Une Québécoise vivra ses 17es grands Jeux à Paris 2024
Brigitte Légaré a dû mettre une croix sur le rêve de participer aux Olympiques dans la ville de Québec.


Mylène Richard
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PARIS | À défaut de se qualifier pour les Jeux olympiques en tant qu’athlète, une Québécoise a trouvé un autre moyen de se hisser au sommet du sport en décrochant un emploi avec le Comité d’organisation des Jeux de Paris 2024.
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«Je n’ai pas la fibre d’une athlète olympique, donc je ne serai jamais médaillée; je n’ai pas la shape pour être championne au 100 m ou de basket!» lance en riant Brigitte Légaré, en entrevue au Journal entre deux réunions.
«C’est l’aboutissement de 20 ans de carrière, poursuit-elle. J’ai commencé mes premiers événements au Québec en 1998, avec de la gymnastique artistique. Au fil des ans, je suis passée d’événements provinciaux, à nationaux et à internationaux.»
L’été prochain, Mme Légaré en sera à 17es grands jeux, incluant les Olympiques, les Paralympiques, les Panaméricains et Parapanaméricains. Elle a déjà été recherchiste pour la télévision, attachée de presse pour la délégation canadienne avant de passer du côté organisationnel.
Pas question de se plaindre
Au cours de sa «carrière sportive», comme elle l’aime la qualifier, Mme Légaré a toujours voulu vivre des Jeux en français. Elle a longtemps eu l’espoir d’organiser les Olympiques à Québec, d’où elle est originaire, mais le projet est parti en fumée.
«Alors faire les Jeux à Paris, c’était la seule chance de travailler dans ma langue, même si on ne me comprend pas toujours!» blague-t-elle.
«Faire des Jeux à Paris, c’est un rêve à tous les jours. Quand je visite des sites et que je vois la tour Eiffel ou le pont Alexandre III, je ne peux pas vraiment me plaindre de ma job!»

De grandes responsabilités
Son titre officiel est senior sport cluster manager. Concrètement, la Québécoise de 49 ans est responsable de la planification et de la logistique des sports qui seront en vedette dans la zone Paris-Centre.
On parle ici de près de 25 épreuves olympiques et paralympiques qui se dérouleront entre l’hôtel de ville et la tour Eiffel.
«J’ai les 500 km de parcours de route dans sept départements et 87 communes à gérer avec mes équipes», précise Mme Légaré.
«Pour faire ma job, j’ai besoin des spécialistes de transport qui vont amener les athlètes à temps, des experts en bouffe qui vont nourrir les athlètes, j’ai besoin que la sécurité des sites soit assurée et que les athlètes entrent dans des délais très courts pour qu’ils puissent performer et gagner des médailles d’or», explique-t-elle.
«Je nous décris comme les G.O. [gentils organisateurs dans un Club Med] des athlètes olympiques sur les sites de compétition. Et on s’assure que tout soit parfait et aux normes des fédérations internationales.»
Actuellement, une soixantaine d’employés travaillent pour Mme Légaré. Mais son équipe sera éventuellement gonflée à plus d’une centaine de salariés et 1000 bénévoles.

Confinée à Paris
La diplômée en sciences politiques de l’Université Laval s’est installée dans la capitale française en janvier 2020, juste avant que la COVID-19 ne frappe la planète. Lors du premier confinement, elle était en visite au Québec. Elle a donc travaillé à distance et pris soin de sa mère qui aura bientôt 90 ans.
«Mais le deuxième confinement, je l’ai vécu en France. Il y a pire comme ville que Paris! On pouvait se promener à 1 km de notre résidence. C’était parfait, j’avais des parcs et l’entrée du cimetière Montmartre dans mon kilomètre. J’y allais pour me promener et relaxer.»
Ses ancêtres
Depuis la fin des mesures sanitaires, Brigitte Légaré peut enfin sortir et profiter de la gastronomie parisienne et du bon vin. Elle a aussi entrepris de découvrir le pays en suivant les traces de ses descendants.
«Un de mes ancêtres Légaré était un joaillier de Louis XIV, qui habitait sur l’Île-de-la-Cité. J’ai trouvé des broches qu’il a faite à la bibliothèque François-Mitterrand. C’est vraiment cool! Malheureusement, je n’ai hérité de rien!»
Les sites sous la responsabilité de Brigitte Légaré
Stade Tour Eiffel: Volleyball de plage (JO), cécifoot (soccer 5 contre 5 pour personnes avec une déficience visuelle – Para)
Trocadéro : Cyclisme sur route et athlétisme (JO)
Pont Alexandre III: Natation, marathon, cyclisme sur route (JO) et triathlon (JO et Para)
Place de la Concorde: Planche à roulettes, BMX style libre, breaking (danse), basketball 3 contre 3 (JO)
Spectaculaire, populaire, accessible, et plus festif que jamais, voici le site olympique de la Place de la Concorde !
— Paris 2024 (@Paris2024) June 8, 2021
Lors des Jeux de #Paris2024, il accueillera les épreuves de breaking, BMX freestyle, skateboard et basketball 3x3 🛹 pic.twitter.com/Nv08kCoMuv
Esplanade des invalides: Athlétisme, cyclisme sur route (JO) et tir à l’arc (JO et Para)
Aréna Champ-de-Mars: Judo (JO et Para), lutte (JO) et rugby en fauteuil (Para)
Grand Palais: Escrime et taekwondo (JO et Para)
– Source: paris2024.org