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«C'est un choc» - Patrick Roy

Publié | Mis à jour

Pierre Lacroix a joué un rôle prédominant dans la carrière de Patrick Roy, des rangs juniors jusqu'à la Ligue nationale de hockey. Son décès, dimanche, a donc grandement ébranlé celui qui voyait Lacroix comme un «mentor».

Roy a appris la nouvelle peu de temps après le décès de l'homme de hockey, dimanche, par le biais du fils de ce dernier, Éric.  

«Sur l’heure du dîner, j’ai reçu un texto d’Éric pour me dire qu’il me remerciait d’avoir fait partie de sa vie et qu’il m’aimait beaucoup», a-t-il expliqué avec émotion avant de pousser un soupir lors d'une vidéoconférence, lundi.

À ce moment, Roy ne savait pas que son premier agent avait subi un arrêt cardiaque.

«Sur le moment, c’est un choc. Tu ne t’attends pas à ce type d’appel. À partir de ce moment, c’était comme irréel. C’est la première réaction que j’ai eue. Ensuite, tu te remémores des souvenirs et ce que la personne a représenté pour toi dans ta carrière à partir du moment que tu as fait sa rencontre jusqu’à aujourd’hui.»

Première rencontre  

De tous ses souvenirs, Roy garde sa première rencontre avec Lacroix en tête de liste.

«J’étais dans le junior avec les Bisons et on était dans un restaurant Saint-Hubert sur la rue Principale. Mon père nous avait fait rencontrer deux agents et j’avais adoré ma première rencontre avec Pierre. Ça avait bien connecté. Connaissant Pierre aujourd’hui, c’était un vendeur extraordinaire qui avait un charisme extraordinaire et qui te faisait sentir comme si tu faisais partie de la famille.»

Ces valeurs familiales ont d’ailleurs teinté le point de presse de Roy, lundi. Autant dans son rôle d’agent que par la suite quand il était directeur général de l’Avalanche du Colorado, Lacroix a toujours voulu créer une ambiance familiale autour de lui.

«Il m’a donné plusieurs conseils, mais ses valeurs familiales ont probablement été l’aspect que j’ai retenu le plus de lui. Il était toujours auprès de sa famille et de ses enfants et il s’est toujours assuré que tout le monde était là. Aujourd’hui, je garde le même type de relation avec mes enfants. On communique et on jase beaucoup ensemble. Pierre a été un modèle important pour moi», mentionne Roy qui a vu Lacroix pour la dernière fois en octobre 2015, après un match hors-concours de l'Avalanche à Vegas, où résidait le défunt.

Bons et moins bons moments  

Le destin des deux hommes a été lié presque du début à la fin de la carrière du «33». Le seul moment où ils ont été séparés, c’est lors de la saison 1994-1995 lorsque Lacroix a quitté son poste d’agent pour devenir le directeur général des Nordiques de Québec.

«Quand tu évolues pour le CH à un jeune âge et que tu as du succès dès le départ, tu as besoin de gens forts autour de toi et j’ai toujours eu la chance d’être bien encadré. Pierre s’assurait que je garde le cap sur ce que je voulais faire et il a été important dans mes succès. Quand il a pris la décision de devenir DG des Nordiques, il a été obligé d’ouvrir son jeu avec moi et ç’a été une décision qui m’a fait beaucoup de peine. Je perdais un allié extrêmement important», se rappelle-t-il.

Les deux hommes n’auront pas été séparés bien longtemps, toutefois. Dès la saison suivante, Lacroix, qui avait conservé son poste avec l’Avalanche après le déménagement des Nordiques, faisait son acquisition dans la fameuse transaction qui a fêté ses 25 ans récemment.

Point tournant  

Roy se souvient bien dans quel état d’esprit il était débarqué au Colorado. Il venait de quitter Montréal dans la tourmente et n’avait pas offert ses meilleures prestations à ses débuts à Denver.

«Mes premiers matchs avaient été difficiles. Je me souviens qu’après un match, j’étais sorti de l’aréna et ce n’était pas ma femme qui m’attendait, mais bien Pierre. Il m’avait dit que c’était lui qui me ramenait à la maison. On s’était assis dans l’auto et on avait eu une bonne discussion. Je lui avais dit que ce n’était pas facile pour moi d’être avec l’Avalanche et que j’avais beaucoup d’admiration pour lui et j’avais peur de le décevoir. Il m’avait alors dit d’arrêter d’avoir peur et de faire ce que j’avais à faire et que ça allait bien aller. Il a toujours eu ce côté de vouloir que tout le monde se sente bien autour de lui.»

Au final, cette balade en voiture aura plutôt bien tourné. Quelques mois plus tard, Roy menait l’Avalanche à sa première coupe Stanley grâce à une victoire en finale contre les Panthers de la Floride.

«Ça survenait six mois après la transaction avec le Canadien. Durant la saison, on niaisait souvent en disant que ce serait le fun de gagner une coupe ensemble. Finalement, ça s’était matérialisé en Floride cette année-là. Je me rappelle quand on s’est croisé après le match, on était excessivement heureux.»

Voyez l'entrevue avec Patrick Roy dans la vidéo ci-dessus.