Steven Guilbeault quittera la vie politique : retour sur son passé militant

Andrea Lubeck et Anne-Sophie Poiré
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Le député libéral Steven Guilbeault a annoncé mercredi qu’il quittera la vie politique pour de bon, six mois après avoir démissionné de son poste de ministre au gouvernement de Mark Carney à la suite d’une série de reculs en environnement. Retour sur son héritage et son passé de militant climatique.
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Steven Guilbeault n’a jamais caché son « profond désaccord » avec les politiques climatiques du gouvernement Carney.
Les ambitions environnementales du député de Laurier–Sainte-Marie dépassent celles du nouveau premier ministre libéral, qui a démantelé une bonne partie du plan vert mis en place alors qu’il était ministre de l’Environnement sous Justin Trudeau.
« Après presque sept ans comme député et ministre, je suis arrivé à la conclusion qu’il est temps pour moi de poursuivre mon combat pour la protection de l’environnement et la lutte contre les changements climatiques autrement », a annoncé Steven Guilbeault mercredi matin sur ses réseaux.
Il se montre toutefois bon joueur : le député ne quittera son siège à la Chambre des communes que plus tard cet été afin de protéger à court terme la majorité libérale.
« Nous le félicitons pour le respect de ses principes », a déclaré l’organisme Équiterre quelques minutes après son discours d’adieu à la Chambre des communes en fin de journée.
Mark Carney n’a pas assisté à son allocution, comme la plupart des ministres libéraux d’ailleurs.

L’oléoduc de trop
L’environnementaliste avait déjà démissionné de son poste de ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, en novembre dernier, dans la foulée de la signature d’une entente entre Ottawa et l’Alberta ouvrant la voie au développement d’un nouveau pipeline dans l’ouest du pays.
Pour Steven Guilbeault, cet accord a été la goutte qui a fait déborder le vase.

La construction de l’oléoduc pourrait être lancée dès le 1er septembre 2027 et entrer en service à partir de 2033. Il permettra de transporter le pétrole albertain jusque dans le nord de la Colombie-Britannique dans le but de développer le marché de l’Asie, notamment.
Et afin d’accélérer la mise en chantier, Mark Carney a l’intention de désigner le pipeline comme un projet d’intérêt « national » d’ici le 1er octobre pour que le processus bureaucratique bénéficie d’un traitement express.
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L’entente entre Ottawa et l’Alberta pourrait également autoriser les pétroliers à circuler dans le nord de la Colombie-Britannique, alors que l’activité y est interdite depuis 2019 en raison d’un écosystème marin fragile.
Bilan comme ministre de l’Environnement
Le départ de Steven Guilbeault du caucus libéral ne surprend personne.
Il faut dire que les plus importantes avancées climatiques du Canada ont été réalisées alors qu’il occupait le poste de ministre de l’Environnement sous Justin Trudeau, entre octobre 2021 et mars 2025.
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Parmi ses réalisations, il a :
- Instauré la tarification du carbone ;
- Interdit la fabrication, l’importation et la vente de six produits de plastique à usage unique, dont les sacs d’emplettes, les pailles, et les ustensiles ;
- Piloté le projet de plafond des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur pétrolier.
Bien qu’il ait dû faire des compromis en ce qui concerne l’achat de l’oléoduc Trans Mountain et l’approbation du projet pétrolier Bay du Nord, notamment, il est considéré comme l’un des ministres de l’Environnement « les plus transformateurs » jamais eus au pays.

Le gouvernement canadien se dit désormais plus « pragmatique » en matière de développement des ressources naturelles, un important levier dans le contexte de la guerre commerciale avec les États-Unis.
Les libéraux de Mark Carney ont entre autres :
- Aboli la taxe carbone et les quotas de véhicules électriques ;
- Ouvert la porte à un pipeline ;
- Encouragé la production d’électricité avec du gaz naturel ;
- Prévu affaiblir les évaluations environnementales.
Passé de militant
Steven Guilbeault s’est fait connaître comme militant écologiste. Il est d’ailleurs l’un des cofondateurs de l’organisme Équiterre qui a vu le jour en 1993.
Il s’est joint à Greenpeace en 1997 comme responsable du dossier des changements climatiques, avant d’être nommé directeur du bureau québécois de l’organisation en 2000.
L’activiste est célèbre pour avoir escaladé la Tour CN de Toronto en 2001 afin de dénoncer l’inaction climatique du Canada. Le coup d’éclat avait alors fait le tour du globe.

Au sommet de ce qui était à l’époque la plus haute structure du monde, un jeune Steven Guilbeault de 31 ans et son acolyte anglais Chris Holden ont déroulé une banderole sur laquelle on pouvait lire « Le Canada et Bush, assassins du climat ».
Il a été arrêté dès son retour sur la terre ferme, puis condamné à payer une amende de 3000 $ et faire 100 heures de travaux communautaires.

Critiqué par des militants pour son saut en politique en 2019, il avait répliqué qu’une carrière en politique était, au contraire, un moyen de poursuivre le combat qu’il menait depuis près de 30 ans.
— Avec les informations de TVA Nouvelles