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Six controverses à l’approche des Jeux olympiques d'été de Paris

«Le Journal» vous présente six sujets chauds à surveiller.

Photo portrait de Mylène Richard

Mylène Richard

2023-07-26T05:00:00Z

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La présentation des Jeux olympiques à Paris ne fait pas le bonheur de tous et à un an de la cérémonie d’ouverture, plusieurs citoyens ont soulevé des inquiétudes alors que le monde entier aura les yeux rivés sur la capitale française au cours des prochains mois. Le Journal vous présente six sujets chauds à surveiller.

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1 - Les athlètes russes seront-ils là?

La grande question qui est sur toutes les lèvres: les athlètes russes et bélarussiens compétitionneront-ils aux Jeux? Le Comité international olympique n’a toujours pas pris sa décision, mais il a pris soin de recommander aux fédérations sportives de réintégrer les sportifs qui n’ont pas «soutenu activement» l’invasion de l’Ukraine. Ce dernier envisagerait de boycotter Paris 2024 et d’autres pays pourraient l’imiter. 

La mairesse de Paris, Anne Hidalgo, s’est opposée à la venue des athlètes russes dans sa ville «tant qu’il y a la guerre», tandis que le président français, Emmanuel Macron, n’a pas annoncé ses couleurs. 

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Regroupement deux fois par semaine

Dans les rues de Paris, des drapeaux bleu et jaune sont visibles. Et deux fois par semaine, depuis le 24 février, un groupe se réunit devant l’hôtel de ville, où ont été installés les anneaux olympiques, afin de manifester contre les attaques russes.

«La guerre ne passe pas deux fois par semaine, mais chaque jour, chaque seconde dans ce monde. Des enfants meurent, des femmes sont violées», a rappelé Anna Boiko, une Ukrainienne installée en France depuis 10 ans.

«Ce qui se passe est insupportable. C’est une menace sur l’Europe, mais aussi sur le monde entier, a renchéri Damien Cossart, qui n’est pas fier de dire que son grand-père est russe. [...] Il y a des centaines de milliers d’enfants ukrainiens qui ont été déportés vers la Russie. On les empêche de parler ukrainien, on les force à chanter l’hymne national russe. Certains vivent dans des camps, d’autres suivent un entraînement miliaire ou sont mis dans des familles russes. On change leur nom, leur date de naissance.»

Anna Boiko, une Ukrainienne qui habite en France depuis 10 ans, s'adresse à la foule d'une manifestation contre la guerre en Ukraine et contre les athlètes russes aux Jeux olympiques de Paris 2024.
Anna Boiko, une Ukrainienne qui habite en France depuis 10 ans, s'adresse à la foule d'une manifestation contre la guerre en Ukraine et contre les athlètes russes aux Jeux olympiques de Paris 2024. Photo Mylène Richard

Le sport n’est pas «apolitique»

Quand Le Journal a assisté à cette manifestation pacifique le 7 juin, lors de laquelle près d’une centaine de personnes ont attiré l’attention des passants, le groupe prônait également l’exclusion des athlètes russes et bélarussiens aux Olympiques.

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«Et même ceux qui participent sous un drapeau neutre, a précisé Mme Boiko. Il y a des athlètes ukrainiens qui ont dû arrêter leur carrière pour prendre les armes et défendre leur pays et qui ont été tués. Il y a aussi des athlètes russes qui font partie de l’armée russe, alors on ne peut pas dire que le sport est apolitique.»

«Ce serait obscène d’accepter les athlètes russes et bélarussiens», a ajouté M. Cossart. 

L’homme qui a déjà vécu un an à Waterloo, en Ontario, ne retournera jamais en Russie. «Je dois être fiché de toute façon.»

Damien Cossart, dont le grand-père est russe, lors d'une manifestation à Paris.
Damien Cossart, dont le grand-père est russe, lors d'une manifestation à Paris. Photo Mylène Richard

2-Autres manifestations et grèves en vue 

À 12 mois des Jeux, le contexte social est tendu en France. Les citoyens sont sortis dans la rue pour protester contre la réforme des retraites de M. Macron, qui veut notamment faire passer l’âge de la fin du travail de 62 à 64 ans, et à la suite de la mort d’un adolescent tué par un policier. Des Parisiens, dont un chauffeur d’autobus qui a requis l’anonymat, ont mentionné au Journal qu’ils redoutaient une recrudescence de la violence et des grèves de fonctionnaires qui perturberaient les préparatifs olympiques. 

