Le «Tchernobyl volant», le nouveau missile nucléaire de Vladimir Poutine


Gabriel Ouimet
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Vladimir Poutine a présenté ce week-end le nouveau «joyau» de l’armée russe: le missile nucléaire à longue portée Bourevestnik. Voici ce que l’on sait de cette arme surnommée «Tchernobyl volant».
Lors de son dernier essai, le 21 octobre, le nouveau missile aurait parcouru plus de 14 000 km en 15 heures de vol, a affirmé dimanche le chef d'état-major de l'armée russe, le général Valeri Guerassimov.
Le missile de 12 mètres de long aurait effectué toutes les manœuvres horizontales et verticales prévues, ce qui prouverait sa capacité à contourner les défenses aériennes et antimissiles occidentales, selon le militaire.
«Les caractéristiques techniques du Bourevestnik permettent de l’utiliser avec une précision garantie contre des sites hautement protégés à n’importe quelle distance», a-t-il avancé.
Une arme unique, assure Poutine
«C'est une création unique que personne d'autre au monde ne possède» s’est quant à lui félicité Vladimir Poutine, lundi.
Il a précisé que le missile a «une portée illimitée» qui pourrait lui permettre d’atteindre une cible n’importe où dans le monde.
Fidel à la rhétorique nucléaire qu’il emploie depuis le début de la guerre en Ukraine, le président russe a ordonné de «préparer les infrastructures pour mettre en service cet armement dans les forces armées».
Cette annonce survient alors que les négociations pour trouver une solution à la guerre en Ukraine sont au point mort. Rappelons qu’une rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump a été annulée, la semaine dernière.
Lundi, le président russe a aussi annoncé la signature d’une loi mettant fin à un accord datant de la guerre froide visant à empêcher la Russie et les États-Unis de fabriquer davantage d’armes nucléaires.
Dangereux et difficile à contrôler, selon les Occidentaux
Des experts militaires occidentaux mettent en doute les capacités du Bourevestnik depuis que Vladimir Poutine en a parlé pour la première fois, en 2018.
Dans un rapport publié en 2021, l'Institut international d'études stratégiques a indiqué que le système de propulsion nucléaire du missile était complexe et qu’il devait constamment être refroidi, ce qui voudrait dire qu’il ne peut pas voler indéfiniment. La lenteur du missile, qui n'atteint pas la vitesse du son, le rendrait également vulnérable aux systèmes de détections occidentaux.
L'air rejeté par le système de propulsion du missile serait radioactif, ce qui pourrait avoir de graves conséquences environnementales, ont averti des experts.
Les analystes ont également souligné qu’un moteur fonctionnant à l'énergie nucléaire pourrait s’avérer très peu fiable, rendant le missile difficile à contrôler. Le Bourevestnik aurait d'ailleurs échoué à plusieurs tests dans les dernières années.
À l'origine d'un accident nucléaire?
En 2019, au moins cinq spécialistes nucléaires russes et deux miliaires ont été tués dans une explosion et un rejet de radiations lors d'une expérience militaire dans la mer Blanche.
L’accident avait provoqué une brève augmentation de la radioactivité dans les villes voisines.
Même si la Russie n’a jamais identifié l’arme à l’origine de la catastrophe, les services de renseignement américains ont déclaré qu’il s’agissait bel et bien du Bourevestnik.
En novembre de la même année, Vladimir Poutine avait d’ailleurs déclaré que les victimes de l’accident travaillaient sur une arme «sans précédent», alors qu’il remettait des décorations militaires aux familles des disparus.