Un magistrat de Roberval aurait touché la fesse d’un avocat
Le juge Jean-François Poirier fait l’objet d’une enquête du Conseil de la magistrature


Kathryne Lamontagne
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Le juge Jean-François Poirier, de Roberval, fait l’objet d’une enquête devant le Conseil de la magistrature pour avoir notamment empoigné la fesse d’un avocat.
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L’identité du magistrat à qui l’on reproche d’avoir « tenu des propos déplacés causant de la gêne et de l’embarras » a été rendue publique, vendredi matin, lors d’une conférence de gestion tenue devant le Conseil.
Le plaignant dans cette affaire reproche au juge Jean-François Poirier de lui avoir « touché une fesse en la saisissant d’une main, sans son consentement », lors d’une soirée organisée par une section de Barreau.
À cette même occasion, une avocate aurait complimenté le juge Poirier sur son veston en velours, en lui touchant l’épaule. Il lui aurait alors répondu qu’il aurait aussi dû revêtir des pantalons ayant le même tissu.
Le plaignant soutient aussi que « d’autres comportements et paroles du juge, notamment à connotation sexuelle, lui ont été rapportés, lui laissant croire que l’événement décrit ne serait pas isolé ».
Cinq témoins ont fait des déclarations dans ce dossier, a laissé savoir vendredi Me Olivier Desjardins, qui assiste le comité d’enquête. Le juge Poirier est quant à lui représenté par Me Giuseppe Battista.
Des propos humoristiques
Dans ses observations transmises en amont au Conseil de la magistrature, le juge Poirier avait reconnu avoir tenu les propos reprochés. Il assurait toutefois que ses paroles étaient à teneur humoristique et destinées à quelqu’un qu’il « connaît depuis longtemps ».
Dans cette déclaration, il a nié que « son comportement se soit écarté de ce qui est attendu d’un juge ». Il a aussi dit ne pas se souvenir d’avoir touché la fesse d’un avocat, sans mettre en doute pour autant la version des faits du plaignant.
Le juge Poirier expliquait souffrir à l’époque « d’une condition médicale non contrôlée » et qui, jointe à sa consommation d’alcool, « aurait contribué au comportement qui lui est reproché et à son absence de souvenir », déclarait-il.
Il assurait avoir fait une introspection et pris des mesures pour que ce genre de comportement ne se reproduise plus.
Juge depuis 2021
S’il est reconnu coupable d’un manquement déontologique, le juge Poirier fera face à deux sanctions possibles, soit la réprimande ou la destitution. Aucun magistrat n’a été destitué à ce jour.
Jean-François Poirier a été nommé juge en 2021, aux chambres civile et criminelle et pénale à Roberval. Il semblait avoir pris l’habitude d’ajouter des proverbes ou des réflexions profondes au début de ses jugements écrits, a pu constater notre Bureau d’enquête à la lecture de certaines de ses décisions.
Avant d’accéder à la magistrature, le juge Poirier a travaillé en pratique privée au cabinet Cain Lamarre, où il est devenu associé en 2015. Il a aussi été bâtonnier du Saguenay–Lac-Saint-Jean, en 2019.
Le dossier doit se poursuivre à la fin juin.
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