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Cette phrase fouette Julien Viel pour grimper parmi la crème du ski acrobatique

Le skieur étoile de Mont-Sainte-Anne souhaite skier avec les plus grands de son sport et s’éloigner de la 10e place

Photo d'archives, Didier Debusschère
Photo portrait de François-David Rouleau

François-David Rouleau

2026-01-09T00:30:00Z
2026-01-09T01:00:00Z

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SAINT-CÔME | Souvent à l’entraînement ou en compétition depuis un peu plus d’un an, Julien Viel entend la même ligne expliquant des difficultés à percer constamment le top 5. Et pourtant, ce n’est pas le talent qui manque au skieur de 24 ans de Mont-Sainte-Anne.

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Il est si bourré de talent que ça lui sort par les oreilles. Mais Viel est soucieux de la qualité et cherche constamment de bons résultats. À pareille date l’an dernier, il avait raconté au Journal que deux petits diables se battaient dans sa tête. Quand l’artiste et le compétiteur se serrent la pince toutefois, attention aux flammèches et aux feux d’artifice.

L’an passé, après son étincelante deuxième position en simple à Val Saint-Côme alors qu’il avait été malade comme un chien quelques heures avant de filer sur la piste, il a ajouté un podium en Chine et terminé la saison avec un total de neuf tops 8.

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Photo d'archives, Didier Debusschère
Photo d'archives, Didier Debusschère

Mettre du piquant

Mais il aussi terminé 10 fois au-delà de la 10e place.

De là, la fameuse phrase de l’entraîneur-chef de l’équipe nationale, Michel Hamelin, quand «Jules» lui demande ce qui cloche et qu’il souhaite des résultats.

«Tu skies pour 10e» lui lance l’instructeur en rappelant un ancien dossard que l’athlète a souvent porté.

Photo Martin Alarie
Photo Martin Alarie

«Il me disait qu’il était tanné, donc je lui dis la vérité quand il me demande mon opinion sur une descente, explique Hamelin en pointant sa 28e position en lever de rideau de la présente saison, à Ruka en Finlande. Il l’a pris trop relaxe. Il sait que s’il veut finir dans le top 4, il doit skier une coche et mettre plus d’épices. Il doit mettre de la magie.»

La boutade a fonctionné. Le lendemain, Viel a terminé sur la troisième marche du podium et quasi poinçonné son billet pour les Jeux olympiques.

En marche

«Mike a raison. Je vais trop souvent ma p’tite descente pour passer en finale. Et ça ne passe pas, raconte le sympathique et souriant athlète, expliquant que la bataille entre ses deux diables n’est pas terminée. Je l’ai vu en Finlande. Ça m’a fouetté et j’ai mis l’interrupteur en marche pour le lendemain.»

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Photo MARTIN ALARIE
Photo MARTIN ALARIE

«Il a fait opérer sa magie, ajoute Hamelin, fièrement. Jules se rend toujours en bas. Il est bon. Mais il ne doit pas descendre en se la coulant à la douce.»

Détente

Et ça, ce n’est pas toujours évident pour le skieur dans la vingtaine.

«Il faut que je me fasse confiance et que je me laisse aller. Je vois que lorsque je me retiens, surtout en qualifs, c’est là que je fais des erreurs et que la descente est moins bonne. Si je me laisse aller, c’est là où ça va bien et que c’est beau à voir. »

Dans son cas, inutile d’écouter une toune du groupe rock et métal Rage Against The Machine au sommet de la piste. Il doit seulement se déconnecter et se détendre.

«Tout oublier. C’est difficile à faire. Mais c’est à ce moment que la mécanique et que l’exécution suivent.»

Photo Martin Alarie
Photo Martin Alarie

C’est la recette pour skier parmi la crème de l’élite mondiale à toutes les escales du circuit de la Coupe du monde.

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