Hockey

2250 coups de poing

2250 coups de poing

Marc-André Perreault

Publié 14 décembre 2020
Mis à jour 14 décembre 2020

Se battre 450 fois, ça n’a aucun bon sens. Si on fait une moyenne de 5 coups de poing par bagarre, ça donne 2250 coups de poing sur la tête. C’est énorme, c’est dangereux. 

C’est pourtant la réalité de Martin Larivière, ancien dur à cuire du hockey sénior québécois. «Larry» mesure 5 pieds 6 pouces et s’est souvent battu contre des gars qui étaient beaucoup plus grands et gros que lui.     

Une différence de poids qui serait illégale en boxe par exemple. Mathieu Ste-Marie a vécu la même chose, sauf un peu moins souvent... seulement (!) 260 fois.

«À 5 pieds 6 pouces, disons que j’avais des clients à chaque soir», dit-il.

Pourtant, ces gars-là sont intelligents... ce sont des bons gars. C’est le contraste que la grande majorité des batailleurs au hockey illustrent. Il suffit d’entrer dans un vestiaire de hockey pour voir à quel point les «toughs» sont souvent les plus drôles, les plus attachants et les plus sympathiques. Ils sont aussi bien souvent les joueurs les plus appréciés de leurs coéquipiers.

«Ça donne un sentiment d’appartenance incroyable. En connais-tu beaucoup des gars qui vont donner leur nez et se faire fermer un oeil pour aider son coéquipier?», déclare Paul LaPlante

LaPlante est un ancien batailleur qui a vu l’évolution (et presque l’extinction) du métier de bagarreur au Québec au cours des 50 dernières années. Il s’est battu plus de 250 fois au cours de sa carrière dans différentes ligues. 

LaPlante est l’ancien chef de l’escouade Carcajou.Il était donc très bien placé à la Sûreté du Québec. Et ce n’est pas anecdotique, les bagarreurs ont souvent des personnalités très recherchées par les employeurs.

«Il y a beaucoup d’employeurs qui aiment avoir des gars comme nous sur les chantiers. On a appris à connaître notre rôle. Dans mon travail (électricien), je ne suis pas un numéro un mais un excellent numéro deux et un bon travaillant. J’amène une belle énergie», soutient Joël Thériault, un des batailleurs les plus craints de l’histoire du hockey québécois.

Se battre à mains nues sur une glace pour gagner sa vie n’a rien de «normal». Pour certains, c’est un choix, pour d’autres une décision imposée. Mais les qualités requises sont les mêmes pour tous.

Les histoires de Larivière, Ste-Marie, LaPlante, Thériault ainsi que Steve Bossé et Patrick Bordeleau seront présentées vendredi soir à 19 h dans le cadre du documentaire «Combats d’une vie» diffusé sur les ondes de TVA Sports.

Voyez le passage de Marc-André Perreault avec Jean-Charles Lajoie dans la vidéo ci-dessus.