Transactions: 10 options en attaque pour le CH

Ian Gauthier
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C’est connu depuis plusieurs mois maintenant : le directeur général du Canadien de Montréal, Kent Hughes, aimerait bien faire l’acquisition d’un attaquant d’impact pouvant évoluer sur l’un des deux premiers trios de l’équipe et, idéalement, à la position de centre.
À voir l’équipe jouer depuis le début de la saison, ce besoin demeure si l’objectif n’est pas seulement d’entrer en séries, mais aussi d’y faire des vagues.
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Certes, le jeune Oliver Kapanen a surpris en tant que centre de deuxième trio « par défaut » et il a du mérite, mais il est une recrue et il n’aurait probablement pas eu le même impact si Ivan Demidov n’avait pas patiné à ses côtés à chaque rencontre.
Kapanen est un bon élément pour l’avenir, mais pour le présent, c’est un peu court.
C’est donc pourquoi des rumeurs liant des attaquants d’impact au Tricolore ont fusé périodiquement au cours des derniers mois. À n’en point douter, Hughes joue du téléphone et explore toute piste qu’il juge valable.
Évidemment, il devra fort probablement se départir de l’ailier Patrik Laine et de son onéreux contrat s’il veut faire une acquisition importante d’ici le 6 mars, date limite des transactions dans la LNH. Ce qui n’est pas irréalisable.
Quel est l’état de la situation ? Voici dix attaquants d’impact qui ont probablement intéressé, et intéressent toujours, l’état-major du Canadien.
Nazem Kadri, centre, 35 ans, Flames de Calgary
10 buts, 29 aides et 39 points en 56 matchs cette saison
C’est la rumeur la plus chaude du moment et elle a circulé à plus d’une reprise depuis le début de la saison. « Je pense que tout le monde doit explorer toutes les avenues afin de déterminer ce qui est le mieux pour moi et ce qui est le mieux pour l’équipe. Que ce soit ici ou ailleurs, je ne le sais pas encore vraiment, mais j’aime être ici », a récemment déclaré le principal intéressé. Les Flames ne vont nulle part et ils pourraient se livrer à une vente de feu. Notre collègue Renaud Lavoie rappelait récemment qu’il y a « un intérêt » pour Kadri de la part du CH.
Il est certain que dans l’immédiat, Kadri aiderait énormément l’équipe. On parle d’un joueur qui semble encore au sommet de son art malgré ses 35 ans et qui a remporté la Coupe Stanley avec l’Avalanche du Colorado en 2022. Le hic, c’est que le contrat de Kadri compte trois saisons supplémentaires à un salaire annuel de sept millions $. Pour cette saison et la prochaine, ça va, mais où en sera-t-il à 38 ou 39 ans ? C’est ça...
Pavel Zacha, centre, 28 ans, Bruins de Boston
15 buts, 22 aides et 37 points en 54 matchs cette saison
La rumeur a circulé à l’automne : Hughes aimait le Tchèque gaucher de 6pi et 4po, dont il était autrefois l’agent, et il est vrai qu’il s’agirait d’une acquisition idéale. Zacha est costaud, il produit, il est responsable défensivement et détient un contrat décent, lui qui touche 4,75 millions $ par année jusqu’à la fin de la saison prochaine.
Il y a cependant deux problèmes.
Les échanges entre le CH et les Bruins, c’est rare. Le dernier remonte à 2001. L’autre, c’est que Zacha aurait peut-être été disponible si Boston connaissait une saison horrible, mais ce n’est pas le cas du tout. Les Bruins sont au cœur de la course aux séries, ont de bonnes chances de se qualifier et Zacha est exactement le genre de joueur qui est fort utile en de telles circonstances. On peut oublier ça pour l’instant.
