Crédit : Photo Twitter, Lausanne Hockey Club

Canadiens de Montréal

«Je n’aurai probablement pas la réponse»

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Charles Hudon se trouvait dans l’autocar du Lausanne HC pour un trajet d’un peu moins de quatre heures. La destination: Ambri-Piotta, un regroupement de deux villages du canton du Tessin, au sud-est de la Suisse.

C’est à Ambri-Piotta, l’équipe pour laquelle Max Pacioretty avait très brièvement joué pendant le lock-out de 2012-2013 dans la LNH, qu’Hudon jouait son deuxième match sous les couleurs de Lausanne dans la National League.

En Suisse, on n’a pas traduit le nom du circuit en français. Pour reprendre l’expression d’un confrère journaliste suisse Jean-Frédéric Debétaz, pour ne pas froisser trois langues officielles à l’intérieur d’un même pays, on utilise une quatrième langue avec l’anglais!

La LNH encore dans sa mire

Quand il regardait à travers les fenêtres de l’autocar, Hudon pouvait admirer les paysages de la Suisse. Mais il avait aussi du temps pour parler. L’ancien numéro 54 du Canadien a parlé sans filtre de ses dernières saisons à Montréal.

«C’est drôle à dire, mais après deux périodes avec Lausanne, j’avais déjà plus de minutes qu’après mes deux matchs en séries avec le Canadien, a lancé Hudon, lors d’une entrevue accordée au Journal. Oui, j’ai toujours le goût de jouer dans la LNH. Je me dis que je peux y retourner, peu importe l’équipe. Mais pour l’instant, je me concentre juste sur Lausanne.»

Son premier match dans la capitale olympique, c’était le 16 octobre. Une victoire de 3 à 0 contre l’équipe de Zoug. Hudon a marqué le troisième but dans un filet désert en plus d’obtenir une passe sur un but de Brian Gibbons en supériorité numérique en deuxième période.

L’attaquant avait terminé son premier match en près de deux mois avec un temps de jeu de 14 min 52 s. À ses deux rencontres en séries avec le Canadien, sous la gouverne de Kirk Muller, l’ailier de 26 ans avait joué 5 min 43 s et 4 min 5 s. Il avait donc touché la glace pour un total de 9 min 48 s contre les Flyers de Philadelphie.

Nouveau départ

Sur papier, Hudon reste un membre du Canadien. Marc Bergevin a conservé ses droits pour cette année en lui soumettant une offre qualificative. Le CH lui a toutefois donné la permission de s’envoler pour l’Europe afin de tenter l’aventure à Lausanne.

«On ne sait jamais quand ce sera la bonne décision, a dit Hudon. J’ai pris une décision pour la famille, pour moi, mais aussi pour l’argent. On ne sait pas ce qui arrivera avec la Ligue américaine en raison de la pandémie de COVID-19. Mon objectif était de me trouver une place pour jouer. Je crois aussi qu’un nouveau départ ne fait jamais de tort. Pour l’instant, ça va super bien. Je sais aussi que je peux réaliser de belles choses ici.»

«Je ne veux pas trop me poser de questions, a-t-il poursuivi. L’Europe, c’est toutefois incroyable. Chaque fois que je pars en autobus, je découvre des paysages magnifiques. Dimanche, j’ai monté un glacier de 3000 mètres d’altitude. C’était fou. Mais depuis que je suis jeune, mon objectif est de jouer dans la LNH. Oui, j’ai réussi à le faire. Dans ma tête, ce n’est pas fini. Je garde les options ouvertes.»

Frustration

Le rêve de la LNH reste encore bien présent dans son esprit. Il aurait toutefois aimé recevoir une autre chance qu’à Montréal. Depuis deux ans, il sentait qu’il ne cadrait plus dans les plans de Claude Julien et de Bergevin.

Le DG du Tricolore a exploré des options pour une transaction, mais il n’a visiblement pas trouvé un partenaire de danse pour Hudon.

«J’ai reçu un peu d’informations. Je sais qu’ils ont regardé [pour une transaction], mais depuis quelques années, il n’y a rien qui fonctionne, a expliqué Hudon. J’avais prévu juste attendre. Et depuis quelques années, je fais juste ça, attendre. Je ne me concentrais toutefois pas trop sur ça. Mon but était visé, je voulais partir en Europe. J’avais besoin de jouer. La décision est prise. Je ne sais pas s’il s’agit du bon choix. Seul l’avenir me le dira. Mais pour l’instant, je suis heureux d’être ici à Lausanne.»

Il y a des jours où Hudon se demandait pourquoi le CH s’entêtait à garder ses droits s’il n’y avait pas une place pour lui à Montréal.

«Oui, ça pouvait devenir frustrant. Mais comme je l’ai dit, j’aime mieux ne pas poser de questions. Je ne veux pas avoir mal à la tête en me posant trop de questions. J’ai souvent eu des interrogations. Je les ai encore. Je n’aurai probablement pas la réponse.»