Voici 3 choses que vous ignorez (surement) des bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki


Gabriel Ouimet
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Le matin du 6 août 1945, les États-Unis larguent une bombe atomique sur la ville japonaise d’Hiroshima, tuant près de 140 000 personnes. La ville de Nagasaki subit le même sort, trois jours plus tard. Quatre-vingts ans plus tard, on revient sur trois éléments méconnus de ces tragédies qui ont changé le cours de l’histoire.
1- Hiroshima, une cible idéale pour la propagande américaine
Les scientifiques et les militaires du projet Manhattan, qui ont mis sur pied le programme nucléaire américain, avaient une question en tête au moment de définir la première cible japonaise de l’été 1945: quelle ville pourrait le mieux illustrer la puissance destructrice de la bombe atomique?
La ville devait d’abord avoir une importance sentimentale afin que sa destruction mine le moral du peuple japonais. Elle devait aussi accueillir des installations militaires, en plus d'être intacte et suffisamment grande pour justifier l’usage d’une arme de ce calibre.

Les villes de Kyoto, de Yokohama et de Kokura ont toutes été considérées.
C’est finalement Hiroshima qui a été retenue en raison de son attrait géographique:
- La ville de 318 000 habitants avait été épargnée par la guerre grâce à sa rivière qui réduisait le potentiel de destruction incendiaire des bombes conventionnelles utilisées par l’armée américaine.
- Les collines autour d’Hiroshima risquaient de «produire un effet de concentration qui augmenterait considérablement les dégâts causés par l’explosion», argumentait à l’époque Joyce C. Stearns, un scientifique de l'armée de l'air dont les propos ont été repris par The Atlantic.
2- Les États-Unis ont fortement censuré les symptômes de la radiation
Les responsables américains n’ont pas hésité à vanter publiquement les puissants effets explosifs des bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki. Ils ont cependant déployé d’importants efforts pour cacher les effets inquiétants de la radiation dans les jours qui ont suivi les bombardements.
L'armée américaine a censuré les journaux et les médecins qui tentaient de s’exprimer publiquement sur les symptômes mystérieux qu’ils observaient chez les mourants et certains survivants.
Before noon on August 10, 1945, a mother and her son receive a boiled rice ball from an emergency relief party, around I'binoguchi, Nagasaki (one thousand and two hundred meters south-southeast of Ground Zero, Nagasaki), 10 August 1945, by Yōsuke Yamahata pic.twitter.com/s1PlYvHb4i
— Historic Women Daily (@historicwomens) May 3, 2023
Un mois après la fin de la guerre, alors que des récits horribles circulaient malgré tout dans la société japonaise, Washington a aussi interdit au Japon les critiques publiques contre ses bombardements, en plus de nier les effets secondaires de la radiation sur la population locale.
Des actions similaires ont été mises sur pied aux États-Unis pour éviter que la population américaine ne s’oppose à l’utilisation de telles bombes dans le futur.
3- Une partie de football organisé dans les décombres de Nagasaki
Le 9 août 1945, soit trois jours après Hiroshima, la ville de Nagasaki a été le théâtre d’un bombardement atomique qui a tué 75 000 personnes.
Moins de cinq mois plus tard, l’armée américaine organisait un événement sportif surréaliste dans les décombres de la ville: une partie de football américain opposant des soldats et des joueurs étoiles originaires des États-Unis.
L’événement, baptisé le «Atomic Bowl» (Coupe Atomique), s’est tenu sur un terrain aménagé devant une école où avaient péri 162 élèves et 13 enseignants.
In 1946, an American football game called the "Atomic Bowl" took place in Nagasaki, Japan, in the ruins of perhaps one of the most tragic events in human history.
— Bulletin of the Atomic Scientists (@BulletinAtomic) July 14, 2025
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Washington y voyait un moyen de normaliser l’occupation du territoire par les troupes américaines et d’impressionner les habitants de la ville grâce aux prouesses des sportifs américains.
Le «Atomic Bowl» a fait l'objet d'une couverture médiatique pendant quelques jours aux États-Unis et au Japon, mais a rapidement été oublié.
La majorité des victimes du bombardement de Nagasaki étaient des femmes, des enfants et des personnes âgées, ainsi que des travailleurs étrangers qui avaient été capturés et envoyés au Japon pour travailler dans des usines d'armement.
Hiroshima et Nagasaki: un résumé éclair
Le bombardement atomique d’Hiroshima a marqué la première utilisation d’une arme nucléaire en temps de guerre. La bombe, surnommée Little Boy, a instatanément tué 70 000 personnes. Environ autant de victimes sont ensuite mortes des effets de la radiation. La ville de Nagasaki a subi le même sort, trois jours plus tard. Ce sont ces attaques nucléaires qui ont poussé le Japon à capituler le 16 août 1945, marquant la fin de la Deuxième Guerre mondiale.