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Voici pourquoi on ne teste plus les armes nucléaires (même si c'est ce que veut Trump)

Donald Trump et Vladimir Poutine
Donald Trump et Vladimir Poutine Photo d'archives AFP
Photo portrait de Gabriel  Ouimet

Gabriel Ouimet

2025-10-30T19:56:57Z

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Donald Trump a ordonné à son département de la Guerre de reprendre les essais d’armes nucléaires, qui avaient été interrompus il y a près de trois décennies. Sauf que ces tests ont été suspendus pour de bonnes raisons: ils sont devenus à peu près inutiles, en plus d’être dangereux. On revient sur l’histoire des essais nucléaires dans le monde, mais aussi sur la pire catastrophe nucléaire de l’histoire américaine.

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«En raison des programmes d'essais menés par d'autres pays, j'ai demandé au département de la Guerre de commencer à tester nos armes nucléaires sur un pied d'égalité. Ce processus commencera immédiatement», a déclaré Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Un peu plus tard, le président américain a fait référence à la Chine, mais aussi — et surtout — à la Russie, qui a présenté le week-end dernier le missile nucléaire à longue portée Bourevestink, le nouveau joyau de son armée.

À la suite de l’annonce de Donald Trump, Vladimir Poutine a démenti avoir procédé à des essais nucléaires, précisant que sa nouvelle arme était propulsée par un système fonctionnant à l’énergie nucléaire, mais qu’aucune détonation nucléaire n’avait eu lieu dans le cadre du programme de développement du missile.

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Le président américain, de son côté, n’a pas encore précisé la nature des tests qu’il compte effectuer.

Washington est toutefois signataire du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) depuis 1996. Les États-Unis violeraient donc cette entente s’ils procédaient à de nouvelles détonations atomiques, comme semble le souhaiter le locataire de la Maison-Blanche.

2000 essais nucléaires en 80 ans

Les États-Unis ont lancé l'ère nucléaire le 16 juillet 1945 en faisant exploser une bombe atomique baptisée «Trinity» au Nouveau-Mexique.

L’Union soviétique a emboité le pas quatre ans plus tard, au mois d’août 1949.

Jusqu’en 1998, plus de 2000 essais ont été menés dans le monde, dont près de la moitié (1032) par les Américains. L’Union soviétique (715) et la France (210) sont les deux autres nations ayant été les plus actives en matière d’essais nucléaires.

À l’époque, la technologie nucléaire était méconnue. Les tests servaient ainsi à mieux comprendre les caractéristiques des explosions, notamment la taille de la zone touchée et les conséquences potentielles sur la santé humaine et l’environnement.

Les problèmes rencontrés lors de ces tests ont incité de nombreux pays à convenir d'un moratoire au début des années 1960.

La plupart des nations détenant des armes nucléaires ont ensuite complètement cessé de les tester dans les années 1990, car les effets des explosions pouvaient être déterminés à l’aide d’ordinateurs.

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Aucun pays, à l’exception de la Corée du Nord au début des années 2000, n’a testé d’arme nucléaire depuis 1998, selon l’ONU.

La catastrophe des îles Marshall

En mars 1954, les États-Unis ont testé la première bombe à hydrogène sur le territoire des îles Marshall, dans le Pacifique.

La puissance de l’explosion a atteint 15 mégatonnes, l’équivalent de 1000 fois celle de la bombe qui a détruit Hiroshima pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Ce test est aujourd’hui reconnu comme la pire catastrophe de l'histoire des essais nucléaires américains.

Des civils locaux, les militaires américains présents et les membres d’un bateau de pêche japonais amarré à proximité ont été contaminés par les retombées radioactives de l’explosion.

Cet incident — et les dizaines d’essais nucléaires menés par les États-Unis dans l’archipel — a aussi contribué à faire des îles Marshall une des zones les plus contaminées au monde.

Certaines parties des îles contiennent d’ailleurs plus de radiations que les terres contaminées par la catastrophe de Tchernobyl et Fukushima, révèle une étude publiée en 2019 par des chercheurs de l'Université Columbia.

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