Super Bowl LX: Mack Hollins, la vedette excentrique de la soirée des médias

Stéphane Cadorette
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SAN JOSE | La traditionnelle soirée des médias qui lance la semaine du Super Bowl LX à San Francisco donne toujours l’occasion d’aller à la découverte de certains joueurs qui sortent du moule. Le receveur des Patriots, Mack Hollins, a clairement volé le spectacle dans l’ambiance carnavalesque typique de l’événement.
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Bien sûr, lors de la session d’une heure des Patriots à San Jose, devant un parterre bondé de milliers de journalistes, le quart-arrière Drake Maye était le centre de l’univers.
Il suffisait toutefois de se déplacer un peu sur le plancher pour constater à quel point la présence de Hollins fascine.
Au fil du temps, ce receveur excentrique a vagabondé de gauche à droite, les Patriots étant sa sixième équipe en neuf ans de carrière et sa cinquième dans les cinq dernières années.
Sans exploser la ligue, il s’accroche et il vient de connaître l’une de ses saisons les plus productives avec 46 réceptions pour 550 verges et deux touchés. Bien au-delà de ses statistiques, cependant, c’est son petit côté oiseau rare qui détonne. Avec lui, la fameuse cassette est reléguée aux abîmes de l’oubli, loin de tout filtre derrière lequel les athlètes de notre époque se réfugient.
Pieds nus partout

Dans les dernières années, même dans la froidure de Buffalo ou de Foxborough, il s’est fait remarquer parce qu’il se pointe aux matchs pieds nus. Il s’en fait d’ailleurs un devoir dans la vie de tous les jours, question de «mieux connecter avec la terre et de se rapprocher du mouvement initial de l’humain».
Il s’est d’ailleurs présenté ainsi à la soirée des médias, n’ayant aucune crainte qu’un capitaine Haddock dans la salle ne le traite de va-nu-pieds.
Parmi ses autres petites particularités, Hollins a abordé le fait qu’il se nourrit exclusivement avec ses mains, sans ustensiles, pour favoriser sa digestion.
Un reporter perspicace lui a aussitôt demandé comment il mangeait sa soupe.
«De la soupe? Je ne mange jamais de soupe! As-tu déjà vu un lion manger une soupe? Aucun animal sauvage n’est conçu pour se nourrir d’une soupe», a balancé le succulent personnage, sans broncher.
Hollins assure qu’il ne consomme pas d’eau, qu’il considère comme «une arnaque gouvernementale». Il s’adonne plutôt au jus de melon ou au lait cru.
Éternellement curieux, il aime se lancer dans des projets aussi divers que de démonter et remonter son lave-vaisselle, l’obtention d’un permis d’aviateur et l’étude du monde de l’immobilier. Il a récemment fait l’acquisition d’une terre en Georgie pour y installer une ferme régénérative.
«Plus je vieillis, plus je réalise qu’on n’a pas à être une personne qu’on n’est pas. Tu peux être toi et c’est parfaitement correct. Ça ne me dérange plus d’être celui que tout le monde trouve étrange», a mentionné Hollins.
Pas de football

Vous vous demandez sans doute pourquoi on ne parle pas du rôle de Hollins dans le plan de match face aux Seahawks, dimanche. Sachez que le receveur a pris soin d’avertir les journalistes à plusieurs reprises.
«Aucune question de football avant mercredi. Que des questions intéressantes!» a-t-il tranché.
N’allez pas croire pour autant qu’il boude son sport. Ne vous imaginez pas non plus que ses coéquipiers le considèrent comme un indésirable hurluberlu.
«Il est la colle dans ce vestiaire», a résumé Drake Maye.
«Toute équipe a besoin de son Mack Hollins», a renchéri l’as des unités spéciales, Brandon Schooler.
C’est connu, dans la NFL, les receveurs ont parfois des comportements qui dérangent. Certains montrent une attitude de diva. Dans le cas de Hollins, c’est tout le contraire.
«Il y a une différence entre ce que Mack est, ou être hors de contrôle et irrespectueux. Mac est tout un joueur d’équipe. Personne dans ce vestiaire n’en ferait autant que lui en prenant aussi peu de mérite. Il est incroyable avec nos jeunes et il ne néglige rien dans sa préparation pour être le meilleur athlète professionnel possible», a louangé le coordonnateur offensif, Josh McDaniels.
Que sa personnalité insolite dérange ou pas, une chose est sûre: le monde souvent aseptisé du sport professionnel où l’image de tout un chacun est surprotégée gagnerait à avoir plus de Mack Hollins.