Robert Thomas, centre, 26 ans, Blues de St. Louis
11 buts, 22 aides et 33 points en 42 parties cette saison
Ça ne va pas très bien à St. Louis. Malgré un effectif intéressant et un entraîneur de qualité en Jim Montgomery, la mayonnaise ne prend pas, cette saison, et l’équipe occupe l’avant-dernier rang dans l’Ouest. « Nous ne jouons pas avec une identité particulière », déplorait récemment le directeur général de l’équipe, Doug Armstrong. Ce dernier a aussi admis qu’il commençait à recevoir des appels de ses homologues, ajoutant que « nous n’accomplirions pas notre boulot si nous n’écoutions pas ». D’autres informations rapportent qu’il serait prêt à bouger des éléments importants.
Bref, ça permet de rêver à Robert Thomas. Il n’a que 26 ans, sort de deux saisons de plus de 80 points et son contrat, valide jusqu’en 2031, est d’une valeur annuelle moyenne de 8,125 millions $. Il s’agirait d’un ajout majeur qui ferait du Canadien l’une des toutes meilleures équipes de la ligue. Selon Nick Kypreos, de Sportsnet, les Blues pourraient demander l’équivalent de trois choix top-15, qu’il s’agisse des choix aux repêchages à venir, ou encore, de jeunes joueurs ayant la valeur d’un choix top-15. C’est plausible. Et Kent Hughes, qui dispose de beaucoup d’actifs pour réaliser une grosse transaction, pourrait peut-être en arriver à une entente avec Armstrong. Il a probablement déjà tâté le terrain. Pour l’instant, toutefois, aucune rumeur sérieuse n’a encore lié Thomas au Canadien.
Alexis Lafrenière, ailier, 24 ans, Rangers de New York
12 buts, 20 aides pour 32 points en 57 parties cette saison
À l’instar des Blues, les Rangers ne vont nulle part, cette saison, malgré la présence de plusieurs joueurs de qualité au sein de leur effectif. À la mi-janvier, le directeur général Chris Drury a annoncé, dans une lettre adressée aux partisans, qu’il amorçait un « réoutillage ». L’attaquant-vedette Artemi Panarin et le défenseur Carson Soucy ont changé d’adresse depuis. Il est tentant de croire qu’il y a bien peu d’intouchables au sein de son groupe. Lafrenière avouait, toujours en janvier, que Drury « ne lui avait pas parlé individuellement de son avenir ».
Bref, peut-être que les Rangers laisseraient aller leur premier choix au total de 2020 pour le bon prix.
Maintenant, rien n’indique que le Canadien a un intérêt pour Lafrenière, même s’il fut, en 2020, repêché par Jeff Gorton, qui est ensuite devenu vice-président aux opérations hockey à Montréal. Le généreux contrat de Lafrenière, d’une valeur annuelle de 7,45 millions $ jusqu’en 2032, fait également réfléchir. Après tout, malgré tout le talent qui a fait de lui un espoir de premier plan, Lafrenière peine à produire avec régularité dans la LNH. Sa meilleure saison, où il a cumulé 57 points, remonte à 2023-2024. Et il y a aussi cette vieille rumeur tenace selon laquelle un échange entre les Rangers et le CH serait quasi-impossible en raison de la façon dont s’est passé le départ de Gorton de New York en 2021.
Mais... il demeure plaisant de se demander ce que Lafrenière pourrait devenir sous les ordres de Martin St-Louis à Montréal. Un échange qui aurait le potentiel d’être un grand chelem autant qu’un pathétique retrait au bâton. Et le Canadien n’est peut-être plus à l’étape de tenter des paris.
Ryan O’Reilly, centre, 35 ans, Predators de Nashville
20 buts, 36 aides pour 56 points en 57 matchs cette saison
« Je suis le centre numéro un, je multiplie les revirements, je ne pourrais pas faire une passe de six pieds si ma vie en dépendait [...] je n’ai eu qu’une bonne saison dans ma carrière. »
Ça, c’est ce qu’O’Reilly disait de son propre jeu à la suite d’une défaite des « Preds » en novembre. Disons que le gaillard était dur avec lui-même. À 35 ans, il a pratiquement un point par match en ce moment et se dirige vers l’une de ses meilleures saisons dans la LNH. C’est pourquoi le Canadien s’intéresse à ses services depuis longtemps. C’est pourquoi le directeur général à Nashville, Barry Trotz, demandait « un jeune joueur qui aurait un gros impact », ily a un an , pour laisser aller son vétéran. Un choix de premier tour aurait été ajouté au prix demandé depuis.
