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Bagarres dans la LHJMQ : la ministre Charest durcit le ton

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La récente décision des gouverneurs de la LHJMQ d’opter pour le statu quo vis-à-vis de la possibilité de punir plus sévèrement les bagarres a passablement irrité la ministre déléguée à l’Éducation et responsable du loisir et du sport, Isabelle Charest.

Des 12 gouverneurs des équipes québécoises de la LHJMQ, quatre ont voté contre un durcissement des sanctions en cas de bagarre. Au final, la ligue n’a pu obtenir la majorité nécessaire pour procéder à des changements. Mme Charest a donc réagi en envoyant une lettre aux 12 gouverneurs québécois afin de provoquer un vote unanime de leur part en faveur de ce durcissement. Et pour les convaincre, elle a fait parler l’argent.

«J'ai voulu réitérer l'importance de la sécurité des athlètes pour moi et à quel point c'est un dossier prioritaire», a expliqué la ministre, vendredi, à l’émission «JiC».

Déjà, elle avait été déçue de constater le report de ce vote, en février dernier. Et elle l’avait fait savoir à la ligue.

«Cet été, on a aussi eu des discussions, évidemment en situation de pandémie, on a parlé de comment on pourrait aider la ligue à persister à travers la pandémie et j'ai réitéré, pour des fins de discussion, l'importance que les changements de règlement pouvaient avoir dans la continuité des choses», a-t-elle raconté.

Mais rien n’a bougé. Alors elle a durci le ton.

«D'habitude, je préconise la méthode douce et je ne voulais pas rattacher le financement à des modifications parce que j'avais bon espoir que la ligue ferait, par elle-même, ces modifications, mais maintenant, on a vu le résultat du vote et j'ai été extrêmement déçue de voir qu'ils n'avaient pas, par eux-mêmes, décidé d'aller dans le sens des priorités du gouvernement», a indiqué Mme Charest.

«J'ai fait savoir que pour moi, ce n'était pas acceptable et qu'il fallait retourner à la planche à dessin.»

«Je ne ferai pas de cachette: évidemment, il y a un levier financier et c'est ce qui fait en sorte que j'ai un peu plus d'emprise sur les changements, a-t-elle admis. Je ne voulais pas utiliser un levier financier pour que les choses évoluent, maintenant on a bien constaté que ça n'évoluait pas, alors j'utilise ce levier-là.»

La ministre a également souligné que cette aide financière du gouvernement, elle est tout de même considérable dans le contexte actuel.

«Je pense que le message a été bien entendu, a-t-elle ajouté. Mais je trouve ça décevant que ça prenne un levier financier pour faire en sorte qu'on évolue. Et ça ne me démontre pas énormément de bonne foi. L'expression "money talks", je la comprends maintenant. Pour moi, la priorité, ce sont les jeunes joueurs, la santé des joueurs. On sait à quel point ça a des conséquences néfastes.»

La proposition discutée jeudi dans le cadre de l’Assemblée des membres de la LHJMQ, visait entre autres à ajouter à la pénalité majeure de cinq minutes déjà prévue dans le livre des règlements, un dix minutes d’inconduite supplémentaire, ce qui aurait fait en sorte que chaque joueur qui jette les gants aurait dû passer 15 minutes au cachot, plutôt que cinq.

L’entraîneur des Remparts, Patrick Roy, s’était dit déçu de ce statu quo, tout comme le président de l’équipe, Jacques Tanguay.

Voyez l’entrevue complète dans la vidéo ci-dessus.