Réinventer son emploi: l’agriculture urbaine, un champ d’activité qui pousse très vite

Sylvie Lemieux
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Parmi tous les programmes de formation dispensés à l’Institut national d’agriculture biologique (INAB), celui de l’agriculture urbaine connaît beaucoup de succès.
En deux ans, le nombre d’inscriptions à cette option du Diplôme d’études collégiales (DEC) en Gestion et technologies d’entreprise agricole a plus que doublé. Actuellement, 26 étudiants sont inscrits à ce nouveau programme, qui est unique au Québec.
Autonomie alimentaire
DG de l’INAB
« L’intérêt pour la production agricole en milieu urbain est grandissant, explique Normand Poniewiera, directeur général de l’INAB. La demande pour les produits biologiques est croissante. Le concept d’autonomie alimentaire, le fait de vouloir rapprocher les producteurs des consommateurs sont deux autres facteurs qui contribuent à la popularité de notre formation. »
En plus du DEC, le centre de formation, rattaché au Cégep de Victoriaville, offre également une attestation d’études collégiales (AEC) en Développement et gestion d’un programme en agriculture urbaine.
Profils diversifiés
Quel est le profil des étudiants ?
« Il est diversifié. Certains veulent fonder leur entreprise agricole. D’autres visent plutôt à s’impliquer dans des projets communautaires en agriculture urbaine », souligne M. Poniewiera.
Bientôt une antenne à Montréal
Face à la popularité grandissante de cette formation, l’INAB songe à avoir une antenne à Montréal pour accueillir un plus grand nombre d’étudiants.
« Il y a une demande, explique le directeur général. On dispose d’espace au campus montréalais de l’École nationale du meuble, qui relève du Cégep de Victoriaville. On pourrait accueillir une première cohorte dès l’automne prochain. »
L’INAB a signé un partenariat avec le Laboratoire d’agriculture urbaine (AU/LAB), affilié à l’Université du Québec à Montréal, pour poursuivre le développement de cette filière en plein essor. Selon une étude récente d’AU/LAB, le nombre d’entreprises agricoles urbaines commerciales au Québec croît en moyenne de 30 % par an depuis les années 2000.
En 2019, elles généraient des revenus de 17 millions $ et comptaient 624 emplois. D’ici 2025, les revenus du secteur pourraient atteindre 168 millions $ et générer 13 596 emplois.
Signe que l’agriculture biologique gagne du terrain, les formations de l’INAB sont en forte demande. Inauguré depuis à peine deux ans, il est déjà à l’étroit dans ses installations. Il accueille actuellement 240 étudiants, ayant largement dépassé son objectif initial de 150 inscriptions.