VIDÉO | «J’aime pas être moi-même quand je joue»: David Savard hérite d’un personnage torturé et en crise d’identité de genre dans «Indéfendable»

Guillaume Picard
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David Savard campe un homme en crise d’identité de genre dans Indéfendable. Son personnage, l’homme à tout faire Paul Beaulac, qui est profondément mal dans sa peau, est soupçonné d’être un tueur en série qui dépèce des homosexuels pour ensuite dissimuler leurs restes dans les jardins de sa clientèle.
Beaulac a couché avec Élie Lajoie, un homme introuvable dont on vient de retrouver une main. L’équipe médico-légale a ensuite découvert des traces du sang de la victime sur la scie qui aurait servi à la découper, et les empreintes de Beaulac ont été relevées sur l’outil.

L’accusé, qui est obsédé par des images de sa personne dans la peau d’une femme, continue de clamer son innocence malgré les preuves qui s’accumulent.
Voilà un rôle à la hauteur du talent de David Savard.
« J’aime prendre des risques. J’aime pas être moi-même quand je joue », a dit le comédien à propos de ce nouveau défi.
Dans l’épisode de mardi, les sergents-détectives Chevrier (Sylvio Archambault) et Parent (Ted Pluviose) désarçonnent Beaulac en lui parlant d’une potentielle deuxième victime, Sam Lachapelle, avec qui il reconnaît avoir eu une aventure d’un soir.

Cela ressemble de plus en plus à un modus operandi : rencontrer un homme, qui disparaît ensuite sans laisser de trace.
Combien d’autres bouts de victimes seront déterrés ?
Cette histoire, comme on le soulignait, est inspirée en partie de la sombre affaire Bruce McArthur, un tueur en série qui a fait huit victimes au sein de la communauté gaie de Toronto, de 2010 à 2018. Nous vous en parlions dans cet article.
La femme en lui

Paul Beaulac revêt des robes ou fantasme qu’il le fait, ce qui semble beaucoup plus qu’un jeu. C’est même une facette intrinsèque de sa personne, ce qui, sur papier, donnait beaucoup de jus à David Savard, qui dit « n’avoir pas hésité une seconde » quand on l’a convié à défendre ce personnage. On le verra dans les prochains épisodes, Beaulac est déchiré une fois qu’il est maquillé dans des scènes avec Jean-François Guevremont, alias Rita Baga.
« Comme Paul regorge de secrets et qu’il n’est pas bien dans sa peau, c’est sûr que j’ai tout de suite voulu le jouer. Dès que j’ai accès à un rôle qui est plus torturé ou différent, je plonge. Paul est encore plus un personnage quand il est un homme », a dit celui qu’on verra cet automne, sur Crave, dans la comédie noire Bonne nuit Chuck.

Fort de ses 32 ans de carrière, David Savard souhaite plus que jamais élargir son terrain de jeu et prendre des risques.
« En 2026, j’ai décidé que j’allais instiguer des affaires, proposer des trucs ou dire au monde ce que j’aimerais faire. J’ai des projets dont je ne peux pas parler, qui vont peut-être se faire. Je me dis : “Fais-toi confiance et propose !” », a souligné le père de Milan, 21 ans, et de Ludovic, 17 ans.
Un honneur de jouer un personnage marquant de Marc Messier

David Savard est aussi en vedette depuis l’été dernier dans le spectacle Les Boys, dans lequel il campe Bob, le rôle défendu par Marc Messier dans la franchise de films à succès et la série télé en ayant découlé.
« C’est malade la complicité avec le public. Des gens disent certaines de mes répliques avant moi, comme “la dureté du mental”. Ça fait des drôles de moments sur scène. Je prends une petite pause puis le monde rit, je n’en reviens juste pas chaque fois. Ce sont leurs Boys, le Québec s’est épris de cette gang-là », a dit David Savard, qui célébrera son 54e anniversaire de naissance sur scène, le 5 mars, à l’occasion de la première montréalaise au Théâtre St-Denis.
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