100e victoire en Coupe du monde dans la mire à Val Saint-Côme: «Ce serait une erreur d’aborder la compétition comme ça» –Mikaël Kingsbury
Mikaël Kingsbury prône la patience afin d’éviter d’aggraver sa blessure et de rater son rendez-vous olympique


François-David Rouleau
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SAINT-CÔME | Sa 100e victoire en carrière sur le circuit de la Coupe du monde de ski acrobatique attend depuis 10 mois. Sans la provoquer dans son retour à la compétition, Mikaël Kingsbury la vise en 2026. Dans sa condition, ce serait par contre une «erreur» d’étamper la pédale au plancher, vendredi soir, à Val Saint-Côme.
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La stratégie est bien plus rusée que de filer tête baissée, coûte que coûte, pour la seule et unique victoire. Cette présence dans les montagnes au cœur de Lanaudière doit plutôt être perçue comme une partie d’échecs. Et surtout, mais surtout, il faut éviter d’aggraver sa blessure à l’aine et de mettre en péril sa quatrième présence olympique dans un mois.
«Je ne veux pas courir ici en me disant “câline que j’aimerais remporter ma 100e victoire chez nous”, indique celui qui a remporté avec panache et de façon spectaculaire les épreuves en simple et en duel l’an dernier sur cette piste.
«Je sais que c’est dans l’air. Mais ce serait peut-être une erreur pour moi de me dire de skier pour absolument gagner avec les Jeux qui arrivent dans un mois, explique-t-il avec sérénité. Ici, c’est en réalité la première véritable étape à mon retour à la compétition.»

Peu d’action
Lors de la première épreuve de la saison qui se déroulait à Ruka, en Finlande, il y a un mois, il avait pris le quatrième rang en qualifications, mais n’avait pas complété la compétition en raison de la douleur.
Les deux escales suivantes, à Idre Fjäll, en Suède, et à Bakuriani, en Géorgie, ont ensuite été annulées.
Il est donc débarqué à Saint-Côme plus reposé, mieux entraîné et prêt pour l’épreuve en simple à laquelle il se dédiera pleinement, vendredi soir. Il décidera samedi matin, selon son état physique au réveil, s’il participe au duel. Une épreuve beaucoup plus rapide, exigeante, risquée et rock’n’roll. Il en prendra le départ uniquement si son châssis tient «super bien le coup».

«Cette semaine, je veux skier à mon rythme, une descente à la fois. Si je peux bien me sentir dans le portillon de départ, ressentir ce stress de la compétition et bien skier, je vais bâtir là-dessus en prévision des Jeux.
«Je veux faire une bonne qualification, observer où je me situe dans le peloton et suivre mon feeling. Ça va me permettre d’avancer et viser la super finale du top 6 si je m’y rends. On va constamment réévaluer. Il ne faut surtout pas se blesser ou aggraver ma blessure.
«L’an passé, j’avais mis tout le paquet sur les victoires. Je skie évidemment pour gagner. Je sais que je peux le faire. Ce n’est toutefois pas l’objectif principal cette fois. C’est plutôt stratégique cette semaine. »

Mix de sagesse
Ce sont là ses 33 ans et sa très riche expérience en compétition qui parlent. S’il y a bien un athlète capable de mettre l’interrupteur en position marche en un claquement de doigts, c’est lui.
«Il y a de la maturité et de la sagesse là-dedans. Je pense», ajoute-t-il en riant avant de retirer brièvement sa tuque noire au logo de Riobel, son fidèle commanditaire depuis des lustres.

Elle cache aussi une tignasse foncée parsemée de quelques cheveux gris... Optons pour la sagesse et l’énergie de fiston Henrik!
Et tout compte fait, il y a longtemps que Kingsbury a dépassé les 100 victoires à son palmarès.
«Si tu ajoutes celles [9] aux Championnats du monde et ma médaille olympique qui ne comptent pas en Coupe du monde, je suis rendu à 109 au total, précise-t-il avec le feu dans les yeux. Cette 100e en Coupe du monde, je le sens, elle s’en vient.»
Seule la boule de cristal en connaît le moment et le lieu.