Et tout ça, c’est sans parler de son contrat : 4,5 millions $ annuellement jusqu’à la fin de la saison prochaine. C’est très, très raisonnable pour un ancien champion de la Coupe Stanley, leader-né, qui joue encore à un très haut niveau.
Il y a deux problèmes. Premièrement, les Predators se tirent mieux d’affaire que l’an dernier et sont toujours dans la course aux séries. C’est moins tentant d’échanger un joueur comme O’Reilly, qui par ailleurs veut faire partie de la solution. Ensuite, Trotz a annoncé qu’il voulait quitter son poste et qu’il le ferait dès qu’un remplaçant serait trouvé. Les Predators voudront-ils effectuer un échange aussi important dans un tel contexte ?
Blake Coleman, ailier, 34 ans, Flames de Calgary
13 buts et huit aides pour 21 points en 44 matchs
En voilà un autre qui pourrait quitter l’Alberta en raison de la saison de misère des Flames. Même s’il a connu une saison de 30 buts et deux autres de 21 et 22, l’ailier américain n’est pas un joueur qui peut évoluer sur les deux premiers trios. Cela dit, Coleman a plusieurs qualités qui lui permettraient d’avoir un impact certain avec le Tricolore. Ancien champion de la Coupe Stanley, Coleman a vu neiger, il pourrait toucher les 20 buts cette saison et il joue avec beaucoup d’énergie, de robustesse et de caractère. En somme, parfait pour les séries.
Et son contrat n’est pas révoltant non plus. Coleman touche 4,9 millions $ annuellement jusqu’en 2027.
L’informateur Pierre Lebrun rapportait, au début de janvier, que le Canadien avait de l’intérêt pour Coleman. « De ce que je comprends, Coleman figure très haut sur leur liste », avait-il déclaré au réseau TSN.
Les Flames continuent de faiblir. Ils ont récemment laissé partir le défenseur Rasmus Andersson. Coleman a récemment admis qu’il sent bien que son avenir à Calgary est nébuleux. « Je mentirais si je disais que je ne suis pas courant de tout et que je ne suivais pas la situation », a-t-il déclaré.
Sidney Crosby, centre, 38 ans, Penguins de Pittsburgh
27 buts et 32 aides pour 59 points en 56 matchs, cette saison
L’été dernier, la piste était plutôt chaude. Les Penguins étaient, à l’unanimité, pratiquement la seule équipe qui n’avait pas tenté de s’améliorer durant la saison morte. Une campagne difficile leur était prédite. Et avec tout ça, la possibilité que Sidney Crosby choisisse de terminer sa carrière sous d’autres cieux plutôt que de rater les séries plusieurs années de suite à Pittsburgh.
Des destinations évoquées, il y avait d’abord l’Avalanche du Colorado de son bon ami Nathan MacKinnon, né dans la même petite ville de la Nouvelle-Écosse que lui. Mais il y avait aussi le Canadien de Montréal, son équipe de cœur avant d’être repêché par les Penguins, celle qui avait repêché son père Troy, un gardien de but, en 1984.
« Je comprends ça », disait-il au sujet des rumeurs le liant au CH, l’été dernier, soulignant ensuite qu’elles sont la conséquence des défaites de l’équipe. Ajoutant au passage qu’il y a pire dans la vie que d’être lié au Canadien de Montréal.
Mais depuis, ce sujet s’est graduellement évaporé. La faute à une saison plutôt bien réussie jusqu’ici pour les Penguins, qui sont actuellement deuxièmes dans la section Métropolitaine malgré un groupe de joueurs hétéroclite et manquant beaucoup de qualité à l’extérieur de ses trentenaires avancés. Dans un tel contexte, Crosby ne partira sans doute pas.
Maintenant, souhaitons-lui de se remettre rapidement de la vilaine blessure qu’il a subie aux Olympiques.
