Chef Oli de «24 en 24»: Devenu père à 19 ans, il révèle comment la cuisine a changé sa vie
«24 en 24», le lundi 20 h, à TVA et TVA+
Marjolaine Simard
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Chef Oli est un visage familier à Salut Bonjour. Il a d’ailleurs décroché un Gémeaux pour son émission Chef Oli vire champêtre. Cette fois, il a relevé le défi de 24 en 24 et tenu le coup malgré la fatigue accumulée. Fier du chemin parcouru, il revient sur une aventure intense, sur son parcours atypique en cuisine et sur ce que cette expérience est venue confirmer dans sa trajectoire.
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Chef Oli, comment est née ta passion pour la cuisine ?
Au départ, la cuisine n’était pas une passion. Je ne me suis jamais levé en disant : « Je vais devenir chef. » J’ai commencé à cuisiner parce qu’il fallait payer les factures. J’ai eu ma première fille à 19 ans. À ce moment-là, la restauration était l’un des seuls domaines où je pouvais entrer rapidement sans avoir besoin d’un diplôme. Il fallait juste travailler fort. Alors, j’ai commencé comme ça, très simplement, pour faire vivre ma famille.
C’est là que tu as découvert que tu avais un certain talent...
Oui. Mon premier emploi marquant, c’était dans un restaurant indonésien où travaillait un de mes amis, Xavier. Je suis un peu tombé là-dedans par hasard, puis je suis devenu complètement fasciné par les épices, les saveurs, la façon de cuisiner. Je suis même parti en Indonésie avec lui pour en apprendre davantage sur leur cuisine. Ça m’a ouvert un monde.

Tes origines influencent-elles ta cuisine ?
Énormément. Mon père est Sénégalais et ma mère est Haïtienne, donc j’ai grandi avec des saveurs, des épices et des textures différentes. Quand je suis stressé ou déstabilisé, je retourne souvent vers ces repères-là en cuisine. Mais j’avais aussi envie de montrer qu’on peut avoir des racines haïtiennes et sénégalaises puis tomber amoureux du terroir québécois et des produits d’ici. Ma cuisine, c’est vraiment un mélange d’influences et d’identités.
Tu es père de deux filles aujourd’hui. Marchent-elles dans tes pas ?
Ma plus jeune, Livia, c’est carrément mon sous-chef. Elle a trois ans et, maintenant, elle ne m’appelle même plus papa. Elle m’appelle « Chef Oli »! (rires) Elle voulait un tablier comme le mien, des ustensiles comme les miens. Quand je fais le déjeuner le dimanche, elle veut toujours participer. Ma plus vieille de 15 ans, Maggie, elle, travaille déjà à mon service traiteur à domicile. Elle apprend tranquillement le métier.
24 en 24 n’était pas ta première compétition...
J’ai participé à Je suis chef et ç’a été un déclic. Tout le monde disait : « Oli, c’est une menace. » Et moi, j’étais comme : « Oh... OK. Peut-être que je suis vraiment capable. » C’est là que j’ai compris que je pouvais construire quelque chose avec ça. J’ai aussi fait 3,2,1 BBQ et Chef de bois.
Malgré tout, tu as encore un certain syndrome de l’imposteur ?
Ah oui, énormément. Quand je suis arrivé à 24 en 24 et que j’ai vu les autres compétiteurs, j’ai eu peur pour vrai. Moi, ma force, ce sont les saveurs, l’instinct et l’amour que je mets dans ma cuisine. Mais côté technique, quand tu vois des chefs comme Hugo Saint-Jacques, Gilles ou Fanny, qui ont des bases ultra-solides, tu te demandes un peu ce que tu fais là. Je les regardais et je me disais : « OK... Là, ça devient sérieux. »
La fatigue semble avoir été ton plus grand adversaire...
Sans aucun doute. À un certain moment dans l’émission, j’avais enchaîné 17 défis sans arrêt. Aucun repos. Le plus difficile psychologiquement, c’est que je n’étais jamais assez « bon » pour aller me reposer, mais mes plats étaient souvent choisis parmi les meilleurs après coup. Donc je commençais à me demander : « Qu’est-ce qui ne marche pas ? Est-ce que je pousse assez fort ? » Ça jouait énormément dans ma tête.

Tu as dû quitter la cuisine après le défi de l’île flottante...
Je ne connaissais pas ce dessert. Mais malgré ça, j’ai été capable de l’exécuter correctement avec l’aide de Gilles. C’est dans ces moments-là que je comprends que j’ai un talent naturel. Parce qu’imagine si j’avais eu les mêmes bases techniques que certains autres candidats depuis le début, j’aurais pu mieux m’en sortir. C’est pourquoi je prends actuellement des cours de cuisine, car je sais que j’ai la créativité. Je sais que j’ai les saveurs. Mais il me manque certaines bases techniques, certains réflexes. Et honnêtement, ça m’excite énormément. Parce que je sens déjà que ça ouvre encore plus ma créativité.
Quel bilan dresses-tu aujourd’hui de 24 en 24 ?
Ça m’a donné une immense confiance. Je suis encore quelqu’un qui doute énormément de lui-même. Mais cette aventure-là m’a confirmé que j’ai ma place.
Le juge invité Arnaud Marchand

On découvre Arnaud Marchand lors de sa participation à l’émission Les chefs ! en 2010. C’est à cette époque qu’il fait la rencontre du chef Jean-Luc Boulay, avec qui il s’associera pour fonder le restaurant Chez Boulay – Bistrot boréal. Originaire de France, il est aujourd’hui un ardent défenseur de tout ce que la nature québécoise a à offrir.
La semaine prochaine
Les juges Samuel Sirois, Élise Tastet et Jean-Philippe Matheussen seront au rendez-vous pour mettre au défi les cinq candidats toujours dans la compétition. Au menu : la réalisation d’une entrée, d’un plat et d’un hors-d’œuvre, dans un défi où chacun devra défendre sa place pour rester dans la course.