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Canadiens de Montréal

Repêchage 2020: «Être Trevor Timmins, je n'hésiterais pas...»

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Deviner le choix des Canadiens de Montréal au premier tour n’est pas un exercice simple. À l’approche du repêchage, pratiquement tout le monde cache son jeu. 

Pourtant, au mois de juin, le directeur du personnel des joueurs du CH, Martin Lapointe, a fait un aveu surprenant à Louis Jean. Le journaliste de TVA Sports était curieux de savoir si un espoir en particulier avait laissé une forte impression lors des entrevues virtuelles, tout en précisant qu’il n’était pas nécessaire de le nommer.   

«Le petit [Dawson] Mercer nous a vraiment impressionné, a confié Lapointe. Tu vois que le petit gars a du caractère. À l’inverse, il y en a d’autres pour qui il manque un petit quelque chose.»

Le directeur général des Voltigeurs de Drummondville, Philippe Boucher, n’est pas surpris le moins du monde lorsqu’il est mis au fait de ces propos. 

«Quand les dépisteurs de la Ligue nationale le rencontrent, ils disent souvent que c’est l’une des meilleures entrevues qu’ils ont vue. Souvent, c’est Dawson qui mène l’entrevue ou c’est lui qui s’intéresse aux gens», a-t-il raconté lors d’une entretien téléphonique avec le TVASports.ca. 

Avant de l’échanger aux Saguenéens de Chicoutimi, Boucher a vu le joueur de centre sonner la charge pour son équipe. En 26 rencontres avec les Voltigeurs la saison dernière, Mercer a récolté 42 points, dont 18 buts. On parle d'une production de 106 points lorsqu'étalée sur 68 matchs.

«J’ai toujours pensé que c’était un potentiel top 10», a affirmé Boucher. 

Pourrait-il vraiment être disponible pour le CH au 16e rang? C’est la question qui tue. L’homme de hockey n’y croit pas trop. On parle après tout d’un joueur qui a évolué avec Équipe Canada junior à 17 ans... 

«Au 16e échelon?! Euh, je leur souhaite (rires). Être Trevor Timmins, je n’hésiterais pas, mais bon, les Canadiens connaissent mieux le bassin de joueurs que moi.»

Aux yeux du directeur général des Voltigeurs, il ne fait pas de doute que Mercer est le meilleur espoir de la Ligue de hockey junior majeur du Québec lorsqu’on enlève Alexis Lafrenière de l’équation.

Du Bergeron dans le nez          

Quelques secondes suffisent pour que l’on comprenne comment Mercer a charmé la direction du Tricolore. 

Véritable verbo-moteur, le natif de Terre-Neuve s’efforce d’offrir des réponses songées à chacune des questions qui lui sont adressées, aussi pointues soient-elles.  

«Je suis assez détendu lorsque je suis en entrevue, a expliqué Mercer à l’auteur de ces lignes. Je suis à l’aise lorsque je parle aux membres de l’organisation. Je veux qu’ils me fassent confiance et ils veulent que je leur accorde ma confiance également. Donc, je leur parle comme s’ils étaient des personnes normales. C’est la meilleure façon de leur montrer ma personnalité.»

À l’extérieur de la glace, Mercer montre une attitude exemplaire et une maturité qui trahit ses 18 ans. Sur la patinoire, il est un joueur polyvalent qui aime s’acquitter de tous les types de responsabilités. 

«Je veux jouer sur les unités spéciales et m’occuper des mises au jeu en zone défensive, a affirmé le jeune homme. Je veux être un leader sur la glace et à l’extérieur. C’est important de développer cette qualité. Je suis content de l’avoir et d’être un bon joueur d’équipe.» 

Parfois, il s’agit de s’inspirer des meilleurs... 

«Mon joueur favori quand j’étais jeune était Patrice Bergeron, a révélé Mercer. Il parle français, donc les Québécois vont aimer lire ça (rires). C’est le seul joueur de la LNH dont j’ai le chandail.» 