Jordan Kyrou, ailier, 27 ans, Blues de St. Louis
13 buts et 19 aides pour 32 points en 47 parties cette saison
Il semblerait que le Canadien a tenu des discussions avec les Blues au sujet de Kyrou, en juin dernier, dans la foulée des celles qui ont permis l’acquisition de Zachary Bolduc, et environ au même moment qu’il bouclait l’arrivée de Noah Dobson.
Bref, ça ne s’est pas fait pour Kyrou, qui a depuis vu s’activer une clause de non-échange dans son contrat. Il reste que l’ailier droit de 6pi et 1po pour 189 livres intéressait le Tricolore et qu’il y a de bonnes chances que ce soit toujours le cas.
Après avoir obtenu plus de 70 points lors de trois de ses quatre dernières campagnes, Kyrou tourne un peu au ralenti cette saison, lui qui a notamment été ennuyé par une blessure au bas du corps en décembre et qui a été envoyé sur la passerelle pour un match en novembre. Il est possible que les déboires des Blues ne l’aident pas non plus (et vice-versa). Les statistiques sous-jacentes tendent toutefois à indiquer que cette situation est exceptionnelle et ne devrait pas perdurer.
Les Blues, qui connaissent une saison difficile et qui semblent prêts à laisser partir de gros morceaux, pourraient néanmoins répondre aux appels le concernant d’ici le 6 mars. Tout récemment, l’informateur David Pagnotta avançait qu’il ne voyait pas Kyrou être un membre des Blues la saison prochaine.
Elias Pettersson, centre, 27 ans, Canucks de Vancouver
13 buts, 21 aides pour 34 points en 49 rencontres cette saison
Oh boy. Capable du meilleur et du franchement-pas-fameux, le Suédois et les Canucks sont dans la tourmente depuis la saison dernière. Favorisé par l’organisation après un conflit public avec J.T. Miller, le talentueux maigrichon, auteur d’une saison de 102 points en 2022-2023, produit lourdement sous son potentiel pour une deuxième saison de suite.
Les Canucks, eux, ne vont nulle part et vont vraisemblablement amorcer une reconstruction. Pettersson va sans doute partir. Mais compléter une transaction sera complexe : le joueur a un potentiel offensif élite et il l’a prouvé, mais n’en montre rien actuellement. En plus, il vient avec un salaire annuel de 11,6 millions $ jusqu’en 2032.
Qui voudra prendre le risque d’assumer ce contrat pour obtenir un joueur dont la production future est très incertaine ? Que demanderont les Canucks pour un marqueur de 102 points ?
Même si l’idée de jumeler un Pettersson à Ivan Demidov et Juraj Slafkovsky semble très alléchante, rien n’indique que le Canadien a un intérêt pour l’instant. Son contrat cadrerait très mal dans la structure salariale de l’équipe. Pour l’instant, il semble que les Kings pourraient être sur le dossier.
Jonathan Marchessault, ailier, 35 ans, Predators de Nashville
10 buts et sept aides pour 17 points en 38 matchs cette saison
« L’équipe qui m’intéressait le plus, à part Nashville, c’était Montréal », avait déclaré Marchessault peu après avoir signé une entente de cinq ans avec les Predators, en juillet 2024. Kent Hughes et le joueur québécois ne s’entendaient pas sur la durée du contrat, notamment.
Mais il y avait de l’intérêt mutuel.
Un an et demi plus tard, Marchessault connaît un début de carrière couci-couça à Nashville. En fait, il a été correct la saison dernière avec une récolte de 56 points en 78 matchs, mais cette année, c’est difficile. Et pourtant, les Predators sont globalement meilleurs qu’en 2024-2025.
Est-ce qu’ils pourraient tenter de monnayer Marchessault d’ici le 6 mars ? Ce n’est pas impossible. Toutefois, le bonhomme possède une clause de non-échange et n’acceptera pas n’importe quelle transaction.
À ce point-ci, est-ce que l’intérêt de Hughes subsiste ? Il faudra que les Predators acceptent de retenir du salaire... et malheureusement, ils ne peuvent pas retenir d’années.