À l'Université Clarkson, du hockey au milieu du bois
Deux programmes de hockey en première division de la NCAA


Dave Lévesque
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POTSDAM, NY | La ville de Potsdam est une petite bourgade d’environ 15 000 habitants dont la population augmente de 8000 personnes à la fin de l’été.
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C’est qu’on y retrouve une université d’État (SUNY Potsdam) et l’Université Clarkson.
Pour se rendre à Potsdam, il faut rouler sur la 401 en direction de Toronto et quitter l’autoroute à Cornwall. On franchit alors le Saint-Laurent sur un immense pont et on se retrouve sur des routes de campagne pendant quelques dizaines de kilomètres.
On ne s’imagine pas alors qu’on va déboucher sur une université dont le programme de génie est réputé et dont les équipes de hockey masculine et féminine font partie de la crème de la première division de la NCAA.

Au milieu de nulle part
«On ne penserait pas trouver ça dans le bois comme ça», blague d’ailleurs Jean-François Houle pendant qu’il nous fait une visite guidée du joli campus situé sur une butte qui surplombe la rivière Raquette.
Comme joueur, Houle est arrivé à temps pour découvrir le Cheel Arena, un complexe sportif essentiellement dédié au hockey inauguré au début des années 1990 qui comprend un aréna de 3000 sièges.

Il nous fait faire le tour des installations, où l’on trouve une grande salle vidéo, une salle de détente pour les joueurs avec une table de ping-pong et d’immenses sofas, un vestiaire qui n’a rien à envier à celui du Canadien, une salle de physiothérapie munie de deux bains à remous et un impressionnant gymnase à l’usage exclusif des deux équipes de hockey, les deux seules formations de l’université à évoluer en première division. L’université est en troisième division dans une vingtaine d’autres disciplines.
«C’est différent. Ici, c’est un environnement dont les jeunes joueurs ont besoin pour devenir professionnels, surtout sur le plan physique, estime Jean-François Houle. Ils ont un bon gym, un préparateur physique tous les jours qui voit à tout, jusqu’à la nutrition.»

Fierté
Le programme masculin de Clarkson a produit 28 joueurs qui ont joué dans la Ligue nationale de hockey, dont Nico Sturm, qui porte actuellement les couleurs des Sharks de San Jose. Huit anciens des Golden Knights ont soulevé la coupe Stanley.
Vous voulez des noms d’anciens? Voici les plus connus: Jarmo Kekäläinen, Todd Marchant, Dave Taylor, Todd White, Erik Cole, Mark Borowiecki et Craig Conroy, un ancien du Canadien qui est aujourd’hui directeur général des Flames de Calgary.

«Les gens de Potsdam se rallient autour du programme de hockey, souligne la directrice des sports, Laurel Kane. Nous en sommes très fiers, et les deux programmes comprennent bien leur rôle à l’école et leur contribution au sentiment de fierté de celle-ci.»
«C’est une petite communauté, l’équipe est très importante, ajoute Jean-François Houle. La pression, tu en as partout quand tu es coach de hockey. Les anciens veulent gagner, ils veulent voir le programme dans la bonne direction. Pour eux, c’est très important.»
Plus personnel
En étant dans une petite institution, Jean-François Houle a l’impression de faire une différence dans la vie des jeunes qu’il prend sous son aile.
«J’adore développer des joueurs et les voir grandir. Le sentiment de les voir recevoir leur diplôme, c’est valorisant. J’ai l’impression de les avoir aidés, et c’est ça être un coach.
«C’est plus personnalisé parce que tu as besoin de construire une relation avec le joueur et les parents aussi, parce que tu as besoin de les convaincre de venir à l’université. Ils ont de grosses décisions à prendre.»
Et pour un homme qui semble placer la famille au centre de ses préoccupations, ce ne sont certes pas des paroles en l’air.