Son père tué au hasard lors d'une folie meurtrière: «Je n’étais pas prêt à ce combat» – David Lemieux
Il a témoigné à l’enquête publique du coroner concernant le jeune atteint de schizophrénie qui a tué trois personnes en août 2022 dans le Grand Montréal

Michael Nguyen et Erika Aubin
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Le boxeur retraité David Lemieux n’aurait jamais imaginé que son père puisse être abattu par un jeune schizophrène qui s’était lancé dans une folie meurtrière, a-t-il émotivement témoigné lors de l’enquête publique du coroner.
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« Les policiers m’ont appris que mon père s’est fait descendre... Je n’étais pas prêt à ce combat, je n’étais pas préparé », a lancé David Lemieux, ce mercredi au palais de justice de Montréal.
Sobrement, le boxeur retraité a relaté des souvenirs de son père André-Fernand Lemieux, 64 ans, qui avait été abattu en août 2022 par un jeune schizophrène qui s’était lancé dans une folie meurtrière. Armé de pistolets fantômes de fabrication artisanale, il a ouvert le feu sur trois personnes en deux jours, avant d’être retracé et abattu dans un motel de l’arrondissement Saint-Laurent.

En plus d’André-Fernand Lemieux, Mohamed Belhaj, 48 ans, et Alex Levis-Crevier, 22 ans, avaient aussi été tués. Tous avaient été ciblés au hasard.
Hommage senti
À la suite de cette affaire qui avait choqué le Québec, le coroner avait lancé une enquête, dont les audiences publiques ont commencé cette semaine. David Lemieux, qui avait annoncé sa retraite peu après le drame, a brièvement témoigné pour rendre hommage à son père.
« Il ne méritait pas ça... mon dernier souvenir de lui, c’est lui qui tient mon fils sur lui... C’était beau », a-t-il dit avec émotion, tout en appelant les gens à prendre dans leurs bras ceux qu’ils aiment.

Du même coup, David Lemieux en a profité pour remercier les autorités qui ont enquêté avec diligence. Et que même si le suspect Abdulla Shaikh a été tué lors de l’intervention policière, une enquête est menée pour que ce genre d’événement n’arrive plus.
« C’est réconfortant de voir à quel point c’est pris au sérieux », a-t-il dit.
Visiblement touchée, la coroner Me Géhane Kamel lui a d’ailleurs assuré que la mémoire de son père « n’allait pas s’éteindre », et que tout allait être fait pour prévenir ce genre de drame à l’avenir.
« La mémoire de mon père est ancrée en moi pour toujours », a conclu le boxeur retraité.
Un suspect « violent »
En après-midi, c’était au tour de l’ex-conjointe du suspect de s’adresser au coroner. Marllely Florez Serna a ainsi raconté qu’Abdulla Shaikh pouvait se montrer violent psychologiquement, financièrement et même physiquement au point où elle avait eu peur de lui pendant la dernière année.

« Envers les autres, c’était plus [de la violence] physique, a-t-elle dit timidement. Si quelqu’un le dépassait sur l’autoroute, il voulait prendre un bâton et frapper. Il a déjà voulu cracher sur [une caissière] au Tim Hortons parce que c’était compliqué. »
Celle qui avait porté plainte contre lui avait d’ailleurs mis fin à leur relation qui a duré près de trois ans en raison de son agressivité : « Je m’étais aussi éloigné de ma famille et j’ai pris conscience que ça n’allait pas. »
La coroner Me Géhane Kamel l’a remerciée pour son témoignage en disant qu’elle était « une des seules personnes qui l’a côtoyé à l’extérieur de sa famille. »
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