Voici comment rendre son sous-sol résistant et résilient aux inondations


Simon Dessureault
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Il vaut mieux ne pas mettre de revêtement de sol dans son sous-sol si on veut un aménagement résilient et résistant aux dégâts d’eau, selon Marco Lasalle, directeur du service technique de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ).
M. Lasalle préconise plutôt le béton (de la dalle) comme matériau qui a avantage à être mis en valeur dans les sous-sols.
« D’ailleurs, les condos neufs les plus luxueux sont maintenant livrés avec des planchers en béton apparent, affirme-t-il. Alors, pourquoi les cacher dans nos sous-sols ? »

Un scellant
Les surfaces en béton ont donc plusieurs possibilités de finis, allant du plus dispendieux au plus abordable.
« À la base, une dalle de béton est résistante, mais dégage trop de poussière pour être dans un endroit de vie, explique M. Lasalle. Le principe est d’y appliquer un scellant, c’est super facile à laver et ça ne forme pas de poussière. »
Appliquer un scellant sur une dalle existante coûte de 1 $ à 3 $ le pied carré.
L’époxy
On peut aussi appliquer une finition d’époxy. « Même résistance, même facilité à nettoyer sauf qu’il offre une quantité de couleurs et textures », dit M. Lasalle. Une finition à l’époxy coûte de 5 $ à 15 $ le pied carré.
Roger Vigneault, directeur des opérations pour Qualinet, affirme aussi de son côté que le plancher en époxy est résistant à l’eau. « Il y a aussi le plancher vinyle clic, mais il nécessite le retrait, la décontamination et la réinstallation si un sinistre survient. »
Diamant
La finition la plus spectaculaire et la plus coûteuse est la finition au diamant. Elle consiste à raboter la surface supérieure du béton, sans granulat, jusqu’à exposition de celle-ci. « Lorsque le granulat incorporé dans le mélange de béton est constitué de pierres de rivière, l’effet est encore plus majestueux », affirme M. Lasalle. Une finition au diamant coûte jusqu’à 25 $ le pied carré.
La structure
Il faut aussi utiliser le métal avant le bois au niveau structural pour limiter l’absorption d’eau, selon M. Vigneault de Qualinet. « Car le bois nécessite la décontamination par la suite », justifie-t-il.
Et en ce qui concerne l’isolation, il faut utiliser l’uréthane plutôt que la laine isolante. « Il faut prioriser l’utilisation de tout autre matériau que les matériaux poreux », ajoute M. Vigneault.

La sump pump
Marie Josée Tremblay, gestionnaire de catégorie, chauffage, pompe, ventilation et chauffe-eau pour RONA, affirme--- qu’une pompe de puisard (sump pump) pourrait être l’investissement le plus important et le plus précieux dans votre maison.
« Elle peut sauver votre sous-sol, mais il est important de choisir une pompe dont la puissance correspond à vos besoins », mentionne Mme Tremblay. « Une pompe trop faible ne sera pas capable de soulever la quantité d’eau nécessaire ou de la transporter sur la distance souhaitée », explique Mme Tremblay, ajoutant qu’une pompe trop puissante consommera plus d’énergie, et sera plus dispendieuse.
1/3 chevaux-vapeur
Les pompes submersibles sont cotées selon leur puissance en chevaux-vapeur (CV).
« Généralement, une pompe de puisard de 1/3 CV suffit pour une maison de taille moyenne située dans une région où la nappe phréatique est normale », dit Mme Tremblay.
« Si la nappe phréatique est supérieure à la moyenne, que la source d’eau est plus profonde et que la distance de pompage est plus longue, une pompe plus puissante (1/2 CV) sera nécessaire », conseille Mme Tremblay.
Dans les zones inondables, le choix le plus sûr pour la spécialiste est une pompe de puisard de 3/4 CV, ou 1 CV.
Batterie de secours
Il faut également considérer qu’il est fréquent que le réseau de distribution électrique public soit en panne lors de grandes tempêtes de pluies, rappelle pour sa part Marco Lasalle.
« Il est sage d’avoir une batterie de secours capable de faire fonctionner la pompe d’assèchement dans de telles circonstances », conseille M. Lasalle. La batterie de secours est plus abordable et surtout plus fiable qu’une génératrice pour la pompe d’assèchement. »
Il faut aussi s’assurer que la pompe a un exutoire si le réseau d’égout municipal est saturé et que le bassin doit être vidé. « L’installation d’une voie de dérivation by-pass qui déverse directement à l’extérieur est un élément qui a cruellement manqué à plusieurs sinistrés lors du passage de Debby », a mentionné M. Lasalle.
Quelques modèles de pompes




Que faire avant une inondation
- Rangez en hauteur ou montez à l’étage les objets qui se trouvent au sous-sol.
- Bloquez les conduites d’égouts du sous-sol s’il n’y a pas de clapet antirefoulement.
- Bouchez le drain au sous-sol.
- Installez des sacs de sable devant chaque entrée si c’est conseillé par la municipalité.