dernier espère que les révélations des derniers jours sur le racisme au SPVM feront enfin changer les choses.

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« J’ai senti quand il m’a arraché les cheveux, je l’ai entendu. C’était humiliant. Et ce qui fait mal, c’est que c’étaient des policiers. C’est vraiment triste qu’ils aient agi comme ça », exprime l’homme de 39 ans.

Un résident de Montréal-Nord se serait fait arracher une tresse par des policiers lors d’une intervention qui à la base ne le concernait pas, en juillet 2025. L’homme, qui a demandé l’anonymat, a pris cette photo peu après l’événement.
Un résident de Montréal-Nord se serait fait arracher une tresse par des policiers lors d’une intervention qui à la base ne le concernait pas, en juillet 2025. L’homme, qui a demandé l’anonymat, a pris cette photo peu après l’événement. Photo fournie par une source

Assis non loin d’un dépanneur de la rue Pascal où l’événement est survenu en juillet dernier, l’homme a accepté de se confier au Journal dans la foulée de la récente sortie du chef du Service de police de Montréal (SPVM).

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Dans une conférence de presse tardive, vendredi soir, Fady Dagher a indiqué qu’une unité de 16 policiers était dissoute et visée par des enquêtes. On leur reproche notamment des comportements racistes et violents.

Intervention

Le Montréalais qui dit s’être fait arracher une tresse raconte que son groupe d’amis s’est retrouvé dans la mire de policiers qui étaient intervenus à proximité auprès de deux hommes ivres. Le ton a monté et soudainement, dit-il, un policier l’a plaqué au sol et menotté.

« Je me suis laissé faire en mettant mes mains dans le dos, explique le Montréalais. C’est là que j’ai senti des coups, puis des cheveux arrachés de ma tête. Je me sentais impuissant », a ajouté celui qui préfère pour le moment garder l’anonymat par crainte de représailles. Il a été libéré et accusé de voies de fait contre des policiers. Une fois chez lui, il a constaté qu’il s’était fait arracher une tresse de type dreadlock.

Selon nos informations, des tresses ont d’ailleurs été trouvées dans au moins un casier au poste de quartier 39 lors de perquisitions menées en cours d’enquête. Des photos de ce « trophée » auraient aussi été partagées avec des policiers en poste ailleurs sur le territoire du SPVM. Des images et vidéos incriminantes auraient aussi été récupérées dans les cellulaires des policiers visés.

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• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Alexandre Dubé, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Espoir

« Des histoires comme ça, il y en a d’autres, mais les gens n’en parlent plus parce que c’est comme si nos paroles ne valent rien », dit le Montréalais de 39 ans, qui avoue avoir été « vraiment étonné » par l’annonce du chef de police.

D’autant plus que les dénonciations venaient des collègues de ces mêmes policiers.

« Ça m’a donné de l’espoir qu’il y a encore de bons policiers », explique-t-il en ajoutant que la perception de la police est négative à Montréal-Nord. Selon lui, il faudra du « respect mutuel » pour sortir de ce qu’il appelle un cercle vicieux.

« On est dans un quartier défavorisé, il faut créer des liens, insiste-t-il. Sans les policiers, le monde serait à l’envers. Je ne suis pas antipolice, mais contre les abus, je suis pour ceux qui font leur travail. »

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