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Tournoi des Maîtres: mythes et réalités du Augusta National

Du cofondateur du prestigieux club à l’entreposage des vestons verts, en passant par la présence d’oiseaux, six mythes et réalités du parcours de la Géorgie

Getty Images via AFP
Photo portrait de François-David Rouleau

François-David Rouleau

2026-04-12T11:00:00Z
2026-04-12T12:00:00Z

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AUGUSTA | Le Tournoi des Maîtres et l’Augusta National entretiennent leur prestigieuse réputation depuis près de 100 ans par les mythes et les secrets qui y sont conservés. Les phénomènes difficilement explicables qui y surviennent d’année en année contribuent à la légende. Sur cette parcelle de terre « sainte » qui se veut la Mecque du golf, les contes sont nombreux, qu’ils soient du vent ou bien réels.

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Chaque année, le club gagne en beauté. C’est bien plus parfait qu’on ne le voit à la télévision. Autour de la propriété, aucun poil ne dépasse. Les membres au veston vert font souvent la blague de trouver un brin de mauvaise herbe. La mission est impossible. Aussi bien l’avorter immédiatement et savourer chaque seconde dans cet endroit unique, où transpire l’histoire du golf. 

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Voici six mythes et réalités du prestigieux club de golf de la Géorgie.

Son cofondateur est enterré sur la propriété

PHOTO TIRÉE DU GUIDE MÉDIAS MASTERS / COURTOISIE AUGUSTA NATIONAL
PHOTO TIRÉE DU GUIDE MÉDIAS MASTERS / COURTOISIE AUGUSTA NATIONAL

Bobby Jones et Clifford Roberts ont fondé le parcours et le plus célèbre tournoi de golf au monde dans les années 1930. Roberts en a été le grand patron de 1934 à 1976, en le faisant prospérer sur le terrain et à l’échelle internationale. La raison de sa mort en septembre 1977 n’est que très peu documentée. Malade, il se serait levé un matin en se rendant vers Ikes Pond, l’un des étangs du parcours à normale 3, qui se voulait son endroit préféré de la propriété. Selon les récits, il aurait écrit une lettre d’excuses à sa femme en la joignant à son dossier médical. Il se serait enlevé la vie sur le parcours à l’âge de 83 ans.
La rumeur court que ses cendres sont enterrées à un endroit confidentiel sur la propriété. Une plaque commémorative est placée au centre du Cercle des fondateurs, situé au bout de Magnolia Lane et devant le pavillon.

Selon les nombreuses histoires qui circulent parmi la confrérie médiatique, Roberts ne serait pas le seul dont les cendres seraient dispersées sur cette propriété historique devenue l’obsession des amateurs de golf.

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Les vestons verts gardés dans une voûte sécurisée

Getty Images via AFP
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La tradition du veston vert décerné au champion du Masters remonte à 1949. Toutefois, avant cette édition, les membres portaient la veste verte afin d’être reconnus des spectateurs et de s’assurer qu’on sache qu’ils offrent des informations fiables. Habituellement, le champion peut sortir le veston de la propriété dans l’année suivant sa victoire. Il doit ensuite rester sur la propriété.

La légende veut que les vestons soient conservés dans une voûte aussi sécurisée que le coffre-fort des plus grandes banques au monde. La vérité a été dévoilée en 2023 quand une poignée de membres de la presse y ont eu accès. Elle se trouve sous la boutique, près du pavillon, où un système de sécurité à la fine pointe de la technologie est déployé. 

Le collègue du Los Angeles Times Sam Farmer a par ailleurs raconté ce week-end l’histoire d’un ancien employé du ANGC. Celui-ci était chargé d’apporter les vestons verts inutilisés à un incinérateur pour qu’ils soient réduits en cendres.

Confrérie secrète

Getty Images via AFP
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Impossible de connaître le nombre exact de membres qui gravitent au cœur de la confrérie du Augusta National. Ils seraient environ 350 vestons verts actifs, selon les informations ramassées depuis des années. Mais la liste atteindrait plus de 600 noms depuis la fondation du club au début des années 1930. Il en coûterait 40 000 $ pour y entrer. Il faut une rare proposition au comité directeur et une place doit se libérer pour entrer dans la confrérie qui, parfois, passe de génération en génération. Il est impossible de déposer une demande pour intégrer le groupe très exclusif et fermé. Le simple fait de déclarer sa volonté ou son intérêt peut valoir un refus à vie !

Bill Gates, Warren Buffett, Condoleeza Rice, Peyton et Eli Manning, entre autres, en sont membres.