«C’est à Bergeron que je le compare, a d’ailleurs fait savoir son ancien directeur général Philippe Boucher. C’est un gars qui peut jouer dans toutes les situations, tant offensives que défensives, et c’est aussi une personne extraordinaire.» 

«Je ne sais pas quel est son plafond»         

Deviendra-t-il un simple joueur de troisième trio? C’est une crainte qui revient souvent lorsque vient le temps de repêcher le fameux espoir qui excelle dans les deux sens de la patinoire. 

Le potentiel offensif de Mercer n’en demeure pas moins intéressant. 

«Il a des mains quand même exceptionnelles, a noté Boucher. Par-dessus tout, c’est son sens du hockey qui le définit. Son plafond, on ne sait pas il est où. Je l’ai vu jouer beaucoup, je le connais bien, mais j’ai de la misère à déterminer jusqu’où son potentiel peut l’amener.» 

«Je dirais que je suis un attaquant complet qui a aussi beaucoup de talent offensif : maniement de rondelle, habileté à marquer des buts, talents de passeur, a énuméré Mercer. J’ai une vision du jeu et un QI élevés, donc je peux voir les jeux avant qu’ils ne surviennent.»

Mercer possède par ailleurs une qualité précise que l’on retrouve chez plusieurs attaquants dynamiques du circuit Bettman : une facilité déconcertante pour contrôler la rondelle dans les zones restreintes. 

Le secret du volubile athlète est d’essayer de reproduire la vitesse des rencontres lors des entraînements. 

«Même quand je m’exerce en solo, j’essaie de faire semblant qu’il y a de la pression sur moi, a illustré Mercer. C’est de cette façon que je peaufine beaucoup de détails dans mon jeu. Je tente d’incorporer différentes habiletés dans mes exercices : je patine sur la patte arrière, je fais des manœuvres en plein mouvement, etc. Et quand je me retrouve dans une situation qui arrive rarement durant un match, je suis prêt et je suis capable de bouger efficacement. J’aime jouer quand j’ai du temps, mais j’aime aussi jouer quand je n’en ai pas.»

Bientôt dans la LNH?       

Les camps d’entraînement se sont mis en branle dimanche dans la LHJMQ, et Mercer trépigne d’impatience à l’idée d’amorcer la prochaine saison. 

Comme le repêchage n’a pas encore eu lieu, il détient une chance inespérée de faire grimper sa cote auprès des recruteurs. Comme il l’avait fait l’été dernier, Mercer est retourné dans son patelin, à Carbonear, durant la saison morte. Il a mis les bouchées doubles sur la patinoire avec son jeune frère de 16 ans, Riley, un gardien de but. 

«Mon frère est au camp d’entraînement des Voltigeurs. Pendant l’été, je prenais part à ses séances sur la glace trois fois par semaine, a souligné l’attaquant. J’ai donc pu travailler beaucoup sur mon lancer. J’ai une autre chance de montrer le progrès que j’ai effectué lors de la période estivale.» 

Mercer n’a cessé de progresser depuis son arrivée dans la LHJMQ à l’âge de 15 ans, signe qu’il ne lésine pas sur les efforts à l’entraînement. Comme son jeu est très complet et qu’il affiche beaucoup de maturité, il pourrait débarquer dans la LNH plus tôt que tard. 

«Je ne serais pas surpris qu’il ait le talent pour jouer rapidement dans la Ligue nationale, a souligné Boucher. Il a tous les attributs nécessaires pour jouer tôt dans le circuit.»

«Je veux franchir un autre niveau chaque année, a mentionné le principal intéressé. Si je continue de progresser comme je l’ai fait chaque année dans la LHJMQ, je pourrai aider l’équipe qui me sélectionnera le plus rapidement possible. Quand le repêchage aura lieu et que je découvrirai mon équipe, je suis sûr qu’on aura beaucoup de discussions pour déterminer quelle sera la meilleure décision pour moi.» 

Pour le CH, encore faut-il que Mercer glisse au 16e rang...