Bryson DeChambeau utilise un nouveau bâton fabriqué avec une imprimante 3D
Il a glissé un fer 5 dans son sac de golf en prévision du Tournoi des Maîtres


François-David Rouleau
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AUGUSTA | Bryson DeChambeau ne cessera jamais de surprendre. Il a dessiné de nouveaux bâtons qu’il crée de toutes pièces avec une imprimante 3D. En première ronde du Tournoi des Maîtres à Augusta, il a même placé l’un d’eux dans son sac.
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En conférence de presse à l’Augusta National, mardi, celui qui est surnommé « Le scientifique » a raconté qu’il travaillait à construire un ensemble de fers et un bois de départ.
« On verra où ça ira et où ça me mène. Tout ce que je peux dire, c’est que s’ils ne vont pas dans mon sac, ce sera de ma faute. »

Très tôt dans sa carrière, l’Américain s’était fait connaître en ayant pensé des fers qui avaient tous la même longueur, soit celle d’un fer 6. Il les avait alors commercialisés avec le fabricant Cobra.
En 2021, il avait rappliqué en faisant la conception de fers imprimés en 3D, toujours avec Cobra. Ces prototypes lui avaient permis d’obtenir des performances similaires à celles des fers traditionnellement fabriqués en fer forgé. La rapidité et la constance étaient cependant meilleures. L’impression rapide permettait aussi des modifications aux formes et aux dimensions des têtes.
Hautes exigences
Mais, en 2022, DeChambeau et Cobra ont rompu les liens d’un contrat qui les unissait depuis longtemps. L’entreprise n’était pas heureuse des critiques qu’il avait formulées à son endroit à propos de l’équipement qui n’était pas à la hauteur de ses attentes. C’était à l’époque où il frappait encore plus vite et plus fort qu’un gorille survitaminé dans cette quête aux données absolues dans l’élan.
Cette fois, en portant son chapeau de designer et n’ayant aucun lien contractuel avec un grand manufacturier, il a conçu des outils qui répondent à ses exigences. Il est ainsi à la recherche de la perfection dans un sport où c’est à la fois le plus grand défi et le plus important obstacle.
« C’est la volonté de toujours s’améliorer, a-t-il expliqué. C’est dans ma nature d’innover. J’ai toujours été fier de cette habileté à apprendre, même dans les échecs, que ce soit une mauvaise ou une bonne décision. J’essaie de voir ce que ça peut me rapporter. »
Stratégique
En début de semaine, il était encore indécis quant à sa stratégie, même s’il avait été aperçu faisant des essais lors de sa dernière sortie en Afrique du Sud, dans un tournoi de LIV Golf. Il affirmait que les nouveaux bâtons devaient être soumis à la certification de l’Association de golf des États-Unis (USGA) avant d’être utilisés en compétition. C’est elle qui fixe les normes de conception qui doivent être respectées à la lettre par les grands fabricants. Le processus pour qu’ils soient inscrits sur la liste de l’équipement conforme peut être long.

Quarante-huit heures après sa conférence de presse à Augusta, DeChambeau avait glissé dans son sac un fer 5 fabriqué à partir d’une imprimante 3D en prévision de la première ronde du Masters. Il avait ainsi raconté une pipe aux journalistes ou accompli un petit miracle...
Après sa première ronde de 76 (+4) lors de laquelle il a connu des difficultés à exécuter des coups de fer précis, DeChambeau a expliqué ne l’avoir utilisé qu’une fois. C’était sur le tertre du septième trou. Armé de son nouveau fer 5, il a claqué la balle à 258 verges dans l’allée.

Processus de fabrication
Le golfeur de 32 ans a expliqué que l’imprimante nécessitait huit heures pour fabriquer le bâton. « Après, il faut couper les rainures et faire une multitude d’autres choses. C’est possible d’avoir un club en une demi-journée, environ », a-t-il expliqué.
Cependant, le reste de l’ensemble attendra parce que l’USGA doit approuver les autres bâtons. DeChambeau n’a pas souhaité entrer dans les fins détails du processus.
Un indice suggérant qu’il se contentera du fer 5 et qu’il s’attardera à remonter le peloton.