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Une Québécoise a été témoin de l'exploit réalisé par Sarah Fuller

Photo portrait de Dave Lévesque

Dave Lévesque

2020-12-10T01:59:37Z

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Sarah Fuller a tourné une page d’histoire à la fin du mois de novembre en devenant la première femme à participer à un match de football du Power 5 de la NCAA avec l’université Vanderbilt, mais ce que peu de gens savent, c’est qu’elle a une coéquipière québécoise au sein de l’équipe féminine de soccer.

Rappelons les faits, Sarah Fuller est gardienne de but avec l’équipe féminine de soccer de l’université Vanderbilt qui est située à Nashville, au Tennessee. Elle a effectué le botté d’envoi de la seconde demie dans un match contre l’université du Missouri.

La Montréalaise Sophie Guilmette, qui est elle aussi gardienne, a vécu ce match nerveusement en regardant sa coéquipière à la télé.

«Pour nous, c’est un énorme sentiment de fierté de savoir qu’une fille de notre équipe a eu un aussi gros impact à travers le monde», a-t-elle confié lors d’une conversation téléphonique.

«C’était un match difficile à regarder, c’était le pire match de l’année de l’équipe. On aurait aimé qu’elle puisse marquer un placement.»

En effet, disons que le contexte n’était pas idéal. Les Commodores n’ont pas remporté un seul de leurs huit matchs cette saison et celui contre le Missouri, ils l’ont perdu 41 à 0.

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Seule ressource

Pour tous ceux qui pensent que la présence de Sarah Fuller était un coup de publicité pour les Commodores de Vanderbilt, Sophie Guilmette a tenu à mettre les pendules à l’heure.

L’équipe de football éprouvait des problèmes de personnel en raison de la COVID-19 et était à court de ressources.

«C’est plate de voir qu’il y a eu des commentaires négatifs. Ils auraient pu aller chercher un étudiant qui a déjà pratiqué avec eux, mais tout le monde était parti.»

«Les joueuses de soccer étaient vraiment la seule ressource à laquelle ils avaient accès.»

Car il faut le préciser, tout ça s’est déroulé lors du week-end de la Thanksgiving et les étudiants étaient tous partis à la maison où ils doivent terminer leur session universitaire.

Défi

Guilmette, qui est étudiante de deuxième année, connaît Sarah Fuller depuis deux ans et n’a que de bons mots pour sa coéquipière.

«C’est le genre de personne qui accepte tous les défis qui se présentent, elle a beaucoup de confiance.»

Elle n’est donc pas surprise que la Texane ait accepté l’offre de l’équipe de football.

La Montréalaise précise aussi que Fuller méritait amplement cette occasion unique qui s’est présentée à elle.

«Elle n’a pas joué pendant ses années à l’université sauf cette année, ça n’a pas toujours été facile pour elle, elle le mérite amplement.»

En effet, Sarah Fuller a joué 9 minutes en 2018-2019 et 11 minutes en 2019-2020.

Cette année, après avoir vu Guilmette commencer les trois premiers matchs de la saison, l’étudiante de quatrième année a finalement obtenu le poste de gardienne titulaire.

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Ce n’est donc pas qu’une tape dans le dos qu’elle a reçue en participant à ce match de football, mais aussi une reconnaissance de tous ses efforts depuis quatre ans.

À Vanderbilt grâce au hasard

C’est un peu par accident que Sophie Guilmette s’est retrouvée à l’université Vanderbilt.

«J’ai joué en équipe nationale en U15 et U17 et j’ai eu des camps à Vancouver. Un assistant entraîneur de Vanderbilt est venu voir une coéquipière (Maya Antoine) et ils m’ont recrutée.»

«Ils n’avaient pas besoin de gardienne pour mon groupe d’âge, j’ai donc une bourse partielle qui m’aide beaucoup. Le montant est variable chaque année.»

Disons que c’est un investissement dans son avenir puisqu’une année à Vanderbilt coûte autour de 76 000 $ US pour une étudiante étrangère si l’on inclut la résidence et le plan alimentaire.

Bonne saison

Si l’équipe de football connaît une année atroce, il en va autrement pour l’équipe féminine de soccer qui a présenté une fiche de huit victoires et quatre revers.

Les filles ont surtout remporté le championnat de la conférence SEC, l’une des plus fortes de la NCAA.

«Il n’y a pas eu de championnat national, il est reporté au printemps. On est une des seules conférences qui ont joué à l’automne, les autres vont jouer au printemps.»

Disons que la situation n’a pas été simple en raison de la pandémie de COVID-19.

«On devait commencer en août, mais ç’a repris seulement à la mi-septembre. On se faisait tester trois fois par semaine, on devait rester dans notre bulle, ça prend beaucoup de ressources financières et ce n’est pas toutes les universités qui peuvent se le permettre.»

En dents de scie

Sophie Guilmette n’a pas joué l’an passé en raison d’une blessure, mais elle a eu sa chance cette année en amorçant les trois premiers matchs de la saison.

«Mes performances n’étaient pas là encore, il y avait beaucoup de pression et c’est Sarah [Fuller] qui a pris la relève.»

Elle vise maintenant à devenir la gardienne titulaire en 2021 alors qu’elle en sera à sa troisième année.

En ce qui concerne le volet académique, elle étudie à l’École des arts et des sciences et ne sait pas encore ce qu’elle a envie de faire, mais soutient qu’elle hésite entre la physiothérapie ou la kinésiologie.

Et même si la vie à Vanderbilt coûte cher, elle ne regrette pas du tout son choix.

«J’aime vraiment l’école, c’est très fort académiquement et sur le terrain. C’est une école qui a des ressources.»

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