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Sports et Coupe Ryder: où tracer la ligne de l’abus des spectateurs dans les compétitions

Les spectateurs américains de la région de New York ont laissé un œil au beurre noir à l’atmosphère du tournoi de golf

Photo Getty Images
Photo portrait de François-David Rouleau

François-David Rouleau

2025-09-29T23:00:00Z
2025-09-29T23:30:00Z

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FARMINGDALE, N.Y. | Amateurs de sports, on doit se parler. À une époque où l’on refuse la discrimination, l’intimidation et les attaques personnelles, comment expliquer les comportements haineux, grivois, disgracieux et irrespectueux des spectateurs dans un évènement sportif? Les comportements qu’on a vus et entendus à Bethpage lors de la Coupe Ryder à New York ont largement transgressé toutes les notions du respect.

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Dans n’importe quel évènement, les spectateurs ont le droit de faire entendre leur mécontentement. Mais allonger des centaines de dollars pour y assister ne donne pas droit à se comporter comme un homme de Cro-Magnon. Un billet ne vient pas avec la liberté d’attaquer verbalement les athlètes.

Que ce soit au Centre Bell à Montréal, au tennis à Roland-Garros, au basketball, au golf ou à la ringuette, il y a des limites.

Pour en avoir été témoin durant des heures sur le Black Course pendant cette Coupe Ryder, ce que les golfeurs européens ont enduré dépassait l’entendement et toutes notions minimales de civisme. Ce que je n’avais jamais vu en 15 ans de couverture des sports et près d’une cinquantaine de tournois, dont la Coupe Ryder à Whistling Straits en 2021.

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Photo Getty Images via AFP
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Au-delà du folklore

Ce prestigieux tournoi est unique en son genre. Que ce soit aux États-Unis ou en Europe, il implique la foule. L’énergie qui s’en dégage en fait sa signature et le porte au rang des plus grandes compétitions au monde. L’histoire nous démontre qu’il y a des débordements des deux côtés de l’Atlantique.

Mais ce week-end, la foule new-yorkaise a porté un œil au beurre noir à une compétition où l’honneur, la fierté, la passion et le respect sont inscrits dans ses registres en caractères gras.

• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Ce qui rend la Coupe Ryder si folklorique, ce sont les taquineries à l’endroit des golfeurs, les chants respectifs des deux côtés. Que ce soit les «USA, USA, USA» ou les «Olé, Olé, Olé» ou des blagues volant de part et d’autre des gradins, c’est de bonne guerre.

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Mais que des groupes de spectateurs s’en prennent verbalement aux golfeurs pendant des heures en les insultant, en les dérangeant avec des mots et des sons à des moments précis, et qu’ils s’en prennent même à leur famille, c’est dépasser les bornes.

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Durant 36 trous samedi, Rory McIlroy et ses partenaires de jeu, Tommy Fleetwood et Shane Lowry, ont vécu l’enfer. Ils ont été la cible de commentaires dégoûtants, xénophobes, grossiers et discriminatoires. Même la femme de McIlroy a été ciblée, elle qui a reçu une canette de bière sur la tête.

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Les golfeurs savaient qu’ils feraient face à une foule très hostile typique de la région de New York. Ils s’y étaient préparés avec la réalité virtuelle.

C’était pire.

Chant ignoble

Ça c’était amorcé avec l’animatrice des énormes gradins du premier tertre qui avait entonné un chant «Fuck You Rory» et ça s’est poursuivi sur le parcours avec des «You su...», «t’es pas bon», «fuck you», «retourne chez toi, le petit farfadet». C’est sans compter les remarques désobligeantes sur son mariage, les gestes à caractère sexuel et tout ce qu’on ne peut pas publier.

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La classe et le respect étaient noyés dans le fond de la baie de Long Island.

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Que ce soit à New York, à Montréal ou à Liverpool, à pousser une rondelle, une balle ou un ballon, les athlètes restent avant tout des humains.

Aurait-on accepté pareil sort réservé à Marie-Philip Poulin dans une finale de hockey féminin à Toronto, ou envers Félix Auger-Aliassime à Paris?

Impulsivité

Constamment piqué dans des moments intenses, McIlroy a aussi réagi dans le feu de l’action. Il n'est pas parfait.

Pour qu’un vétéran de la trempe de McIlroy, âgé de 36 ans avec cinq titres du Grand Chelem et 40 victoires professionnelles en poche à travers le monde, réagisse en pointant la foule pour l’envoyer promener ou bien en enguirlandant des spectateurs impolis derrière lui, on peut imaginer tout ce qu’il a enduré avant d’exploser.

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«C’était une semaine très dure pour nous tous. Mais nous leur avons fermé le clapet avec notre performance, a expliqué McIlroy avec soulagement. J’ai parfois réagi sous le coup de l’impulsivité, car les messages m’atteignaient, mais je crois qu’on s’est tenu avec classe et sang-froid.»

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Ce week-end, la foule a largement dépassé les bornes. Les Européens l’ont dit. Même les Américains ont tenté de calmer leurs partisans. Plusieurs icônes du sport, dont Tom Watson, ont condamné les gestes du week-end. 

Plutôt que d’encourager massivement les leurs dans le pétrin, les spectateurs ont préféré déverser leur haine sur les rivaux.

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Forte présence policière

Quand les services de police doivent ajouter des effectifs pour faire régner l’ordre et le respect sur un parcours de golf, c’est qu’il y a un sérieux problème. Les golfeurs ne se sont pas sentis en danger, mais les tonnes de mots blessants débités ont heurté.

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«Il y avait énormément de comportements abusifs et haineux, a souligné McIlroy. Les remarques et les gestes envers les membres de la famille sont complètement hors limites.»

Où, donc, doit-on tracer la ligne de l’abus?

Impliquer davantage les forces de l’ordre serait ridicule. Les spectateurs doivent apprendre le contrôle et le respect. L’application de règlements clairs sera nécessaire, tout comme les conséquences immédiates à ceux qui les transgressent.

«Je crois qu’on ne devrait jamais accepter de tels comportements au golf. C’est un sport qui devrait s’élever à de plus hauts standards. Le golf a la capacité de réunir le monde. Il enseigne d’excellentes leçons de vie, l’étiquette, le respect des règles du jeu et le respect des autres», a rappelé l’Irlandais du Nord.

Ce qu’il n’a pas vu à Bethpage avec ses coéquipiers.

«Si j’étais un Américain, je serais offusqué.»

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Une réflexion profonde s’impose sur les comportements acceptables des fans dans le monde du sport.

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