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Jeux de Tokyo: un retour inattendu au rugby à 7 pour Élissa Alarie

Elle a été influencée par sa coéquipière Karen Paquin

Élissa Alarie aux prises avec une rivale de Hong Kong lors de la Coupe du monde de rugby en 2017.
Élissa Alarie aux prises avec une rivale de Hong Kong lors de la Coupe du monde de rugby en 2017. Photo Reuters
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2021-07-28T23:40:00Z
2021-07-28T23:40:57Z

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TOKYO | Croyant en avoir terminé avec le rugby à 7 pour se concentrer sur celui à XV et sur son boulot à l’INS à Victoria, Élissa Alarie s’est inspirée d’une coéquipière pour accepter la proposition de l’entraîneur-chef de revenir au jeu à temps plein.

• À lire aussi: Rugby: la passion d’Elissa Alarie inspire ses coéquipières

Réserviste à Rio en 2016, Alarie pouvait concilier son travail et le rugby à XV qui n’exige pas un engagement à temps plein. Le retour en forme de Karen Paquin qui avait subi une sérieuse blessure en 2017 et une bonne discussion avec sa patronne à l’INS l’ont convaincue de plonger de nouveau à temps plein dans son sport.

« Je commençais à vieillir, j’avais débuté mon après-carrière et je croyais que le rugby à 7 était derrière moi, raconte l’athlète native de Trois-Rivières qui est partie pour la Colombie-Britannique en 2012 pour se joindre au programme national. Avec le recul, j’ai réalisé que je n’avais pas atteint tous mes objectifs. Je sentais un creux dans mon ventre. »

Merci Karen

Aux yeux d’Alarie maintenant âgée de 35 ans, il n’y avait plus de place au sein de l’équipe nationale pour les joueuses qui avaient franchi le cap de la trentaine. « Il y avait une loi non écrite qui disait que ton temps était terminé quand tu passais 30 ans parce que ta vitesse diminuait, souligne-t-elle. À son retour au jeu, Karen a eu un gros impact et aidé l’équipe à gagner un tournoi. Sa performance a ouvert les yeux de l’entraîneur qui m’a contactée. Les démarches de Karen et mes performances au rugby XV ont aussi aidé à mon retour. » 

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Ouverture de sa patronne

Ancienne joueuse de tennis qui a atteint le Top 100 de la WTA et championne canadienne à 12 reprises, Wendy Pattenden dirige le centre d’excellence sportive de Victoria. 

« Pendant une rencontre pour évaluer ma performance, Wendy m’a demandé pourquoi je ne tentais pas ma chance au rugby à 7, raconte Alarie. Elle m’a offert l’opportunité de faire 30 pour cent de ma tâche de la maison. Je peux aussi travailler de partout dans le monde quand nous sommes en tournoi. »

Avec toutes les pièces qui tombaient en place, Alarie a ainsi décidé de retourner au rugby à temps plein en octobre 2019.

« Durant les premiers six mois, j’ai eu besoin d’une période d’adaptation pour retrouver la chimie d’équipe et que mon corps s’habitue de nouveau à ce rythme plus exigeant, de poursuivre Alarie. J’ai repris toute ma force et je me sens vraiment en bonne forme. »

Montagnes russes

À Rio, Alarie a vécu des hauts et des bas dans son rôle de réserviste, elle qui avait complètement raté la saison 2015 en raison des blessures. 

« C’était difficile de regarder les parties des gradins avec mon père qui avait fait le voyage. J’ai vécu des montagnes russes d’émotion. Je sentais néanmoins que je faisais partie de l’équipe. Parmi les hauts de ma participation aux Jeux de Rio, il y a eu ma rencontre avec Clara Hughes. Nous avons regardé un match ensemble et elle me disait que le rugby à 7 était son sport préféré. » 

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Tout comme Paquin, Alarie poursuivra sa carrière jusqu’à la Coupe du monde de rugby à XV qui se déroulera en Nouvelle-Zélande du 8 octobre au 12 novembre 2022. « Je ne pouvais pas rater ça », de conclure la Trifluvienne.

Changement de culture salutaire  

Rugby Canada nomme un nouveau coach à la direction de l’équipe

TOKYO | C’est le jour et la nuit au sein de l’équipe de rugby à 7 depuis la venue du nouvel entraîneur-chef Mick Byrne.

Conseiller avec l’équipe canadienne depuis 2012 et ancien entraîneur spécialisé avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande, Byrne a pris les rênes de l’équipe à l’occasion des tournois à Dubaï en janvier dernier.

À la suite d’une plainte de 37 joueuses anciennes et actuelles de l’équipe nationale pour violences psychologiques, harcèlement et intimidation, un expert indépendant a conclu qu’il ne serait pas viable que John Tait soit de retour, lui qui a mené le Canada à une médaille de bronze à Rio en 2016 alors que le rugby féminin faisait ses débuts. 

Karen Paquin est ravie de ce changement important qui s’est produit à seulement six mois des Jeux et constate de grandes améliorations. « Il s’est produit un changement de culture qui a fait vraiment du bien, affirme-t-elle. La venue de Mick Byrne que l’on connaissait et qui possède une grande expérience a créé une super belle dynamique et l’humain est au centre de tout. »

Belle chimie

Ce départ soudain a soudé les filles. « Il y a une chimie au sein de l’équipe qui est vraiment spéciale, souligne-t-elle. Les filles sont dans un bon état d’esprit et la confiance est au rendez-vous. Le nouveau personnel d’entraîneurs connaissait déjà les filles et ils n’ont pas eu à tout rebâtir du début. L’entraîneur nous fait confiance et nous avons plus de liberté sur le terrain pour créer. »

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Karen Paquin lors du match pour la médaille de bronze de rugby opposant la Canada contre la Grande-Bretagne lors des jeux Olympiques de Rio, Brésil 8 aout 2016.
Karen Paquin lors du match pour la médaille de bronze de rugby opposant la Canada contre la Grande-Bretagne lors des jeux Olympiques de Rio, Brésil 8 aout 2016. Photo Pierre-Paul Poulin

Si les méthodes de Byrne sont appréciées, Paquin assure que les filles n’ont rien perdu de leur esprit compétitif. « Dans le sport de haut niveau, il y a un plan établi qui demande une façon de faire particulière avec les athlètes, a déploré Paquin. J’espère que cette nouvelle culture à Rugby Canada va demeurer pour la prochaine génération. »

Paquin ne cache pas les ambitions de la formation canadienne à quelques heures de disputer leur premier match jeudi contre le Brésil suivi d’un duel contre Fiji. « Nos attentes sont élevées et on vise la médaille d’or, déclare la joueuse native de Québec. Il n’y a pas d’autre objectif. La Nouvelle-Zélande et l’Australie sont les deux puissances de notre sport. »

Retour laborieux

Blessée à un genou le 13 août 2017 en Irlande à l’occasion de la Coupe du monde de rugby à XV, Paquin a ressenti une vive douleur, mais elle a néanmoins complété le tournoi. Elle a même participé à des entraînements avec l’équipe canadienne de bobsleigh quelques semaines plus tard.

Des chirurgies en octobre 2017 et août 2018 ont été nécessaires avant qu’elle puisse retrouver son meilleur niveau. « J’ai été un an sans jouer et la deuxième opération devait réussir, résume celle qui célébrera son 34e anniversaire dans quelques jours à son retour au pays. Quand j’ai réussi mon premier plaqué à mon retour à Nice en 2019 avant de participer aux Séries mondiales au Japon, ça s’est bien passé et je me suis dit : “ça va bien aller”. Toute la pression est tombée quand je me suis relevée. »

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