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Commanditaire discutable à la Coupe du monde de ski acrobatique à Val Saint-Côme: le mauve de l’Azerbaïdjan domine sur le site

La fédération canadienne de ski acrobatique et les organisateurs mal à l’aise avec l’affichage du pays controversé

Les copropriétaires de la station de ski Val Saint-Côme, François Gagnon et Sonia Cloutier, ainsi que le directeur des évènements de Freestyle Canada, Charles-Antoine Morache, accueillent mal le commanditaire principal de
la Coupe du monde, Experiece Azerbaïdjan.
Les copropriétaires de la station de ski Val Saint-Côme, François Gagnon et Sonia Cloutier, ainsi que le directeur des évènements de Freestyle Canada, Charles-Antoine Morache, accueillent mal le commanditaire principal de la Coupe du monde, Experiece Azerbaïdjan. PHOTO FRANÇOIS-DAVID ROULEAU / LE JOURNAL DE MONTRÉAL
Photo portrait de François-David Rouleau

François-David Rouleau

2026-01-10T00:30:00Z
2026-01-10T01:00:00Z

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SAINT-CÔME | Plutôt que de mettre l’accent sur les partenaires locaux et les commanditaires de chez nous pour l’organisation de la Coupe du monde de ski acrobatique, une couleur domine le paysage autour de la piste de bosses. Le mauve «Experience Azerbaidjan», couleur du partenaire principal du circuit faisant la promotion du pays, dérange la fédération nationale et les organisateurs de la station de Lanaudière.

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Le mauve faisant la promotion du pays enclavé entre l’Europe et l’Asie, ancienne république soviétique, est placardé partout. Sur les dossards des athlètes, sur des banderoles, sur des coussins de protection, sur des panneaux dans le portillon de départ et à l’arrivée, sur l’écran géant. Partout!

PHOTO FRANÇOIS-DAVID ROULEAU / LE JOURNAL DE MONTRÉAL
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«On est mis devant le fait accompli. On ne peut rien changer, tonne le copropriétaire de la station de ski, François Gagnon, aux côtés de sa partenaire, Sonia Cloutier.

«C’est spécial de voir les couleurs. C’est une adaptation. On apprend à naviguer là-dedans, témoigne Charles-Antoine Morache, directeur des évènements à Freestyle Canada.

«On a parlé de tout ça à l’interne. On voyait le malaise. On avait certaines appréhensions avec la perception du public.»

PHOTO FRANÇOIS-DAVID ROULEAU / LE JOURNAL DE MONTRÉAL
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Quel est le hic?

C’est que la République présidée par Ilham Aliye, dans la dynastie de sa famille depuis 1993, en est une autoritaire qui est aussi impliquée dans un conflit territorial avec sa voisine, l’Arménie, depuis de longues années même si un accord de paix a été signé en août dernier.

MEGA/WENN
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Et au chapitre des droits fondamentaux, elle opprime la liberté d’expression et persécute les critiques du régime. Les droits des communautés LGBT y sont aussi bafoués.

MEGA/WENN
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Selon Freedom House, un organisme ayant pour mission de défendre les libertés à travers le monde, le pays affiche un pauvre rendement de 7% en matière de droits et libertés. Un score pire que la Chine, l’Arabie saoudite et l’Iran.

Au début de la saison, donc, la FIS a conclu une entente de cinq ans avec l’office du tourisme de l’Azerbaïdjan pour qu’il commandite son circuit de la Coupe du monde de ski acrobatique, entre autres.

Annulés ailleurs

Les organisateurs à Idre Fjäll, en Suède à la mi-décembre, et ceux de Bakuriani, en Géorgie la semaine suivante, ont décidé d’annuler leurs épreuves en guise de protestation à l’imposition de ce commanditaire indésirable.

Si une situation financière précaire expliquait aussi l’annulation en Suède, les organisateurs ont pris cette décision parce qu’ils possédaient chacun des commanditaires faisant la promotion touristique de leur région.

En ski de fond, l’athlète arménien Mikael Mikaelyan a même protesté en cachant avec du ruban adhésif le mot «Azerbaïdjan» sur son dossard dans une récente compétition. La FIS l’a mis à l’amende.

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En second plan

À Saint-Côme, le malaise est perceptible. L’événement opérant avec un budget de 800 000$ reçoit environ 400 000$ en subventions des paliers gouvernementaux. Il vit aussi grâce à de solides partenaires locaux, fortement impliqués dans la compétition.

Malgré toute la bonne volonté des organisateurs à vouloir bien les mettre en valeur, ils passent tous en second plan derrière le mauve de l’Azerbaïdjan.

«Nous, ce qui est important, c’est de faire la promotion des athlètes et de ce sport à travers le Canada», explique M. Gagnon à propos de la tenue de l’événement.

«Ce que je déplore, c’est la transparence dans le processus, ajoute celui qui injecte des centaines de milliers de dollars dans l’épreuve des bosses avec la préparation de la piste, entre autres.

«Il faut savoir comment l’argent transite entre les commanditaires de la FIS et les fédérations afin que les revenus servent à financer les organisateurs dans chacune des escales du calendrier. Ça permettrait aussi de faire la promotion du sport.»

Partage?

Et c’est là que ça devient problématique aussi aux yeux de Freestyle Canada. Bien que l’épreuve reste à flot financièrement, la fédération nationale ne sait pas du tout la part du gâteau qu’elle recevra des revenus associés à cette commandite.

«Pour l’instant, c’est une redistribution à travers les fédérations à l’international. On ne sait rien de plus sur l’équitabilité, fait savoir le directeur des événements de Freestyle Canada, Charles-Antoine Morache.

«Cette décision de commanditaire n’a pas été accueillie à bras ouverts de notre côté, ajoute-t-il alors que sa fédération n’a pas pensé annuler l’événement en guise de protestation. Elle soulève beaucoup de questionnement. Nous sommes restés bons joueurs avec la FIS, car on est important sur le circuit de la Coupe du monde. On veut aussi garder notre place.»

Pour l’instant, M. Morache dit que les retombées financières de cette entente n’ont encore aucun impact. Il espère que ça changera pour l’an prochain, car la fédération a déjà un plan en tête pour mettre l’accent sur l’affichage des commanditaires de la région.

Pas dans les plans

Dans la maigre foule réunie sous la pluie pour les qualifications durant l’après-midi, vendredi, aucun des spectateurs rencontrés par Le Journal n’avait envie d’aller visiter l’ancienne république soviétique.

«J’ai d’autres destinations bien avant celle-là, s’exclame Martin Markey, de Joliette. C’est loin sur ma liste. En fait, elle n’est même pas là avec ce que j’en sais et entendu du pays. C’est certain que je n’irais pas là juste à cause d’une pub.»

Jointe par courriel en début de journée, la FIS a répondu samedi en louangeant son nouveau partenariat majeur. Il permet, selon elle, de faire «progresser toutes ces disciplines à travers le monde» et de «développer une destination de sports de neige dans une région du monde regorgeant de potentiel». 

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