Travaux et chantiers routiers: les évènements sportifs internationaux pris en considération?
Les portes d'entrée de deux évènements sportifs de l'année à Montréal sont embourbés dans les travaux routiers et les panneaux orange


François-David Rouleau
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C’est une réalité que d’organiser des évènements d’envergure sur des îles comporte son lot de difficultés et de défis, notamment quant à la logistique des transports. Mais pourquoi ajouter des obstacles majeurs directement aux portes du Grand Prix et de la Coupe des Présidents?
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Difficile de comprendre que les décideurs et les experts de plus de 20 entités de mobilité décident de lancer les chantiers malgré la panoplie de conséquences et d’ennuis qu’ils engendrent.

Le transport en commun est fortement recommandé. La réalité toutefois oblige plus de 10% des visiteurs à s’y rendre par la route.
On peut se demander si l’importance et l’envergure de ces évènements sont prises en considération. Les réponses ne reflètent pas la réalité sur le terrain.
«On est conscient de l’importance de ces évènements, assure Philippe Sabourin, porte-parole administratif de la Ville de Montréal. Il y a une gradation dans les évènements et un travail de fond réalisé avec l’ensemble des organismes et des experts.»
La directrice générale de la Société du parc Jean-Drapeau, où se déroule le Grand Prix depuis 1978, Véronique Doucet, explique que ces travaux, bien que désagréables pour les quelque 350 000 visiteurs de l’évènement, s’inscrivent dans tout le projet de transformation du parc au coût de 1 G$. Un passage obligé dans cette fenêtre vers l’avenir, selon elle.
Des axes libérés
La porte-parole du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD), Sarah Bensadoun, a expliqué que son organisme avait prévu de faciliter les déplacements dans les axes nord et sud de la région de Montréal afin d’aider le transport de marchandises prévu pour le Grand Prix, notamment.
La carte géographique montre tout de même que le MTMD est responsable de nombreux chantiers sur ces axes du réseau montréalais. Les autoroutes 15 et 13 sont entravées à plusieurs endroits, de même que Décarie et Ville-Marie.
«Autant l’expérience durant ces évènements doit être intéressante pour tout le monde, nous sommes aussi obligés de maintenir notre réseau, ajoute Sabourin. Ça fait partie d’un évènement dans un milieu enchanteur», note-t-il à propos des chantiers près des îles Notre-Dame et Sainte-Hélène.

«Il y a une balance et un juste équilibre à atteindre entre les travaux et la saison festive. On aimerait avoir la possibilité de ne pas en faire, mais on manquerait deux à trois mois de temps sur les chantiers.»
Placés au début et à la fin de l’été, les deux évènements sportifs ne durent qu’une semaine.
Manque de coordination
Dans la tête du député de Nelligan et porte-parole de l’opposition officielle en matière de transports et d’infrastructures, Monsef Derraji, les réflexions et les mises en chantier à des moments inopportuns ne tiennent pas la route.
«Il y a un manque flagrant de coordination. L’une des pièces maîtresses et l’élément déterminant de la réussite d’un évènement majeur, c’est le transport. Il doit être fluide, facile et efficace. On ne doit pas perdre le touriste, par exemple, dans son parcours.
«Tout ça est malheureux, car on connaît les dates du Grand Prix et du tournoi de golf depuis longtemps, ajoute-t-il en sommant les autorités et responsables d’agir afin d’établir un plan de match efficace. Ils représentent une gigantesque visibilité. On fait souffrir nos citoyens et nos touristes.»