Manifestation contre la réforme des retraites en France.
Manifestation contre la réforme des retraites en France. Photo Mylène Richard

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3-Fuir la ville et louer son appart

Airbnb devrait faire des affaires d’or durant les Olympiques, puisque plusieurs Parisiens ne se gênent pas pour dire qu’ils loueront leur appartement et fuiront la folie des Jeux afin de profiter de vacances paisibles à l’extérieur de la capitale.  

L’AFP rapportait récemment que «20% des Franciliens [résidents de l’Île-de-France, soit Paris et sa banlieue] envisagent d’ouvrir leur porte pour la première fois» pendant les JO, selon un sondage. Airbnb a également mentionné que les prix grimperont d’environ 85% par rapport à 2022. Nathaniel Bruneau, 39 ans, a même dit à l’AFP qu’il souhaitait louer son appart pour 1165$ la nuit, soit quatre fois le montant qu’il demande actuellement.

«Je préfère ne pas travailler, a de son côté relaté a raconté au Journal M. Mach, un chauffeur de taxi qui a déjà habité à Toronto. C’est déjà le bordel avec le trafic et les accidents, alors j’imagine l’année prochaine, quand les rues seront fermées. Je vais perdre du temps et de l’argent.»

«En plus, les billets ne sont pas accessibles, a-t-il pointé. Il a bien eu des places moins chères tirées au sort, mais c’était limité. Après, les prix étaient fous. Impossible de payer 200-300 euros [290-435$]. J’aime les Jeux olympiques, j’aime toutes les disciplines, mais je vais les regarder devant l’écran.»

4- Des sans-abris indésirables 

À l’approche de la Coupe du monde de rugby, qui aura lieu en France aux mois de septembre et octobre, et des Jeux olympiques, les autorités demandent aux itinérants de quitter les chambres d’hôtel qui leur servent d’hébergement d’urgence. Ils seront relocalisés en région, notamment à Toulouse, «sur une base du volontariat», a assuré le gouvernement au journal La Dépêche. Lors d’autres grands événements internationaux, des sans-abri ont déjà été chassés des centres-ville afin de donner une belle image. Une situation qui ne fait pas peur à Christo, bien installé dans sa tente sous une passerelle près du métro Porte de Versailles, à quelques pas d’une exposition sur Harry Potter et à un coin de rue d’hôtels de luxe. «On ne m’a pas dérangé et la police nous laisse tranquilles», a assuré au Journal le jeune homme qui vit dans la rue depuis un peu plus d’un an.

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Christo, un sans-abri vivant dans une tente à Issy-les-Moulineaux, une commune à côté de Paris.
Christo, un sans-abri vivant dans une tente à Issy-les-Moulineaux, une commune à côté de Paris. Photo Mylène Richard

5- 22 000 agents de sécurité recherchés

Afin d’assurer la sécurité lors deux JO, la France aura besoin d’environ 22 000 agents privés. Mais jusqu’à présent, seulement 25% des effectifs ont été embauchés lors de la première vague d’appels d’offres, à laquelle seulement les petites et moyennes entreprises ont répondu. Est-ce que les grandes compagnies en pénurie de personnel boudent l’événement ou attendent-elles avant de postuler? Déjà des experts anticipent qu’il faudra avoir recours à des militaires ou à des policiers, ce qui ferait grimper le budget de la sécurité, estimé à 290M$.

Des policiers étaient aussi de la répétition en vue de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques qui auront lieu à Paris dans un an.
Des policiers étaient aussi de la répétition en vue de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques qui auront lieu à Paris dans un an. Photo AFP

6- La justice pourrait s’en mêler 

Des perquisitions le mois dernier dans plusieurs locaux, dont ceux du Comité d’organisation des Jeux et au domicile de deux de ses principaux dirigeants, ont assombri l’enthousiasme autour de l’événement. Des enquêtes sont menées de front en lien avec des allégations de conflits d’intérêt et de détournements de fonds publics et pourraient aboutir devant les tribunaux. «Évidemment», on s’en passerait, a concédé à l’AFP la ministre des JO, Amélie Oudéa-Castéra. Mais depuis, «il n’y a pas eu la baisse d’un centimètre de mobilisation collective autour de la préparation», a-t-elle soutenu.

– Avec l’AFP

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