Benjamin et Mathieu Gratton s’unissent pour les jeunes aux besoins particuliers
Porte-paroles pour la Fondation Benny & Co.
Marjolaine Simard
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Mathieu et Benjamin Gratton unissent leurs voix comme porte-parole de la Fondation Benny & Co. Une cause qui résonne particulièrement en ce Mois de l’autisme. Entre eux, la complicité père et fils est évidente, nourrie par une foule de projets communs, alors que Benjamin affirme de plus en plus son autonomie. Rencontre touchante avec ce duo attachant, qui revient aussi sur la finale bouleversante de STAT, un moment chargé d’émotions autant pour le public que pour leur famille.
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En quoi votre engagement auprès de la Fondation Benny & Co. vous tient-il à cœur ?
Mathieu Gratton : Ce qui est important pour nous, c’est de rappeler que la fondation ne touche pas uniquement l’autisme. Elle s’adresse à tous les jeunes ayant des besoins particuliers : ça inclut l’autisme, bien sûr, mais aussi la déficience intellectuelle, les handicaps physiques et plusieurs réalités dont on parle moins. Ce qui nous unit, c’est ce besoin essentiel de soutien, autant pour les jeunes que pour leurs familles. Et souvent, ces parents-là ont besoin de répit. À ce jour, elle a remis plus de 2 000 000 $ à des organismes qui œuvrent directement sur le terrain.
Ce lien avec d’autres familles avec des enfants à besoins particuliers semble important pour toi Mathieu...
M.G. : C’est énorme. Quand je rencontre d’autres parents, ça me fait du bien. On comprend qu’on n’est pas seuls. Au début, quand j’ai su que Benjamin était autiste, je ne savais pas trop comment gérer tout ça. Ça m’a pris du temps avant de faire certains deuils, d’accepter, de comprendre. Aujourd’hui, je suis en paix et même heureux. Parce que ma vie, elle est construite autour de ça, et elle est belle.
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France D’Amour s’est même jointe à vous cette année pour votre cause dans Le monde de Benjamin...
M.G. : Au Monde de Benjamin, on présente une nouvelle chanson chaque année et cette fois, c’est France D’Amour qui l’a créée, elle s’appelle Différent comme toi. Vous pouvez l’écouter en ligne. C’est notre dixième chanson. Il y a aussi la grande collecte avec un produit spécial dont les profits vont entièrement à la fondation. Et on continue les conférences, les rencontres, les projets.
Benjamin, on comprend que tu es très autonome dans plusieurs aspects de ta vie...
B.G : Oui. Je prends l’autobus tout seul. Je peux aller voir mon père. Je fais des activités par moi-même. Bientôt, mon père déménage à Sherbrooke, ça va être encore plus facile. J’ai hâte de pouvoir arriver chez mon père tout seul de porte à porte.
M.G. : C’est énorme. Longtemps, on habitait en campagne, donc tout était plus compliqué pour lui. Là, je me rapproche volontairement des services pour qu’il puisse gagner encore plus d’autonomie.
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Benjamin, quelles sont tes activités favorites ?
B.G. : Aller dans les concessionnaires, voir des voitures. C’est une vraie passion pour moi.
M.G. : Tous les concessionnaires le connaissent dans mon coin. Je le dépose là, puis il part explorer. Il est respectueux, curieux et passionné.
B.G. : J’adore aussi aller au cinéma et dans les stades et les arénas voir les matchs. Des fois, je vais même jusqu’à Laval pour voir le Rocket. Je prends l’autobus, j’y vais tout seul, puis je reviens après. J’aime ça être dans les estrades. C’est vraiment une de mes activités préférées.
Vous avez aussi vécu une expérience marquante lors du tournage de Benjamin Gratton : Comme tout le monde, où Benjamin a testé la vie en appartement...
