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Jeux olympiques: en pleurs après avoir perdu dès son premier combat, la boxeuse québécoise Tammara Thibeault reçoit un câlin de sa rivale en pleine entrevue

Cindy Winner Djankeu Ngamba (en bleue), de l'équipe des réfugiés, a réussi à toucher la cible face à Tammara Thibeault, chez les moins de 75 kg, à l'Aréna Paris Nord.
Cindy Winner Djankeu Ngamba (en bleue), de l'équipe des réfugiés, a réussi à toucher la cible face à Tammara Thibeault, chez les moins de 75 kg, à l'Aréna Paris Nord. AFP
Photo portrait de Mylène Richard

Mylène Richard

2024-07-31T15:45:37Z

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Au terme d’une défaite surprise et surtout dure à encaisser, la boxeuse Tammara Thibeault a été à même de constater tout l’esprit sportif qui émane des Jeux olympiques quand son adversaire l’a consolée devant la caméra, alors qu’elle était en pleurs.

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Parce que les J.O., ce ne sont pas seulement des cas de tricherie, de dopage et d’espionnage par drone... ce sont avant tout des histoires humaines et touchantes. Et mercredi, le monde entier en a été témoin dans un sport qui ne pardonne pas.

À la suite d’une entrevue difficile émotivement pour Thibeault devant la caméra de Radio-Canada, sa rivale Cindy Winner Djankeu Ngamba l’a rejoint dans la zone média pour l’enlacer. Après une longue étreinte, l’athlète de l’équipe des réfugiés lui a essuyé les larmes sur les joues et l’a embrassée sur le front, avant de lui dire: «Je t’aime».

Invaincue en trois ans

Djankeu Ngamba semblait comprendre tout ce que signifiait ce revers au premier tour du tournoi olympique chez les moins de 75 kg pour la Québécoise de 27 ans.

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Cette dernière était un espoir de médaille pour le Canada. Même que l’or n’était pas trop demandé pour celle qui espérait réussir le premier podium du Canada aux JO en boxe féminine.

Thibeault n’avait pas perdu depuis son quart de finale aux Jeux de Tokyo, en 2021. Durant trois ans, elle a été invaincue en quelque 25 affrontements, décrochant notamment les titres de championne du monde et des Jeux du Commonwealth en 2022, ainsi que celui aux Panaméricains l’an dernier.

Une médaille olympique, c’est ce qui manquait à la collection de la native de la Beauce. Mais son aventure à l’Aréna Paris Nord a pris fin abruptement, en huitièmes de finale, sur une décision partagée des juges, 3 à 2.

«C’est mon rêve depuis que je suis toute jeune. C’est ça, je n’ai pas réussi à l’accomplir aujourd’hui [mercredi]», a-t-elle d’abord dit au micro de la société d’État, pendant que des larmes se mettaient à couler sur son visage.

«J’ai vraiment de la misère, j’ai pas vraiment de mots», a-t-elle ajouté avant d’éclater en sanglots.

Thibeault s’est présentée devant la caméra avec l’air d’une fille qui venait d’être frappée par un train. Jamais elle n’aurait pu imaginer un tel scénario.

Et la boxeuse semblait encore ébranlée par le résultat quand elle s’est présentée dans la zone mixte où l’attendaient d’autres journalistes, un peu plus tard. «Évidemment, le combat n’a pas été comme je voulais. Il y a des journées meilleures que d’autres. [Mercredi], ce n’était pas la mienne. [...] Mais j’ai fait ce que j’ai pu.» 

Bon départ

Thibeault a bien entamé le combat en variant ses combinaisons et en utilisant bien sa longue portée, ce qui a d’abord convaincu quatre des cinq juges.

Toutefois, Djankeu Ngamba a rebondi au deuxième round grâce à une main droite précise, lui procurant l’avantage selon trois décideurs. 

La Québécoise a tenté de revenir en force au troisième et dernier assaut en dépit d’une baisse d’énergie, mais l’athlète née au Cameroun et ayant déménagé au Royaume-Uni s’est bien défendue. 

«Le troisième round, ç’a été un combat de rue. Je crois que les juges ont estimé que son adversaire a lancé plus de coups de qualité», a pointé l’entraîneur de Thibeault, Vincent Auclair. 

En attendant le verdict, Djankeu Ngamba avait un bras dans les airs en signe de victoire, tandis que Thibeault avait la main fermée sur sa poitrine, comme si elle priait fort pour avoir la faveur des juges. Ce ne fut pas le cas.

«Je m’attendais à ce que ça soit un combat difficile, a reconnu Thibeault à Radio-Canada. J’ai tout laissé dans le ring.»

– Avec la collaboration de Richard Boutin

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