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Allégation de racisme au PDQ 39: un homme qui dit s’être fait battre par des policiers n’ose pas porter plainte

«Ils étaient sept sur moi», déplore le trentenaire originaire de Montréal-Nord

2026-06-15T04:00:00Z

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Des personnes racisées alléguant avoir été victimes d’abus policiers à Montréal-Nord, comme un homme qui dit avoir été battu après avoir traversé la rue au mauvais endroit, affirment ne même plus prendre la peine de porter plainte.

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« Une policière me donnait des coups alors que j’étais déjà menotté par terre. Pourquoi vous me frappiez au visage quand vous auriez simplement pu me donner une contravention ? » s’est interrogé un homme de 33 ans, visiblement ébranlé.

L’homme originaire de Montréal-Nord allègue s’être fait tabasser en novembre 2025, alors qu’il traversait la rue à sa sortie d’un bar situé sur l’avenue Léger.

Un Montréalais qui allègue avoir été tabassé par des policiers de Montréal-Nord ne portera pas plainte de peur que ça se retourne contre lui ou de ne pas être pris au sérieux. Photo fournie par la victime le 13 juin 2026.
Un Montréalais qui allègue avoir été tabassé par des policiers de Montréal-Nord ne portera pas plainte de peur que ça se retourne contre lui ou de ne pas être pris au sérieux. Photo fournie par la victime le 13 juin 2026. Photo fournie par la victime
« Ils étaient sept sur moi »

Craignant des représailles, il s’est confié anonymement au Journal après avoir constaté les sanctions réservées aux policiers du poste 39 accusés d’avoir commis des actes racistes.

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« Des policiers m’ont mis à terre pour procéder à mon arrestation. Ils m’ont menotté et ils ont mis leur genou sur mon corps, je ne pouvais pas bouger. Ils étaient sept sur moi », se souvient-il.

Deux voitures de patrouille ont été stationnées de part et d’autre de la scène, la rendant difficile à voir ou à filmer, a-t-il décrit.

« Ils ont procédé à mon arrestation et m’ont dit que j’avais traversé la rue au mauvais endroit. Ils m’ont aussi dit de laisser les policiers tranquilles, mais je rentrais juste chez moi en marchant », a-t-il assuré, secoué.

Il affirme avoir reçu au moins sept coups de genou dans la figure alors qu’il était immobilisé au sol.

Ensanglanté, il aurait ensuite été embarqué dans un véhicule avant de se voir remettre une promesse de comparaître.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Alexandre Dubé, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Peur de porter plainte

Le trentenaire n’a pas voulu porter plainte par crainte que cela ne se retourne contre lui. Et il n’est pas le seul, a constaté Le Journal.

Plusieurs personnes interrogées ces derniers jours ont dit craindre des représailles ou de ne pas être pris au sérieux s’ils dénoncent des policiers.

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Un Montréalais qui allègue avoir été tabassé par des policiers de Montréal-Nord ne portera pas plainte de peur que ça se retourne contre lui ou de ne pas être pris au sérieux. Photo fournie par la victime le 13 juin 2026.
Un Montréalais qui allègue avoir été tabassé par des policiers de Montréal-Nord ne portera pas plainte de peur que ça se retourne contre lui ou de ne pas être pris au sérieux. Photo fournie par la victime le 13 juin 2026. Photo fournie par la victime

C’est aussi ce qu’observe la coordonnatrice générale de Hoodstock, un organisme de Montréal-Nord qui accompagne les personnes racisées.

« Comment faire confiance à un système qui ne nous croit pas ? Il y a des photos, des preuves, mais ce n’est jamais suffisant et on voit les policiers abusifs qui continuent d’avoir des carrières », explique Cassandra Exumé, qui habite aussi dans l’arrondissement.

Selon elle, il s’agit d’un exemple des « institutions qui permettent à la pensée raciste individuelle de se faire une place dans le système parce qu’il n’y a rien pour l’arrêter ».

Car des témoignages « d’interpellations démesurées », elle en entend « trop souvent », notamment de la part de personnes qui n’ont pas les moyens de payer un avocat.

« Combien de temps ça va prendre avant que justice soit faite » à Montréal-Nord ? se demande-t-elle.

Alors que plusieurs saluent les policiers qui ont dénoncé les gestes racistes, Mme Exumé déplore que les victimes n’aient pas été entendues, elles qui dénoncent ce phénomène depuis des années.

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