Vitesse des verts

Getty Images via AFP
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Les 18 verts du Augusta National sont considérés comme les plus rapides du monde du golf lors du Tournoi des Maîtres. En plus d’être complexes, énormes et très ondulées, leurs surfaces ressemblent davantage à de la vitre ou à une table de billard ! L’agrostide (bentgrass) est tondue à une « hauteur » minimale d’un huitième de pouce. Selon des données avancées dans les dernières années, la vitesse des verts sur l’appareil de mesure Stimpmeter oscillerait entre 12 et 15 pieds selon le moment de la journée. En plein soleil, avec des conditions fermes comme ce week-end, elle pouvait atteindre 16 pieds. C’est un véritable défi.

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Les oiseaux et petits animaux

Logan Whitton/Augusta National
Logan Whitton/Augusta National

Le piaillement des oiseaux fait grand bruit depuis des décennies. Les sons sont-ils vrais ou artificiels, pour l’ambiance des spectateurs et téléspectateurs ? Il y a bel et bien des oiseaux à Augusta, mais ils sont rares sur le parcours, notamment en raison des dizaines de milliers de spectateurs qui s’y promènent du matin au soir. On en voit ici et là, ou bien au loin. Curieusement, sur le parcours, les déjections sont plus rares que sur le capot ou le toit de la voiture dans le stationnement adjacent, près de Washington Road. Sont-ils aussi chassés de la propriété par des sons ou des oiseaux de proie ?

Quant aux sons ambiants, le télédiffuseur CBS a déjà avoué publiquement qu’il a ajouté volontairement des piaillements d’oiseaux pour améliorer l’ambiance dans les retransmissions en direct.

Des experts de la Géorgie ont bel et bien confirmé au fil des ans que les sons entendus étaient ceux d’oiseaux de la région.

Pour ce qui est des petits animaux ou mammifères, mieux vaut ouvrir l’œil, car rien ne grouille dans les sous-bois. On n’y a jamais aperçu d’écureuils, notamment. Mais des tortues nagent dans les étangs du parcours.

David Paul Morris/Augusta Nation
David Paul Morris/Augusta Nation

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Arbres et fleurs par milliers

Getty Images via AFP
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La légende veut que tout pousse sur cette ancienne pépinière d’arbres fruitiers de plus de deux kilomètres carrés, des arbres majestueux aux bosquets de fleurs. L’ANGC dispose d’une pépinière à proximité où la tourbe, les rhododendrons, les pins et des espèces de plantes sont conservés. La preuve ? En 2025, une série d’arbres était absente derrière la fosse de sable près du 11e vert, au cœur du Amen Corner. Puisqu’elle servait de point de repère pour les golfeurs approchant le fanion, trois hauts et larges pins sont apparus cette année !

Getty Images via AFP
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Il a aussi été prétendu pendant des années que les horticulteurs du club épandaient de la glace aux pieds des rhododendrons colorés, afin de contrôler les couleurs et la floraison. Il a plutôt été reconnu que l’équipe d’experts les entretenait soigneusement en fonction de la météo pour leur floraison au moment du tournoi. Le vent et la pluie menacent les délicates fleurs, qui fanent rapidement.

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Pour que le vert s’étende à perte de vue sur le parcours, la semence distribuée après qu’un golfeur a arraché du gazon est verte. Le soir, sur les tertres, l’équipe d’entretien du terrain remplace les divots par de parfaites nouvelles plaques de gazon. Dans les pentes, le long des cordages, la petite gravelle ajoutée pour éviter que les spectateurs glissent est aussi verte. 

Respecter l’étiquette en tout temps

Au ANGC, les spectateurs n’ont pas le droit de courir, ni de mettre un pied hors des délimitations d’un sentier, ni d’enjamber un cordage. Rien ne passe inaperçu, on vous le certifie ! L’avertissement arrive aussi vite qu’une claque de 330 verges frappée sur le museau. Si elle est répétée, c’est la porte illico. L’étiquette doit être suivie à la lettre. Le hic, c’est que les règles ne sont pas tout à fait écrites noir sur blanc. Elles peuvent être dictées au bon vouloir des vestons verts. 

Sur le parcours, les spectateurs sont respectueux, quoique la foule américaine est plus bruyante que celle de l’Omnium britannique. En Angleterre, on peut entendre une mouche volée dans les énormes gradins. 

À Augusta, même si les gens bougent, jasent ou chuchotent pendant le jeu, l’atmosphère reste feutrée et agréable. C’est complètement différent de l’ambiance disjonctée et irrespectueuse de la Coupe Ryder en septembre dernier

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