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Thuram le sage

TVA Sports

2020-10-21T15:39:12Z

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Par cycle, le sport professionnel aura été tantôt perméable, tantôt imperméable aux grands enjeux de société. En 2020, la frontière aura ni plus ni moins disparu. Des sportifs ont pris des positions fortes sur les questions du moment et leur influence a été décuplée en fonction de leur statut et par la résonance que peuvent offrir les médias sociaux.

Depuis toujours, Lilian Thuram est l’archétype du sportif engagé. L’ancien défenseur de l’équipe de France, du FC Barcelone et de la Juventus lance cette semaine au Québec son plus récent livre «La pensée blanche» paru aux éditions Mémoire d’encrier, une prise de parole forte sur les enjeux raciaux de notre époque.

De passage au balado XI MTL à Qub Radio, Thuram explique de son essai s’emploie à déconstruire une pensée dominante où prend racine le biais racial qu’on peut observer un peu partout sur la planète.

«La racialisation du monde a été faite pour diviser les êtres humains et pour pouvoir mieux les exploite, explique l’ancien champion du monde de 1998 avec la France. C’est très très proche de nous. Quand on parle de la ségrégation, c’est les années 60. Lorsqu’on parle de l’apartheid, c’est les années 90. Donc, nous sommes héritiers de cette histoire.»

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Pour Thuram, il est important de nommer pour mieux cerner l’enjeu de racisme qu’il conçoit comme une construction politique récente dans l’histoire de l’humanité. C’est ce qu’il s’emploie à faire dans ce livre où il se détache des «avis», pour se concentrer sur les «connaissances».

Il tacle Le Graët

Appelé à commenter les propos du président de la fédération française de football (FFF) pour qui le racisme dans le foot «n’existe pas ou peu», Thuram a été très clair.

«Noël Le Graët est tout sauf naïf, a-t-il expliqué au micro de XI MTL l’ancien numéro 15 de l’équipe de France. Lui, il est dans une démarche où il est président d’une fédération et il veut protéger le football.»

«Moi, quand j’aime quelqu’un, je préfère dire la réalité des choses. J’adore le football, mais il y a du racisme dans le football français. Et c’est le racisme qu’il y a dans la société française. On peut toujours se leurrer et se mentir: nous vivons dans des sociétés où, selon la couleur de notre peau, vous ne vivez pas l’espace public de la même façon.»

Cette polémique est née des commentaires du président La Graët à la chaîne BFM Business. Ils ont été faits en réaction à l’altercation entre Neymar et Alvaro Gonzalez au cours d’un match entre le Paris St-Germain et l’Olympique de Marseille.

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Son regard sur Henry

Pendant plusieurs années, Thuram et Henry ont été coéquipiers. Que ce soit à Monaco ou en équipe de France, le défenseur a toujours été un modèle pour l’entraîneur de l’Impact de Montréal.

«Thierry Henry, je le connais depuis qu’il est très jeune, explique Thuram. Je l’ai vu grandir. Je l’ai vu devenir un très grand joueur. Un très gros travailleur. Et c’est quelqu’un qui adore le foot.»

En ce sens, Thuram offre un éclairage différent sur le meilleur marqueur de l’équipe de France. Pour imager ses propos, il revient sur une vidéo qui a amplement circulé et qui montre Henry s’emporter sur les lignes de côtés au BMO Field de Toronto quand un de ses joueurs, Bojan en l’occurrence, rate une occasion en or de marquer.

«Si vous êtes joueurs, il faut comprendre ce qui se passe, explique son ancien coéquipier. Le joueur (Bojan) peut croire que c’est pour lui. Mais c’est pas pour le joueur, c’est que Henry, lui, il est dans l’action. C’est comme si lui-même avait raté quelque chose. Et ça, c’est très important si vous voulez comprendre la personnalité de Thierry Henry. C’est quelqu’un qui fait corps avec toutes les actions.»

Puisque l’entraîneur montréalais a essuyé quelques critiques pour son ton parfois cassant en conférence de presse, Thuram assure qu’il faut adopter une posture particulière pour analyser ses réponses.

«Quand vous le regarderez de l’extérieur et que vous ne le connaissez pas, vous pouvez penser qu’il peut être antipathique. Alors qu’en fait, c’est qu’il est très, très dur avec lui. Il y a toujours quelque chose qu’il aurait pu mieux faire. »

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