Panthers c. Canadiens

Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Canadiens de Montréal

Gallagher: tout s'est réglé en 20 minutes!

Gallagher: tout s'est réglé en 20 minutes!

Louis Jean

Publié 14 octobre
Mis à jour 14 octobre

En l’espace de 24 heures, les Canadiens de Montréal et le clan de Brendan Gallagher sont passés d’une impasse contractuelle à une prolongation de contrat de six ans et 39 millions $. Comment est-ce possible? 

D’abord et avant tout, il y a probablement eu un manque de communication. Selon ce qu’on m’a raconté, les deux parties n'ont jamais clairement établi les paramètres de négociations. Ce n’est la faute à personne, c’est un peu beaucoup lié au contexte.   

Normalement, entre la fin de la saison, les séries éliminatoires, le repêchage et le marché des joueurs autonomes, il y a plusieurs semaines pour parler et échanger. Dans ce cas-ci, tout s’est fait en l’espace de 10 jours. En même temps, il y avait le repêchage, le marché des joueurs autonomes, des discussions avec les Blue Jackets dans le dossier Domi-Anderson et un contexte financier qui faisait en sorte que plusieurs équipes cherchaient à apporter des changements ou à carrément se départir de joueurs

La situation était très inhabituelle pour toutes les parties impliquées. Si les discussions ont déraillé, c'est qu'elles n'ont jamais vraiment été sur les rails au départ.

Une discussion franche, tenue mardi soir entre Marc Bergevin et Gerry Johansson, l’agent de Gallagher, a finalement replacé les choses. En même temps, l’impasse a probablement créé le sentiment d’urgence nécessaire pour passer aux choses sérieuses. Selon une source près du dossier, le tout s’est réglé en environ... 20 minutes (!) mercredi après-midi. 

Plus tôt dans la journée, à travers la LNH, on avançait que Gallagher serait un joueur convoité sur le marché des échanges. Et c’est tout à fait vrai. Un joueur de sa trempe est rare, très rare. Il faut regarder au-delà des statistiques dans le cas de Gallagher. Un entraîneur dans la LNH me demandait mercredi qui je prendrais entre Josh Anderson et Brendan Gallagher. Heureusement, il n'y aura pas un choix à faire ici.

Gallagher, c’est un leader. C’est la bougie d’allumage. C’est le cœur de lion. C’est le joueur qui joue malgré une fracture à la mâchoire. Il a une valeur inestimable. Il force ses coéquipiers à se battre et tout donner, présence après présence, match après match. Au cours des dernières années, les Canadiens ont complètement changé la culture de l’équipe. Gallagher a été et continue d’être l’un de ceux qui perpétue cette culture. Tout cela est sur le point de rapporter. Il aurait été dommage de laisser partir Gallagher à ce stade si crucial. En fait, ç’aurait été un non-sens.  

Ça me rappelle une discussion que j’ai eue avec Pierre Gervais, le gérant de l’équipement du Tricolore, pendant la pandémie. En 31 ans de service, Gervais a tout vu. Voici ce qu’il m’a répondu lorsque je lui ai posé la question «qui t’impressionne le plus sur le banc?» 

«Brendan Gallagher. Son désir de vaincre, son désir de gagner, son désir de ne pas laisser un pouce à l’ennemi. Il est inspirant, il est tough. Ça n’a pas de sens comme il est tough sur son corps. Il est endurant. C’est un des tops que j’ai vu pour jouer malgré les blessures et la douleur. Guy Carbonneau aussi était dur sur son corps.» 

Tout cela, Marc Bergevin le savait. Jamais il n’a songé à une formation SANS Gallagher. Au contraire, il voulait donner à Gallagher davantage de raisons et de munitions pour se battre. Le numéro 11 fait partie intégrante de cette métamorphose amorcée il y a quelques années. Il a, à sa façon, une importance aussi grande que Carey Price et Shea Weber.

Est-ce que le prix payé est un peu plus cher que je m’y attendais? Tout à fait. Je croyais que dans le contexte actuel de restrictions budgétaires, six fois 6 millions $ aurait été suffisant. On a clairement utilisé le contrat de Chris Kreider comme point d’ancrage.  

En peu de temps, le CH a apporté beaucoup de changements à sa formation. Mais tout cela aurait été vain sans la stabilité, sans l’un des leaders qui se démenait alors que l’équipe n’était pas de taille. Les 30 autres organisations regardent avec attention ce qui se passe à Montréal. Le Tricolore sera à prendre au sérieux. Heureusement, Gallagher sera là pour donner l’exemple pendant plusieurs saisons.