M.G. : Ça faisait longtemps que Benjamin parlait de vouloir vivre en appartement comme les autres jeunes de son âge. Il voyait autour de lui des gens quitter le nid familial à 18 ans, prendre leur envol, et il voulait comprendre ce que ça signifiait concrètement. Patricia Paquin et moi on a décidé de lui faire vivre l’expérience pour vrai, mais dans un cadre réaliste. Pendant 30 jours, il a habité seul dans un appartement, et tout a été documenté pour devenir une émission de quatre épisodes.
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Et comment l’expérience s’est-elle déroulée ?
M.G. : Ça nous a permis d’observer où il en était réellement dans son autonomie au niveau de l’alimentation, l’hygiène, la gestion du temps, les déplacements, les interactions sociales, même le rapport à l’argent. On voulait voir concrètement comment il se débrouillait dans un quotidien qui ressemble à celui d’un adulte. On a découvert qu’il était capable de se créer un cercle social par lui-même. Je n’organisais presque rien. Cette expérience nous a rassurés. Ça nous a permis de mieux imaginer son futur, quand nous ne serons plus là.
Benjamin, à quoi ressemblaient tes journées en appartement ?
B.G. : Je faisais mes affaires tout seul. Je me levais, je faisais des activités, je travaillais aussi. Je devais me faire à manger, des sandwichs, des repas congelés... et j’aimais ça aller au restaurant ! J’ai aussi invité des amis.
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Benjamin, parlons de ton expérience comme comédien dans la série STAT. Ton personnage, Siméon, a vécu beaucoup de drames cette saison...
B.G. : Ce n’était pas facile... Surtout de ne pas bouger parce qu’il était dans le coma. J’avais parfois du mal quand les gens me touchaient, ou quand il y avait du sang. Je n’aimais pas ça.

Le décès du personnage de Siméon a été particulièrement bouleversant. Comment avez-vous vécu ce moment-là, autant sur le plateau qu’en famille ?
M.G. : Je n’étais pas sur le plateau cette journée-là, parce que je savais que je ne serais pas capable émotionnellement. C’est Patricia qui était présente lors du tournage de la scène où le personnage de Benjamin meurt, et elle m’a confirmé à quel point c’était intense, autant pour l’équipe que pour Benjamin. Elle m’a envoyé une vidéo de ce moment et ça m’a profondément ému. Patricia m’a raconté qu’au moment où la chanson de Fred Pellerin a joué, les émotions ont monté d’un coup. Les membres de la production ont mis la chanson après le tournage et Benjamin était super émotif. Il a fallu qu’il quitte, à cause des émotions. Les larmes coulaient ! Je ne l’avais jamais vu comme ça. Benjamin n’a pas pleuré souvent dans sa vie, même quand il se faisait mal, mais là, c’est vraiment venu le chercher. C’est rare qu’on voit les émotions de Benjamin sortir, à part sa joie habituelle. Cette fois, la peine était palpable parce que c’était un vrai deuil.
B.G. : J’étais triste, encore plus avec la chanson à la fin et ça me faisait aussi de la peine de dire bye à tout le monde.
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Comment était Benjamin après le tournage ?
M.G. : Après le tournage, quand on en a reparlé ensemble, il m’a dit quelque chose qui m’a frappé : « Heureusement que ce n’est pas pour vrai que je meurs. » Ça peut sembler simple, mais pour moi, ç’a été un moment émouvant. J’ai trouvé marquant qu’il soit capable de mettre des mots sur ce qu’il ressentait. Habituellement, Benjamin ne verbalise pas toujours ses émotions de façon aussi claire. Mais là, il m’a dit qu’il espérait avoir un autre rôle à la télé un jour.
En terminant, on peut dire que votre complicité père et fils est frappante...
M.G. : Oui, très ! Je ne veux pas le mettre de côté pour ma carrière. Au contraire, je veux concilier les deux. On fait nos vidéos Le monde de Benjamin et j’ai un prochain projet documentaire où j’aimerais le suivre dans l’obtention d’un permis de conduire. J’ai aussi envie de construire un show d’humour avec mon fils. Je suis en train de réfléchir à comment l’intégrer dans un spectacle qu’on ferait tous les deux. Il n’y a rien de signé, mais je planche là-dessus présentement.
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